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  • Les Haut-Parleurs

    Femmes

    A voix égales

    En l'espace de 20 ans, l'espace public en Algérie est devenu très masculin. Depuis l'agression d'une jeune joggueuse, les femmes investissent les rues de plusieurs villes du pays pour exprimer leur ras-le-bol et dire que ce monde leur appartient aussi.


    Crédits :
    Réalisation : Redha Menassel
    Rédaction en chef : Hanane Guendil, Hélène Seingier
    Images : Mahmoud Agraine - Nahla Ramdane

     


    Transcription

    Il est bizarre de poser ce genre de question, en 2018. Mais l'agression d'une joggeuse, Rima, il y a quelques mois, pendant le Ramadan, a relancé le débat sur la place de la femme algérienne dans l'espace public. L'agresseur criait en la bastonnant : "Ta place est en cuisine !" Parce que courir en Algérie, faire du sport, marcher dans la rue, quand on est une femme, n'est pas un acte anodin : c'est une initiative courageuse et militante. Et on est nombreux à vouloir encourager ça. Alger, ville d (...)

    Il est bizarre de poser ce genre de question, en 2018. Mais l'agression d'une joggeuse, Rima, il y a quelques mois, pendant le Ramadan, a relancé le débat sur la place de la femme algérienne dans l'espace public. L'agresseur criait en la bastonnant : "Ta place est en cuisine !" Parce que courir en Algérie, faire du sport, marcher dans la rue, quand on est une femme, n'est pas un acte anodin : c'est une initiative courageuse et militante. Et on est nombreux à vouloir encourager ça. Alger, ville d'hommes, pour les hommes. Mais, est-ce un mythe ou une réalité ? Sarah, rencontrée par hasard pendant qu'on tournait, penche plutôt pour la seconde option. Avant que vous m'abordiez, il y avait un homme, un mec, qui me harcelait. Je lui ai dit : "Vous n'avez pas le droit, monsieur, de me parler." Il m'a dit : "On est en Algérie, c'est mon droit." Pour être une femme en Algérie, il faut faire beaucoup d'efforts, il faut se défendre, tout est une sorte de résistance. 

    Rima la joggeuse a publié, quelques jours après son agression, une vidéo sur les réseaux sociaux, où elle raconte en pleurs son cauchemar. Son témoignage vidéo a ému des milliers de personnes sur internet. (langue étrangère).

    Rapidement, un appel à un footing républicain est lancé sur les réseaux sociaux. Une centaine de femmes en jogging ou hijab, et quelques hommes, y répondent et se rassemblent sous la grande roue de la Promenade des Sablettes. Ils sont là pour soutenir la joggeuse, mais aussi et surtout parce que cette agression reflète deux choses : l'hostilité dramatique de certains hommes à la présence des femmes dans l'espace public, et la normalisation de la violence envers ces dernières. (langue étrangère).

    J'avais envie de montrer, avec toutes les personnes qui étaient là aujourd'hui, vraiment une splendide mobilisation, qu'on a besoin d'être dans l'espace public, de prendre notre place, de faire ce dont on a envie de faire, qu'on soit une femme voilée, une femme non voilée. Les mœurs ont changé par rapport aux femmes : on est un peu moins tolérants. Justement, d'où le message : notre place est partout où on a envie qu'elle soit. Si on veut qu'elle soit au niveau de la cuisine, soit, si on veut qu'elle soit dans une entreprise, dans l'espace public, à l'extérieur, on décide de là où on veut se mettre et se mouvoir.

    Wassila Mouzai est commissaire aux comptes. Elle se souvient avec tristesse de l'Algérie des années 80, où la femme algérienne pouvait vivre sa vie sans souci. Après l'indépendance, l'Algérie a connu un socialisme progressiste, qui a érigé la liberté de la femme en valeur. Puis, on a eu droit à dix ans de terrorisme, qui ont fait reculer de nombreuses libertés, particulièrement pour les femmes.

    C'est clair que notre quotidien dans la rue est devenu difficile. Après toutes ces petites agressions, vous développez une aversion, vous ne voulez plus sortir, etc. Il ne faudrait pas prendre ça comme étant un problème de femmes : c'est un problème de société, chacun doit respecter la liberté de se mouvoir de chacun.

    Voilà, l'espace d'une journée : les Algériennes ont dit stop, halte à la misogynie, au machisme et à la "hogra". C'est un terme typiquement algérien, qu'on pourrait traduire par l'injustice ou l'arbitraire. Le problème, c'est que quand on voit les commentaires haineux que cette action a suscités sur internet, on se dit quand même que le combat pour l'émancipation de la femme algérienne n'est pas une course de 100 mètres : c'est plutôt un marathon. Rendez-vous sur le site des Haut-Parleurs, et d'ici là, (langue étrangère)

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    Publié le 09 oct. 2018
    00:04:37
    Disponible jusqu'au : 18 oct. 2020
    Tous publics
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