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  • L'invité

    Christine St-Pierre

    Invitée : Christine St-Pierre, ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie du Québec ; à l'occasion de l'ouverture de la 1re conférence internationale Québec/Unesco "Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble".

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis Québec.

    Transcription

    Bienvenue ici à Québec, "Internet et la radicalisation des jeunes", une grande conférence qui s’est donc ouverte. Bonjour Christine ST-PIERRE.

    Vous êtes la ministre des Relations internationales et de la francophonie du Québec à l’initiative de cette conférence avec l’UNESCO. On va parler dans quelques secondes, mais d’abord hier, ce CETA a été signé. Cet accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, c’est une bonne nouvelle pour vous ?

    Excellente nou (...)

    Bienvenue ici à Québec, "Internet et la radicalisation des jeunes", une grande conférence qui s’est donc ouverte. Bonjour Christine ST-PIERRE.

    Vous êtes la ministre des Relations internationales et de la francophonie du Québec à l’initiative de cette conférence avec l’UNESCO. On va parler dans quelques secondes, mais d’abord hier, ce CETA a été signé. Cet accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, c’est une bonne nouvelle pour vous ?

    Excellente nouvelle, grande joie, grand soulagement aussi. Évidemment, cet accord pour le Canada et le Québec est extraordinaire puisque ça nous ouvre un marché de 500 millions de personne, mais également pour l’Europe parce que si on parle des marchés qui sont disponibles ici, les appels d’offres et tout ce qui peut faire en sorte que les échanges puissent se faire de façon plus facile, plus simple. C’est vraiment un grand moment.

    Ça va concerner directement aussi le Québec dans sa relation avec la France et avec l’Europe ?

    Avec la France, avec l’Europe bien sûr, parce que nous, nous sommes des exportateurs. Le Québec n’a que 8 millions d’habitants. Alors, pour être capable de survivre sur le plan économique, il faut que le Québec exporte. Nous exportons beaucoup vers les États-Unis, mais nous voulons exporter davantage avec l’Europe et ça, ça va être formidable.

    Oui. Il y a eu des réticences wallonnes, il y a certaines réticences par rapport à ces échanges. On peut être rassurant aujourd’hui ?

    Je pense qu’il faut être rassurant parce que les valeurs des Wallons sont les mêmes que les nôtres, les valeurs environnementales, les valeurs envers les travailleurs. Je pense qu’on est capable vraiment de travailler ensemble. Et cet accord est un accord moderne. C’est un accord qui fait en sorte que s’il n’avait pas eu lieu cet accord, on se demande comment l’Union européenne aurait pu signer des accords avec d’autres pays à travers le monde. Donc je pense qu’il y avait des craintes, on a répondu à ces craintes et là bien sûr, on va voir les résultats. Pour nous le Québec, c’est 16 000 emplois de plus. C’est un marché d’une croissance de 2,3 milliards de dollars et ce sera la même chose évidemment pour nos amis européens.

    Oui. Alors, hier Madame la Ministre, vous avez ouvert "Internet et radicalisation des jeunes", donc une grande conférence ici à Québec. "Prévenir, agir et vivre ensemble" sur la question du terrorisme et surtout sur la question de la prévention. Comment empêcher les jeunes de tomber par internet ou par d’autres moyens dans le radicalisme et peut-être dans la violence ?

    Le Québec est déjà engagé depuis 2015. Nous avons mis en place un plan d’action. Nous avons décidé de vraiment faire en sorte de comprendre cette question. Nous avons quelques cas ici au Québec, pas nécessairement nombreux, mais un cas, c’est un cas de trop et en juin 2015, je me suis rendu à l’UNESCO et j’ai dit à l’UNESCO, il faudrait qu’on ait une grande rencontre internationale qui touche cette question-là et qui touche plus particulièrement la question de l’internet. Donc c’est sur cette question particulière sur laquelle nous nous penchons au cours des prochains jours. Ce sera deux jours seulement de rencontre, mais plusieurs panels, plusieurs ateliers. Également, nous avons des gens de 70 pays à travers le monde qui sont réunis ici. Plus de 450 participants, c’est absolument extraordinaire. C’est un enjeu qui nous interpelle tous comme société libre et démocratique. Nous devons comprendre pourquoi les jeunes vont vers cette voix de la radicalisation menant à la violence. Après l’avoir compris, bien sûr, il faut trouver les moyens pour les sortir.

    Ça, c’est la deuxième phase. Est-ce qu’on peut trouver des moyens ? Est-ce qu’on peut être concret dans une conférence comme celle-là ?

