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  • Les haut-parleurs - résiste

    Internet : pas touche à mes données !


    Par Thomas en Belgique


    Que deviennent nos données personnelles dans un contexte de surveillance de masse ? Comment protéger sa vie privée malgré tout face aux grands géants du web ?


    Crédits :

    Réalisation et présentation : Thomas Bouïssaguet
    Illustration et voix : Camille Toussaint
    facebook.com/camilletoussaint.illu
    Sources image : Pixabay
    Rédaction en chef : Hanane Guendil
    Musique : Sparkin' Ocean Jam




    Transcription

    Ce n'est pas parce qu'on a des entreprises qui dominent le marché et que tous nos amis sont présents sur les mêmes plateformes qu'il faut accepter un certain nombre d'abus.

    Ce mec, c'est Gaëtan Goldberg et il mène la fronde en Europe sur la protection des données personnelles.

    Notre déclaration se présente comme la plus vigoureuse, la plus nécessaire des protestations de l'humanité contre les atrocités et les oppressions.

    Bonjour à tous, Thomas à Bruxell (...)

    Ce n'est pas parce qu'on a des entreprises qui dominent le marché et que tous nos amis sont présents sur les mêmes plateformes qu'il faut accepter un certain nombre d'abus.

    Ce mec, c'est Gaëtan Goldberg et il mène la fronde en Europe sur la protection des données personnelles.

    Notre déclaration se présente comme la plus vigoureuse, la plus nécessaire des protestations de l'humanité contre les atrocités et les oppressions.

    Bonjour à tous, Thomas à Bruxelles.

    Et Camille, en dessin, mais aussi à Bruxelles.

    Et puisque je viens de vous donner cette information, vous savez où je me trouve. Mais ceci est déjà au courant. Puisque mon téléphone sait que je suis à Bruxelles, Facebook le sait et puisque Facebook le sait, Twitter le sait et puisque Twitter le sait, toutes les autres applications sont déjà au courant.

    T'es pas un malin, aussi ! T'as qu'à désactiver le GPS et c'est bon !

    Alors oui, je pourrais juste bloquer mon GPS mais ça ne règle pas la question de savoir quelles sont les données que ces compagnies connaissent sur moi. Et tout ça, c'est caché dans ce texte rébarbatif et jargonneux qu'est la Politique de confidentialité.

    Tu veux dire que le texte barbant sur lequel on clique Oui direct pour pouvoir arriver à sa page ?

    Moi non plus, je ne les lis jamais. Je ne les lis jamais parce que c'est trop compliqué. Et pour pallier à ce problème, l'Union européenne est venue avec une idée : c'est le RGPD, le Règlement général sur la protection des données.

    On avait reçu un mail là-dessus en mai dernier. Toutes les boîtes mettaient à jour leurs conditions d'utilisation.

    Ça a l'air super jargonneux comme ça mais en fait, c'est une arme redoutable pour lutter contre les abus des géants du Net. Et en plus, il n'y a quand Union européenne qu'on peut faire ça. À l'autre bout de l'Europe, en Autriche, un mec s'est soulevé et a profité de ce règlement nouveau pour former un front de résistance et attaquer Facebook, WhatsApp et autres géants du Net pour faire respecter nos droits. Max Chrems, c'est son nom, a créé l'ONG NOYB, None of your business, et a réuni une team d'irréductibles viennois pour lutter contre ces méthodes illégales.

    J'en connais un qui va en profiter pour voyager aux frais de la princesse.

    Je me suis donc rendu en Autriche au sein de la Silicon Valley viennoise pour rencontrer un de ces résistants numériques : Gaëtan Goldberg. Et justement, Gaëtan, nous aide à cerner quelles sont ces traces que l'on laisse derrière nous. Certaines sont évidentes : nom, adresse, mail, date de naissance, photos, adresse IP, opinion politique, religieuse, notre âge ou encore notre orientation sexuelle.

    C'est le type de données qui seront souvent connues du grand public et à ça, on oppose un certain nombre de données qui, une fois prises ensemble, permettent de réaliser des profils de ces individus qui sont extrêmement précis.

    Et là, ça commence à devenir carrément plus flippant comme nos coordonnées GPS, nos horaires de connexion ou encore nos itinéraires de navigation en ligne. Mais pourquoi est-ce que c'est pas terrible qu'ils collectent tout ça ? Tout simplement parce que ça va permettre de vous cibler, de vous identifier, vous, nommément, sur les réseaux sociaux et de vous proposer, par exemple, des produits à acheter quasiment irrésistibles.

    Attends mais je n'ai pas envie que des compagnies sachent tout ça !

    C'est un des problèmes. En fait, on donne notre accord sans même le savoir, la plupart du temps, pour se faire collecter toutes ces données. Vous pourriez me dire : "C'est simple, t'as qu'à quitter le réseau social qui t'ennuie et comme ça, tu n'as plus de problème". Oui, c'est pas faux !

