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  • Merci professeur !

    Avoir beau

    Connaissez-vous l'expression avoir beau ? Laissez vous guider par le professeur Bernard Cerquiglini pour en apprendre un peu plus sur la langue française. Merci professeur !

    Transcription

    Une téléspectatrice Britannique me demande d'expliquer l'expression, avoir beau,

    laquelle, je la cite, la trouble toujours avec son allure de faux passé composé.

    L'expression est d'emploi courant en français.

    Il a beau réfléchir, il ne comprend pas.

    Notons, tout d'abord, qu'il s'agit toujours d'un couple d'énoncés.

    Il a beau réfléchir, il ne comprend pas.

    Observons, ensuite, que dans le premier,

    la (...)

    Une téléspectatrice Britannique me demande d'expliquer l'expression, avoir beau,

    laquelle, je la cite, la trouble toujours avec son allure de faux passé composé.

    L'expression est d'emploi courant en français.

    Il a beau réfléchir, il ne comprend pas.

    Notons, tout d'abord, qu'il s'agit toujours d'un couple d'énoncés.

    Il a beau réfléchir, il ne comprend pas.

    Observons, ensuite, que dans le premier,

    la locution verbale avoir beau a une valeur de concession.

    On pourrait le remplacer par le subordonnant, bien que.

    Bien qu'il réfléchisse, il ne comprend pas.

    Le problème réside dans cette curieuse construction du verbe avoir

    suivi d'un adjectif et d'un Infinitif.

    C'est justement un grammairien Anglais, John Hall, qui a débrouillé l'affaire.

    Il a rappelé ce proverbe médiéval, a beau mentir, qui vient de loin.

    Celui qui vient de très loin, ment aisément et impunément.

    Il a beau mentir.

    Mentir est un infinitif substantivé, objet du verbe avoir.

    Il est construit sans article, comme dans les proverbes,

    et précédé de l'épithète beau.

    Avoir beau plus infinitif, s'est figé en français au sens d'avoir toutes facilités pour.

    La langue a pris l'habitude de faire suivre d'un second énoncé à valeur d'opposition,

    le premier, construit avec avoir beau, ayant un sens de concessions.

    Il a beau réfléchir, il ne comprend pas.

    Et bien moi, j'espère, chère téléspectatrice,

    que grâce à la finesse de l'analyse grammaticale de votre compatriote,

    enfin, vous y voyez vraiment clair.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:51
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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