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  • L'invité

    L'INVITE TV5MONDE 2016/2017

    Invité : Michel Drucker, animateur de télévision français ; à l'occasion de son spectacle "Seul avec vous". Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour Michel DRUCKER.

    Bonjour.

    "Seul avec… vous", c’est le titre du spectacle formidable au Théâtre des Bouffes-Parisiens. "Seul… avec vous", ça a été finalement depuis 50 ans, tout ce que vous avez toujours fait, ce lien indéfectible avec le public par la télévision, toujours seul et proche des gens.

    Oui, mais là, j’avais envie vraiment de vérifier avec ce public que j’avais bien vécu tout ça parce que vous dites 50 ans, mais ça fait 52 ans maintenant (...)

    Bonjour Michel DRUCKER.

    Bonjour.

    "Seul avec… vous", c’est le titre du spectacle formidable au Théâtre des Bouffes-Parisiens. "Seul… avec vous", ça a été finalement depuis 50 ans, tout ce que vous avez toujours fait, ce lien indéfectible avec le public par la télévision, toujours seul et proche des gens.

    Oui, mais là, j’avais envie vraiment de vérifier avec ce public que j’avais bien vécu tout ça parce que vous dites 50 ans, mais ça fait 52 ans maintenant. J’ai trouvé ça tellement surréaliste quand on m’a dit il y a 2 ans, qu’on fêtait les 50 ans de l’ORTF, qu’il y avait un sondage, que j’étais l’animateur emblématique de l’histoire de la télévision, avec Jacques MARTIN et Guy LUX et Léon ZITRONE. Je me suis dit : "D’abord, je suis le seul vivant". Et puis, on n’a pas arrêté de m’appeler, alors le salon des seniors, le senior préféré des seniors, avec Jean d’ORMESSON, avec Charles AZNAVOUR. Mais, qu’est-ce que c’est ? De quoi on parle ? Donc, j’étais sidéré, je n’avais pas vu le temps passer. Donc, je me suis dit : "Il faut que j’appuie sur la touche pause, que je fasse un grand replay, comme ça, mais pas sur un plateau, pas avec le microcosme, pas avec le petit milieu parisien qui pétille". J’ai dit "je vais aller voir les gens, et on va vérifier ensemble avec eux si on a bien vécu tout ça", parce que mes souvenirs sont les leurs, sauf que, je crois que vous avez vu le spectacle, je raconte l’envers du décor.

    Et les gens sont touchés effectivement. C’est très proche, il y a des réactions dans le public. Alors, il y a des images, des milliers d’heures d’archives avec vous, Michel, à l’INA, vous le dites. Alors, ça commence notamment avec une image, une première apparition à la télé, et vous racontez que votre père, médecin, téléphone au patron, en disant : "Mais, attendez, ça ne va pas du tout".

    C’était Raymond MARCILLAC, le patron. Mon père, le lendemain… D’ailleurs, dans l’adaptation de mon livre "Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?", c’est Simon ABKARIAN, magnifique acteur arménien qui joue le rôle de mon père et c’est la fin du téléfilm de Jean-Daniel VERHAEGHE où mon père donne un coup de téléphone à l’ORTF et il dit au patron : "Je suis le père de ce jeune homme que vous venez de présenter. Il est anxieux, il n’a pas de diplôme, pas de grammaire, pas de syntaxe, il se ronge les ongles. Vous courez à la catastrophe. C’est beaucoup trop tôt, vous êtes fou. Je vous demande de bien réfléchir". C’est quand même surréaliste que quelqu’un appelle pour qu’on retire son fils de l’antenne. Mais bon, il voulait me protéger sans doute, mais il m’a stimulé et c’est vrai que c’est un souvenir très fort. Il y avait ZITRONE et COUDERC qui me présentaient. C’était il y a plus de 50 ans. Voir un gamin de 22 ans à la télévision française dans les années 60, (inaudible), en noir et blanc, personne ne pouvait y échapper. C’était surprenant, car on aurait dit un tout jeune gamin. Donc, j’ai été pendant très longtemps le jeune gamin de la télévision et des gens d’ailleurs m’encourageaient : "Continuez, vous progressez". Moi, j’ai appris mon job en direct. J’ai appris mon job sur le plateau en principe, c’est quand on a fini les progrès et qu’on a fini d’apprendre le job qu’on arrive. Moi, on m’a laissé apprendre mon job devant les caméras.

    Regardez un extrait du spectacle, c’est "Seul… avec vous". Vous êtes un grand imitateur Michel.

