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  • L'invité

    Macky Sall

    Invité : Macky Sall, président de la République du Sénégal. Présentation : Patrick Simonin ; depuis le XVIe Sommet de la Francophonie à Antananarivo (Madagascar).


    Transcription

    Bonjour Macky SALL.

    Bonjour.

    Monsieur le président de la République du Sénégal, merci d’être notre invité ici. On est à Antananarivo, c’est le 16e sommet de la Francophonie après celui de Dakar. Vous diriez aujourd’hui, monsieur le président, que la feuille de route de Dakar est au cœur des enjeux.

    Absolument, je voudrais d’abord féliciter TV5 par sa production, sa présence dans le monde francophone. Vous ne pouvez pas imaginer l’importance de votre chaî (...)

    Bonjour Macky SALL.

    Bonjour.

    Monsieur le président de la République du Sénégal, merci d’être notre invité ici. On est à Antananarivo, c’est le 16e sommet de la Francophonie après celui de Dakar. Vous diriez aujourd’hui, monsieur le président, que la feuille de route de Dakar est au cœur des enjeux.

    Absolument, je voudrais d’abord féliciter TV5 par sa production, sa présence dans le monde francophone. Vous ne pouvez pas imaginer l’importance de votre chaîne lorsqu’on est en voyage dans un pays lointain, en Asie ou au Moyen-Orient, alors le seul lien reste TV5, pour le francophone. Le 15e sommet de Dakar a été un sommet remarquable, avec un plan d’action très fort et je pense qu’Antananarivo, à travers le 16e sommet, va être celui de la confirmation et la feuille de route a été mis en branle après l’élection de madame Michaëlle JEAN, qui a été très dynamique dans la mise en œuvre de cette feuille route, je pense que nous sommes sur la bonne voie.

    C’est le développement partagé, c’est la lutte contre le réchauffement climatique, c’est finalement plus de solidarité dans l’espace francophone.

    Absolument, plus de solidarité, plus de diversité, mais aussi plus de partenariat. Puisque nous l’avons dit, la francophonie linguistique a été une phase importante. Ensuite, la francophonie des peuples. Aujourd’hui, nous devons aller vers la francophonie économique. Nous sommes un espace où la technologie est maîtrisée dans de grandes nations qui sont à la pointe du progrès. Nous avons des pays émergents qui veulent le développement, et à travers les partenariats, nous pouvons bâtir une francophonie forte par le transfert de technologies, par le partage, mais aussi par l’investissement, le commerce et la croissance partagée.

    La jeunesse, monsieur le président, est au cœur, et sera au cœur de la résolution finale. Quel est le message, finalement, du président du Sénégal ? Vous êtes le berceau de la francophonie, monsieur le président, finalement, à cette jeunesse francophone.

    C’est un message d’espoir. Un message aussi de confiance que nous voulons bâtir avec la jeunesse. D’abord, notre raison d’être c’est de servir la jeunesse dans nos différents États. Elle constitue la majorité de la population. Et nous devons tout mettre en œuvre pour que des politiques d’inclusion, de formations soient mises à leur profit, mais aussi, des politiques d’emploi qui permettent de les retenir dans leur pays et de leur permettre de voyager lorsque cela est nécessaire pour approfondir des formations. Mais, l’essentiel doit être de donner une perspective à cette jeunesse à travers l’éducation, la formation, mais aussi la création d’emploi. Et nous avons, en principe, les moyens de donner ces emplois si nous mutualisons nos efforts et si nous donnons toute l’importance requise par cette jeunesse parce qu’elle est majoritaire, mais aussi, parce que nous devons la protéger contre toutes les déviances. Parce qu’elle est victime cette jeunesse. Elle est victime du radicalisme, elle est victime de l’intégrisme, elle est victime du trafic et elle doit être protégée, elle doit être préservée. Je pense que nous devons tout mettre en œuvre pour que notre jeunesse soit confiante en son avenir.

    Mais monsieur le président, justement, c’est le défi. Vous parlez du terrorisme, on parle du réchauffement climatique avec ses conséquences en matière de réfugiés, en matière d’immigration. Ce sont des défis gigantesques aujourd’hui.

    Absolument, ce sont des défis gigantesques. Tout le monde sait que les changements climatiques sont une réalité, particulièrement en Afrique où plus de 36 pays vivent directement les conséquences néfastes du dérèglement climatique, sans pour autant être à l’origine de ces dérèglements climatiques.

    C'est une profonde injustice d’ailleurs, on peut le dire.

