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  • Merci professeur !

    Compère, commère

    Vous vous interrogez sur la différence entre compère et commère ? Le professeur Bernard Cerquiglini vous éclaire sur les méandres de la langue française... Merci professeur !

    Transcription

    Mon excellent confrère qui tient la rubrique Langage du New-York Times, a eu l'audace de traduire le mot français "compère", par l'anglais "godfather", qui, comme on le sait depuis le film, signifie parrain. Les lecteurs, en colère, lui ont rappelé que "compère", signifie camarade, voire complice. Eh bien, mon confrère n'avait pas tort. En ancien français, "compère", qui provient de "cum pater", signifie le père avec, et plus précisément le parrain de ses propres enfants. Il est, par rapport à D (...)

    Mon excellent confrère qui tient la rubrique Langage du New-York Times, a eu l'audace de traduire le mot français "compère", par l'anglais "godfather", qui, comme on le sait depuis le film, signifie parrain. Les lecteurs, en colère, lui ont rappelé que "compère", signifie camarade, voire complice. Eh bien, mon confrère n'avait pas tort. En ancien français, "compère", qui provient de "cum pater", signifie le père avec, et plus précisément le parrain de ses propres enfants. Il est, par rapport à Dieu, le compère des enfants, le féminin en est commère. Cette copaternité a, dans la société chrétienne médiévale, une double conséquence. Tout d'abord, les relations amoureuses entre un père et sa commère, entre une mère et son compère, sont de l'ordre de l'inceste, elles sont interdites. Dans le roman médiéval qui porte son nom, Renart couche avec Hersent la louve, ce qui ne porterait guère à conséquence s'il n'était son compère. Il est traduit en justice. Ensuite, "père" et "compère", associés dans l'éducation morale et matérielle des enfants, sont tenus pour camarades. Voire amis. On comprend l'évolution ultérieure vers la complicité. Commère, de son côté, a connu une tout autre évolution, aboutissant femme bavarde qui pratique le commérage. Notons qu'il n'est point de compérage et que le mot compère est beaucoup moins péjoratif.

    Ah, mon cher compère ! Encore une fois, la langue n'est pas du tout innocente !

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:51
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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