    Ok mais comment je fais vivre alors ma page l'illustratrice, moi ?

    En fait, le problème il est là. C'est que pour beaucoup d'entre nous, ces réseaux sociaux, et surtout Facebook, sont devenus indispensables ; ils sont au centre de notre vie. Par exemple, sans les groupes privés de Facebook d'étudiants qui s'entraident, qui se donnent des cours, des informations, je n'aurais jamais réussi mes études. Du coup, on ne peut plus raisonner en termes de tu l'aimes ou tu le quittes. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles le RGPD impose des bases légales et grâce à ça, NOYB a pu attaquer directement les géants du Web. Et ça, c'est assez unique !

    On à quatre plaintes en cours contre quatre entreprises du numérique qui sont assez influentes. Notamment Google devant la CNIL, on a une plainte contre Instagram en Belgique, une plainte contre Facebook en Autriche et une plainte contre Whatsapp en Allemagne. Ces quatre plaintes, elles ont pour thématique commune ce qu'on a appelé le consentement forcé. C'est-à-dire qu'au moment de l'entrée en vigueur du RGPD, du Réglement général pour la protection des données, on s'est rendu compte que ces quatre entreprises ont forcé leurs utilisateurs à accepter leurs nouvelles conditions d'utilisation de leurs services. Donc soit les utilisateurs devaient accepter les conditions d'utilisation, soit la seule option qu'ils avaient, c'était de supprimer tout bonnement leur compte.

    Donc ils étaient pris en otage ?

    Exactement !

    Même si tout est fait pour qu'on dilapide nos données personnelles un peu partout, il existe des moyens de se protéger et de protéger les autres parce que n'oubliez pas : quand vous donnez accès à une application pour qu'elle voit tous vos contacts, vous donnez aussi les numéros de téléphone de vos amis qui n'ont rien demandé à cette application. Quand vous donnez accès à l'ensemble de vos photos, vous donnez aussi accès aux photos de gens qui n'ont rien demandé et qui se retrouvent sur des datacenters. C'est un peu comme les vaccins : si vous vous protégez vous-même, vous protégez aussi l'ensemble des gens.

    Ça doit être dur pour Gaëtan de voir ses potes faire n'importe quoi sur les réseaux, du coup.

    C'est assez fréquent effectivement de voir des gens qui disent oui à tout et qui refusent de tout lire et qui me disent : "Ce n'est pas grave. De toute façon, je suis au courant, ils ont déjà tout, mais je ne fais rien de mal". Tu dis oui à tout mais tu n'as aucune idée de où vont tes données, de ce qu'il en advient et si jamais il y avait une faille de sécurité un jour qui intervenait et que tes données étaient divulguées auprès de tiers auxquels t'aurais pas confiance ou si une entreprise se mettait à manipuler tes données pour influencer ton vote, c'est quand même des choses qui sont assez importantes et auxquelles il faut prêter attention.

    Alors comment se protéger ? Déjà, bloquer le GPS quand on en a pas besoin, c'est assez basique ! Mais surtout, le plus important, c'est quand vous vous connectez à une nouvelle application, fuyez absolument le bouton Se connecter via Facebook. Vous gagnez certes trois secondes mais toutes vos données Facebook, et c'est énorme, sont transférées à cette nouvelle application. Vous leur donnez tout sur un plateau d'argent. Enfin, si vous avez des doutes sur l'utilisation de vos données personnelles, n'oubliez pas que l'ONG NOYB est là justement pour vous aider. Pour les contacter, c'est même assez simple mais très paradoxal. Est-ce qu'on peut vous contacter sur Facebook pour attaquer Facebook ?

    C'est quelque chose qu'on peut faire effectivement. C'est là toute l'ironie de notre ONG et d'autres ONG aussi qui se battent pour le respect des libertés fondamentales. Tout simplement, Facebook, tout le monde est présent donc pour communiquer, malheureusement, on est obligé d'avoir un compte et une page Facebook.

    Et oui, c'est vrai, on laisse nos données personnelles un petit peu partout sur Internet mais n'oubliez pas qu'on peut toujours résister. Par exemple, conseil de notre avocat, vous pouvez toujours mentir sur les réseaux sociaux. Rien ne vous oblige à mettre votre vrai nom, votre vrai prénom, votre photo, votre âge. Bref, vous pouvez compliquer le jeu de piste des publicitaires pour arriver à vous cibler. Moi, en attendant, je vais prendre une mesure extraordinaire, exceptionnelle, et je vais partir directement dans le monde de la BD, un monde merveilleux où tout va bien.

    Bienvenue dans le monde de la BD. Tu vas voir, ici, il n'y a pas de pub ciblée et abonnez-vous à la chaîne des Haut-Parleurs.

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    Publié le 18 déc. 2018
    00:06:46
    Disponible jusqu'au : 10 déc. 2030
    Tous publics
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