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  • Merci professeur !

    Banal

    Vous avez des difficultés avec le mot banal ? Le professeur Bernard Cerquiglini vous éclaire sur les méandres de la langue française... Merci professeur !

    Transcription

    L'adjectif banal ne l'est pas, pour deux raisons.

    Tout d'abord, le sens de cet adjectif est au départ, très technique.

    Appartenant au vocabulaire féodal,

    il est dérivé de ban, qui signifie l'autorité d'un seigneur sur ses vassaux.

    Banal désigne donc soit une personne dépendante d'un suzerain,

    soit un immeuble appartenant à une circonscription féodale.

    On parlait de four ou de moulin banal, dépendant d'un seigneur (...)

    L'adjectif banal ne l'est pas, pour deux raisons.

    Tout d'abord, le sens de cet adjectif est au départ, très technique.

    Appartenant au vocabulaire féodal,

    il est dérivé de ban, qui signifie l'autorité d'un seigneur sur ses vassaux.

    Banal désigne donc soit une personne dépendante d'un suzerain,

    soit un immeuble appartenant à une circonscription féodale.

    On parlait de four ou de moulin banal, dépendant d'un seigneur,

    plus tard, d'une commune, et utilisable par tous.

    De ce sens d'être mis à disposition collective,

    a résulté tardivement, au XVIIe, XVIIIe siècle,

    le sens de commun, sans originalité, banal.

    La deuxième raison de l'intérêt de banal, c'est son pluriel.

    Comme vous le savez, les pluriels en -aux,

    résultent d'un phénomène phonétique du XIIe siècle, la transformation du el en u.

    Banal dans son sens ancien féodal, a donc un pluriel en -aux.

    On parle de fours et de moulins banaux.

    En revanche, dans son emploi moderne, postérieur au XIIe siècle,

    banal a échappé à ce phénomène phonétique,

    et tout comme festival ou chacal, entré tardivement dans la langue, il a un pluriel en -als.

    On parlera donc de propos banals.

    Comme vous le voyez, banal n'est pas banal.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:45
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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