    Il faut une justice climatique, nous l’avons dit. Il faut que l’accord de Paris, qui a été obtenu de haute lutte, soit respecté par toutes les nations, particulièrement les nations industrialisées, qui sont les pollueurs les plus importants. Il faut également que les engagements souscrits à Paris soient respectés pour préserver notre planète, mais surtout pour qu’en Afrique, les défis de la désertification, notamment le Sahara, les défis également de la protection du bassin du Congo, la forêt congolaise, mais aussi des bassins hydrologiques du Congo, qui alimentent le lac Tchad, soit préservée. Le défi également de la reforestation dans le Sahel, telle que le projet de la Grande Muraille Verte. Il nous faut, en amont, une solidarité globale et une transition énergétique comme une transition écologique.

    Il faut que cet espace francophone soit fort. Il faut parler notamment, aux États-Unis, quand on voit que le nouveau président était plutôt un climatoseptique. Ça vous inquiète ça monsieur le président.

    Oui, ça inquiète. Mais en même temps, je pense que nous devons attendre qu’il prête serment, qu’il soit en fonction. À ce moment, nous pourrons véritablement savoir ce qu’il fera. Vous savez, les propos de campagne peuvent être des propos utilisés pour gagner une élection. Maintenant, nous verrons… Évidemment, nous tenons au respect de l’accord de Paris, nous tenons au respect de la préservation de la planète Terre. Et ça, quel que soit le pays, il est tenu de tenir compte de ce que le monde entier, le Conseil des nations a décidé. Je pense que le président TRUMP quand il prendra fonction, sera dans cette direction.

    Le président HOLLANDE a rappelé les impératifs de respect constitutionnel, d’élection libre, de démocratie en Afrique. On a vu des présidents qui réformaient la constitution dans l’espace francophone, on a vu des élections parfois contestées, ça reste encore un problème à régler ça ?

    Oui, ça reste un problème. En même temps, j’aimerais inviter les uns et les autres à considérer que l’Afrique est dans une transition. C’est-à-dire qu’on ne peut pas mettre au même pied d’égalité des pays qui ont 100 ans de transition ou de traditions démocratiques à des pays qui sont à des (balbutiements). Toutefois, ce n’est pas une excuse. Mais nous devons amener les uns et les autres à évoluer dans cette perspective démocratique, dans le respect du choix des citoyens et dans la démocratie consolidée. C’est le cas du Sénégal. Je souhaite que globalement, sur les 54 pays africains, il faut reconnaître que la tendance très nettement majoritaire est dans la démocratisation. Mais, il faut que l’Afrique soit accompagnée et il faut aussi que les jugements soient conformes aux efforts faits en Afrique. On ne doit pas seulement voir quelques aspects négatifs et oublier tout le reste. Je crois que l’Afrique, le continent est sur la bonne voie. Et c’est ce qui est le plus important.

    On a entendu le Premier ministre canadien intervenir sur les droits des minorités, pour les femmes, le féminisme, pour les homosexuels. Comment réagir en Afrique à ce discours du nouveau premier ministre canadien ?

    Alors, le Premier ministre TRUDEAU est un homme exceptionnel et évidemment c’est un progressiste. Alors, il y a des idées que je partage totalement avec lui, et il y a d’autres que je ne partage absolument pas du tout. Je respecte ses opinions sur la question des homosexuels, mais nous avons nos opinions, et nous tenons à ce qu’elles soient respectées, je l’ai dit au président Barack OBAMA. Dans nos sociétés, nous avons aussi des homosexuels qui vivent leur vie. Mais il ne faut pas qu’on essaie d’imposer aux sociétés africaines une manière d’être. Ça, nous ne pouvons pas l’accepter. Alors, sur les autres questions, il a raison le Premier ministre TRUDEAU. Sur la femme, sur les violences faites aux femmes, sur le fait qu’on doit éliminer les mariages précoces, qu’on doit assurer la promotion des femmes et leur assurer une formation afin que leur intégration dans la société soit quelque chose de réel. Sur ce plan, nous sommes totalement en phase. Alors, sur les autres, je pense qu’il faut qu’on mette la pédale douce puisqu’en définitive, nos sociétés ne sont pas les mêmes. Il faut éviter l’uniformitarisme, je ne sais pas si le terme est consacré, mais nous devons éviter, voilà, il faut tenir compte des réalités des uns et des autres. Et ensemble, nous devons évoluer vers des valeurs communes, mais nous sommes différents. Et ça, c’est fondamental que les uns et les autres reconnaissent cette différence et la respectent.

    Monsieur le président, vous diriez aujourd’hui que la francophonie est moins divisée ?

    Si nous consolidons nos efforts, je pense que nous pourrons davantage peser sur les décisions du monde.

    Merci beaucoup monsieur le président Macky SALL, président de la République de Sénégal, à l’occasion de ce 16e sommet de la francophonie d’Antananarivo, ici, à Madagascar.

    C’est moi qui vous remercie Patrick.

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    00:08:51
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