    Je pense que oui, on peut être concret. On peut surtout dire qu’il faut donner de l’espoir aux jeunes ; des jeunes qui n’ont pas rien devant eux, qui sont sans emploi, qui voient leur avenir bouché, vont peut-être être attirés ou on va facilement les avoir dans cette voie-là. Nous, ce qu’il faut c’est leur dire, bien il y a de l’espoir, nous sommes dans une société libre, nous sommes dans une société démocratique, nous voulons le vivre ensemble également. Il ne faut pas non plus qu’ils s’engagent, c’est ça qu’il faut prévenir. Il faut prévenir le fait au moment où ils s’engagent dans cette voie. Avons-nous une baguette magique ? Non.

    Non.

    Cependant, de voir que 450 personnes venant de 70 pays sont réunies à Québec pour discuter de cette question-là, je pense que ça donne énormément d’espoir. On a déjà des chercheurs, des décideurs également. C’est un moment absolument unique.

    Oui, c’est une prise de conscience très forte. On est ici chez nos amis de Radio-Canada. Lorsqu’a eu lieu le 11 septembre 2001, Madame ST-PIERRE, vous étiez journaliste, correspondante à Washington de Radio-Canada et vous avez vécu de près ce qui a été finalement l’acte terroriste le plus terrible qui a enclenché peut-être tous les autres jusqu’à aujourd’hui. C’est une prise de conscience qui continue ?

    Énorme. Écoutez, alors en septembre 2001, le monde a complètement changé. On a vu un phénomène apparaître. Écoutez, des avions civils qui deviennent des missiles, des avions remplis de civils qui deviennent des missiles, c’était absolument catastrophique. Ensuite, comme journaliste, j’ai couvert aussi les attentats qu’il y avait eu dans le métro de Londres. Les Londoniens, les Anglais ont été absolument catastrophés lorsqu’ils ont vu les extraits de naissance qui ont paru dans le journal. Les pages frontispices des journaux montraient l’extrait de naissance, c’était des jeunes qui étaient nés en Grande-Bretagne. Ils ont compris que le phénomène n’était pas extérieur, mais que le phénomène était également à l’intérieur, donc c’est ça qu’il faut contrer. Il faut être capable d’aller chercher ces jeunes-là, leur donner l’espoir et de leur dire qu’il y a une vie qui est formidable. Et qu’il faut la vivre avec joie évidemment et que ce n’est pour une solution.

    Ce n’est pas un problème religieux, ni seulement un problème social. C’est à la fois un problème d’éducation, c’est un problème finalement de savoir se servir d’internet, c’est un problème d’ouvrir ces jeunes à autre chose.

    J’entendais à la radio la semaine dernière, une jeune femme qui racontait qu’elle avait 15-16 ans là, elle est née au Québec, elle est musulmane, elle a décidé d’elle-même de porter le voile et son enseignante lui a dit, "ah bon ! tu t’intègres pas". C’est parce qu’elle est née ici. Alors, pourquoi on lui parle d’intégration à cette jeune femme. Alors, elle s’est sentie rejetée et il y avait d’autres remarques dans le métro, dans la rue, d’autres remarques. Elle s’est sentie rejetée et elle s’est dirigée vers le phénomène de radicalisation. Elle en est sortie maintenant. Elle va partager pendant la conférence avec d’autres jeunes femmes de son âge sur qu’est-ce qui l’a amené vers cette radicalisation. Lorsqu’on l’entend, c’est une femme très paisible. Elle n’était pas dans un état de discours violent, elle était tout simplement entrée par internet, dans internet, elle est allée chercher des réponses à ces questions. Si on la rejette, si on ne l’accepte ici comme elle est, elle s’est dite, mais moi je vais aller à l’endroit où on va m’accepter comme je suis. Et chez les jeunes femmes, on voit aussi un phénomène selon lequel elles pensent qu’elles vont faire du travail communautaire, qu’elles vont changer le monde alors que ce n’est pas ça du tout.

    Oui. C’est la place des femmes d’ailleurs, c’est important dans cette conférence.

    Oui très important.

    Particulièrement important.

    Très important. Il faut qu’on… En fait, c’est toute la société. Nous sommes évidemment les hommes et les femmes dans la société, l’égalité entre les hommes et femmes on y croit énormément. Je pense que les mères aussi, les mères de famille, les parents, les pères, les mères de famille sont peut-être les dernières personnes que leur fils, leur fille voit avant de quitter. Et il faut voir ce phénomène-là aussi, comme étant aussi au sein de la famille. Il faut que la famille soit interpellée, qu’elle participe également à ces actions que nous avons mises en place pour prévenir, donc c’est vaste. On ne se le cache pas, c’est vaste. Mais nous devons partager nos meilleures pratiques et je pense que cette conférence-là va peut-être donner l’idée d’en faire d’autres plus régulièrement et nous allons terminer la conférence avec l’appel de Québec où on demande à tout le monde de se donner la main, de trouver ensemble des solutions des moyens concrets pour prévenir la radicalisation menant à la violence.

    Merci beaucoup, madame la ministre, merci madame ST-PIERRE.

    Merci.

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    00:08:18
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