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  • Merci professeur !

    Arrêt

    Aujourd'hui, dans sa chronique sur la langue française, ses curiosités, son actualité et ses accents, le professeur Bernard Cerquiglini nous parle de l'arrêt de mort. Merci professeur !

    Transcription

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Voici un courriel du Burkina Faso. Nadia se pose une question existentielle, elle se demande pourquoi doit-on signer son arrêt de mort et non pas son arrêt de vie. Tiens, c’est vrai, ça, pourquoi ? Dites-nous, Professeur.

    En effet, chère Marie, il peut sembler étrange de signer un arrêt de mort dès lors que cette décision implique malheureusement un arrêt de vie. Mais chère Nadia, il faut savoir que dans ce cas, "arrêt" (...)

    Bonjour Professeur.

    Bonjour Marie.

    Voici un courriel du Burkina Faso. Nadia se pose une question existentielle, elle se demande pourquoi doit-on signer son arrêt de mort et non pas son arrêt de vie. Tiens, c’est vrai, ça, pourquoi ? Dites-nous, Professeur.

    En effet, chère Marie, il peut sembler étrange de signer un arrêt de mort dès lors que cette décision implique malheureusement un arrêt de vie. Mais chère Nadia, il faut savoir que dans ce cas, "arrêt" n’a pas son sens habituel. Déverbal d’arrêter, ce substantif désigne le fait soit de s’arrêter, soit d’arrêter quelqu’un. Le premier sens très majoritaire aujourd’hui, a donné de nombreuses locutions : un chien d’arrêt, qui s’immobilise durant la chasse ; un cran d’arrêt ; un arrêt de travail ; un arrêt de maladie. Le second sens, arrêter quelqu’un, était très courant dans la langue juridique. "Arrêt" y a pris a le sens de saisie ou d’arrestation, d’où les locutions : "mandat d’arrêt" ou "être aux arrêts", défense faite à un officier de sortir d’un lieu déterminé. Par dérivation, "arrêt" a pris le sens de "décision juridique". L’usage en est très courant dans la langue du droit où "arrêt" désigne le jugement d’une cour souveraine. Le tribunal a rendu son arrêt. Un arrêt de mort est donc une décision judiciaire qui vous condamne à la peine capitale. On ne saurait donc, sauf ironie cruelle, y voir le sens d’interruption. Ce dernier sens est majoritaire de nos jours. On en trouve un bon exemple au Québec, qui ne dispose pas de panneaux routiers indiquant Stop, mais tout simplement et naturellement "Arrêt". Voilà chère Nadia, une sage décision.

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    Publié le 31 juil. 2014
    00:01:59
    Disponible jusqu'au : 5 mars 2050
    Tous publics
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