    ► "Seul… avec vous" de Michel DRUCKER

    Ils rient beaucoup aussi dans ce spectacle. Il y a de la tendresse.

    Je ne savais pas que ça ferait rire les gens parce que moi, je ne suis pas un comique, un humoriste, je ne suis pas un chanteur, je ne suis pas un auteur, je ne suis pas un imitateur. Je suis en première année d’imitation, j’ai un professeur d’imitation. Elles sont foireuses, mais apparemment, de temps en temps, les gens…

    Ça marche, oui.

    Oui, mais, je ne savais pas que les gens riraient autant. Je pensais que ce serait plutôt nostalgique, et puis non, les gens sourient, ils rient.

    En même temps, c’est vrai quand vous commencez pour la première fois la télé, c’était pour quelques jours, un stage.

    Avec Pierre TCHERNIA qui vient de disparaître, on nous a appelés il y a une quinzaine d’années pour savoir si on voulait, pour la dernière fois, visiter tous les 2 "Cognacq-Jay" avant que les bulldozers n’arrivent le surlendemain. Donc, rue de l’université, côté des plateaux, on est allé tous les 2 avec Pierre. On a regardé, on est monté sur le toit, on a regardé les coupoles satellites où j’avais couché, moi, l’été des Jeux olympiques de Tokyo pour ne pas qu’on me vire. J’avais un sac de couchage, et quand on avait quitté Cognacq-Jay avant la démolition, lui, est parti avec la pancarte du studio 4 du journal télévisé, et puis, moi, je suis parti avec la pancarte du plateau de Sports Dimanche, et dans les étages, j’avais retrouvé un tiroir métallique, c’était marqué Michel DRUCKER. Donc, vous voyez, je suis un vrai nostalgique de cette époque, sans vouloir être un ancien combattant, c’était mieux avant, pas du tout. Mais, voilà. L’autre jour, il n’y a pas tellement longtemps, je suis allé au cimetière de Levallois-Perret, j’avais envie d’être sur la tombe de Léon, et puis il m’arrive même d’aller aux Buttes-Chaumont, ça m’est arrivé une fois de prendre un café dans le petit café face aux Buttes-Chaumont qui est maintenant un immeuble. Tout est né là, les Buttes-Chaumont, l’école des Buttes-Chaumont, tous les grands réalisateurs, BARMA, Jean PRAT, SANTELLI, qui ont inventé la télévision. Tout était en direct. Les Buttes-Chaumont, c’est là où au cours de cette funeste soirée de mars 78, j’attendais Claude FRANÇOIS. On l’appelle, il dit : "Je prends mon bain". Bien entendu, tu as une heure de retard comme toujours. Une heure après, on me dit : "Claude FRANÇOIS est mort". Je dis : "Encore une rumeur". On annonce souvent la mort des stars chez nous. Je dis : "C’est quoi cette histoire ?" Avec la moto d’un confrère de RMC, une heure après, je vais au boulevard Exelmans, j’enjambe une trentaine de fans en larmes, hurlant de douleur, je dis : "C’est quoi cette histoire ?" Je monte. Kathalyn, sa compagne américaine m’ouvre, les pompiers étaient là. Je dis : "Mais, c’est quoi cette plaisanterie ?" Je vais dans la chambre, je suis assis à côté de Claude. Il est mort une heure avant. Je dis : "Il va se réveiller, ce n’est pas possible", une mort tellement stupide. Donc, tout ça, c’est quand je pars au boulevard Exelmans, je regarde devant l’ex maison de Disques Flèche et j’ai des images de Claude que je vais voir de temps en temps. Quand je vais aux Buttes-Chaumont, j’ai des images de tous ceux qui ont inventé la télévision, de tous les pionniers, les acteurs qui passent. Je revois les gens des "Rois maudits". Je vois Jean PIAT. Je vois tous les grands acteurs qui faisaient du direct à l’époque. C’est pour ça que j’habite rue de l’Université, j’ai voulu rester. Par reconnaissance peut-être, parce ce quartier a été très important dans ma vie, donc, j’y habite toujours. Je passe devant la rue Cognacq-Jay, le 15, avec mon chien presque tous les matins, sinon, je passe derrière. Mais, il n’y a plus les cars. Je dis : "Les cars de reportage vont sortir, les gens de Cinq colonnes vont arriver". Voilà, je suis très attaché. C’est pour ça que j’ai fait en réalité "Seul en scène". C’est un devoir de mémoire.

    Merci beaucoup, Michel DRUCKER.

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    00:08:13
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