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  • Haut-parleurs (les) - sur les routes de Guinée

    Routes défoncées, la montagne oubliée

    Imaginez une région à la nature préservée, avec une montagne mythique, le tout sans aucun touriste. Une région ravagée par la guerre ? Même pas ! Un endroit en train d'être aménagé par l'état guinéen ? Pas du tout ! La route pour y accéder n'a pas été refaite depuis ... 1977 ! Sally a réalisé ce périple pour les Haut-Parleurs : il nous montre le triste état des routes caméra à la main et dénonce l'inaction d'un gouvernement qui ne parvient pas à mettre en valeur ses bijoux touristiques.

    Par Sally en Guinée

    Crédits :
    Écriture et réalisation : Sally Bilaly
    SowImage : Mamadou Oury Diallo
    Rédaction en chef : Hélène Seingier, Martin Delacoux, Elvina Attali
    Aide au montage : Gabriel Tardif, Astrid Fouquet
    Remerciements : Idrissa Diallo, bureau des syndicat des transports et de mécanique générale de Mali, Bhoye Doghol, office préfectoral du tourisme de Mali
    Musiques : Montery - Pearce Roswell, Cape Verdean Sun - Medite, Secrets Of
    A Geisha, When Before Became After - Mediate, Who's There - Peter Sandberg, Taking the Leap - Zauana, The Times We Had - Medite
    Musique générique : Tanguy Jouan




     


    Transcription

    C'est parti. Il est 8h00 et quelques minutes, ici, à Labé. Je vais prendre ma moto pour Mali, à une magnifique préfecture située à 120 km de la ville, là où je me trouve présentement. Elle est célèbre, cette préfecture. Le mont Loura se trouve là-bas. Mais pour s'y rendre, l'état de la route est très, très inquiétant. J'ai choisi la moto parce qu'avec un véhicule de transport en commun, c'est quasiment sûr de tomber malade tellement ça secoue violemment. Mais la moto, c'est risqué : la distance  (...)

    C'est parti. Il est 8h00 et quelques minutes, ici, à Labé. Je vais prendre ma moto pour Mali, à une magnifique préfecture située à 120 km de la ville, là où je me trouve présentement. Elle est célèbre, cette préfecture. Le mont Loura se trouve là-bas. Mais pour s'y rendre, l'état de la route est très, très inquiétant. J'ai choisi la moto parce qu'avec un véhicule de transport en commun, c'est quasiment sûr de tomber malade tellement ça secoue violemment. Mais la moto, c'est risqué : la distance est longue et la piste avec la saison des pluies est glissante.

    Le véhicule est en panne, donc on a été obligé de marcher à pied en attendant qu'ils fassent la réparation. Vous venez d'où ? Je viens de Mali. La route pratiquement, elle n'est pas si (bouronne). On nous a toujours promis : "On va vous faire la route, on va vous faire la route."

    Ça y est, je suis arrivé à Mali avant la tombée de la nuit. Ça m'a quand même pris 6 heures de temps. C'est vraiment très handicapant de faire venir des touristes jusqu'ici, l'état de la route est tellement dégradé.  Ici, à Mali, à chaque fois il y a des visiteurs qui viennent de tous les horizons. C'est quelque chose qui nous permet d'avoir un petit revenu, ces visiteurs, quand ils viennent. Quand même, en peut gagner notre petit pain avec ça. On va faire un petit thé avec les amis qui soit là, passer un petit temps, et après nous allons continuer notre balade nocturne, parce que là, il est presque 18h00.



    Salut tout le monde, bien dormis ? Ce matin, j'ai rendez-vous avec le secrétaire général adjoint des transports et de mécanique générale de la préfecture de Mali. Monsieur Alpha Oumar, en quelle année date la dernière réfection de cette route ? La dernière réfection de cette route en 1977.

    C'est une route nationale que vous voyez. La situation parle d'elle-même. On ne peut pas parler plus que l'image, parce que là l'image est plus encore édifiante qu'on pourrait imaginer. Je pense que l'idéal serait vraiment de trouver une solution palliative à cette problématique parce que les populations souffrent énormément. Vraiment, c'est fatigant, c'est déplorable. 

    Nous sommes aussi de la Guinée, nous sommes de Guinée comme tout le monde, on souhaite que l'État nous regarde un peu. Nous aussi, qu'on ressente qu'on est de Guinée, comme tout le monde. Pratiquement, il n'y a pas des jeunes dans les villages que nous avons pu traverser. Il n'y a aucun jeunes. Un jeune ne peut pas rester ici parce que les parents comptent sur les jeunes.

    Il 15h40. Là, je suis chez le patron de l'Office préfectoral du tourisme qui va essayer de me parler des différents sites touristiques, mais également de son envie à développer le secteur.

    Quand le pays est stable, les touristes viennent beaucoup. Et quand ils apprennent que les gens se battent dans une préfecture ou autre, ils ne viennent pas. La tranquillité fait venir les touristes. En 2000, on a eu 105 touristes. En 2008 : 1 346 touristes. En 2018, on a eu 173 touristes. Mais le grand mal que nous avons, c'est que nous sommes enclavés. Et puis, le ministère du Tourisme n'a jamais pensé à Mali parce qu'il n'y a aucun site aménagé dans Mali. On ne nous a jamais fait venir même 1 000 francs. C'est l'État seulement qui a profité.

    C'est terrible parce qu'on sait bien que des millions de francs guinéens ont été engloutis pour réparer les routes. Mais jusqu'ici, rien ne se profile à l'horizon. L'argent dépensé n'arrive jamais sur le terrain. Ça part le plus souvent dans des pochez obscures. Le tourisme est une richesse plus intéressante que les ressources minières, qui sont extraites avec des dégâts environnementaux incalculables. La Guinée doit devenir une destination touristique, et je vais vous montrer pourquoi. 

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    Publié le 06 oct. 2019
    00:07:44
    Disponible jusqu'au : 6 oct. 2024
    Tous publics
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