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  • Merci professeur !

    Heureuse, je le suis

    Enrichissez vos connaissances sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents avec la chronique du professeur Bernard Cerquiglini. Au programme : l'expression " heureuse, je le suis". Merci professeur !

    Transcription

    Les détracteurs de la très naturelle et légitime féminisation des noms de métier ne manquent pas d'évoquer l'existence d'un neutre en français. Par exemple, dans Madame le Ministre, on emploierait un article neutre. Les puristes croient avoir une botte secrète, l'existence d'un pronom que l'on dit neutre. En effet, une femme doit dire : "heureuse, je le suis". Elle doit le dire aujourd'hui, mais elle ne le disait pas dans l'ancienne langue.

    En effet, jusqu'au XVIIème siècle, ce pro (...)

    Les détracteurs de la très naturelle et légitime féminisation des noms de métier ne manquent pas d'évoquer l'existence d'un neutre en français. Par exemple, dans Madame le Ministre, on emploierait un article neutre. Les puristes croient avoir une botte secrète, l'existence d'un pronom que l'on dit neutre. En effet, une femme doit dire : "heureuse, je le suis". Elle doit le dire aujourd'hui, mais elle ne le disait pas dans l'ancienne langue.

    En effet, jusqu'au XVIIème siècle, ce pronom s'est accordé avec le sujet. Un homme disait, heureux, je le suis, une femme, heureuse, je la suis. C'est au cours du XVIIème siècle que les grammairiens, sur le modèle du pronom latin neutre "ilum", ont imposé, dans tous les cas, l'usage du pronom masculin tenu dès lors pour neutre. Mais c'est bien la généralisation du pronom masculin, laquelle ne s'est pas faite sans difficulté. On rapporte à ce sujet une jolie anecdote. Le grammairien Gilles Ménage ayant dit à la marquise de Sévigné qu'il était enrhumé, celle-ci lui ayant répondu, je la suis également. Gilles Ménage lui fit remarquer que désormais, on devait dire, je le suis également. La belle marquise répondit en riant qu'il n'en était absolument pas question car sinon, elle croirait avoir de la barbe si elle s'exprimait ainsi. Comme on le voit, la marquise de Sévigné n'avait pas seulement des lettres, mais beaucoup d'esprit.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:49
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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