Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Chargement du lecteur...
  • Merci professeur !

    Autodafé

    Et si vous en appreniez un peu plus sur le mot autodafé avec le professeur Bernard Cerquiglini ? Regardez Merci professeur !, une chronique sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents.

    Transcription

    Au chapitre 6ème de Candide, Voltaire raconte qu'après le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, les autorités décidèrent de faire un bel autodafé afin de prévenir toute nouvelle secousse sismique. Candide, qui passait par là, fût arrêté, on le fessa en cadence, son ami Pangalos fut pendu. Voltaire ajoute, le jour même, la Terre trembla de nouveau avec un fracas épouvantable. L'emploi du terme autodafé par Voltaire est en situation. D'une part, ce terme apparu en français à la fin du 17ème si (...)

    Au chapitre 6ème de Candide, Voltaire raconte qu'après le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, les autorités décidèrent de faire un bel autodafé afin de prévenir toute nouvelle secousse sismique. Candide, qui passait par là, fût arrêté, on le fessa en cadence, son ami Pangalos fut pendu. Voltaire ajoute, le jour même, la Terre trembla de nouveau avec un fracas épouvantable. L'emploi du terme autodafé par Voltaire est en situation. D'une part, ce terme apparu en français à la fin du 17ème siècle, provient du portugais. On l'écrivait d'ailleurs, à l'époque, en trois mots, conformément à son étymologie, auto, l'acte, c'est-à-dire la représentation théâtrale, da fé, de la foi. Il s'agissait d'une sorte de jeu scénique religieux assez cruel. D'autre part, le terme fut répandu par les philosophes, au 18ème siècle, dans leur combat contre le fanatisme. Il désigne, en effet, une cérémonie expiatoire au cours de laquelle étaient lues puis exécutées, les sentences prononcées par l'Inquisition, celles-ci le plus souvent condamnaient à périr par le feu, les hérétiques, les Juifs et toute personne déclarée coupable d'avoir enfreint les lois religieuses. Écrit désormais en un mot, autodafé a pris le sens général de supplice du feu. S'appliquant à des objets, il désigne, depuis le 19ème siècle, une destruction par le feu. George Sand écrit : "vous fîtes un immense autodafé de nos titres et de nos archives". Depuis le 20ème siècle, il s'est restreint à la signification de destruction de livres pour des raisons idéologiques. C'est toujours odieux, mais moins cruel. Restons toutefois vigilants. Celui qui brûle des livres finit souvent par brûler des hommes.

    Voir plusmoins
    Publié le 31 juil. 2014
    00:02:04
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
    Tous publics