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  • L'invité

    Apolline Traoré, Jimmy Jean-Louis

    Invités : Apolline Traoré, réalisatrice ; Jimmy Jean-Louis, comédien.

    La réalisatrice burkinabé Apolline Traoré est l'une des favorites pour l'étalon d'or du 26e Fespaco. Son nouveau film « Desrances » raconte le destin d'un Haïtien qui fuit les violences dans son pays et se retrouve plongé dans la guerre civile en Côte d'Ivoire. Un film sur le poids des origines et un hymne aux femmes africaines. Si Apolline Traoré était couronnée, elle serait la première femme à décrocher la récompense suprême depuis la création du festival il y a 50 ans. À ses côtés, son comédien dans « Desrances », l'acteur haïtien Jimmy Jean-Louis. Après avoir tourné avec les stars d'Hollywood, Jimmy Jean-Louis retrouve ses propres racines dans ce film puissant.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 26e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), au Burkina Faso.


    Transcription

    Au coeur de Ouagadougou, ici, la statue de Sembene Ousmane - l'immense réalisateur sénégalais et ballon d'or de ce festival, de ce Fespaco - avec d'autres cinéastes célébrés depuis 2009 avec leurs statues ici, au cœur de la capitale. Le cinéma africain, aujourd'hui et demain, c'est justement le thème de cette édition. Les rebelles ont pénétré dans la ville, ce matin. Les combats d'armes à feu font rage.  Les électeurs craignent un retour des combats sanglants.  Qu'est ce qu'il se passe ici ?  Pa (...)

    Au coeur de Ouagadougou, ici, la statue de Sembene Ousmane - l'immense réalisateur sénégalais et ballon d'or de ce festival, de ce Fespaco - avec d'autres cinéastes célébrés depuis 2009 avec leurs statues ici, au cœur de la capitale. Le cinéma africain, aujourd'hui et demain, c'est justement le thème de cette édition. Les rebelles ont pénétré dans la ville, ce matin. Les combats d'armes à feu font rage.  Les électeurs craignent un retour des combats sanglants.  Qu'est ce qu'il se passe ici ?  Papa !  Non !!  Des évadés ont pris des familles en otage.  Bonjour Apolline Traoré. C'est un évènement de se retrouver ici au Fespaco 50e anniversaire. Jimmy Jean-Louis, à côté, dans ce film qui s'appelle Desrances. Peut-être l'étalon d'or pour une femme, pour la première fois depuis 50 ans.  Bien sûr. Et bien, écoutez, on l'espère. Ça fait la troisième édition successive. Avec trois films différents. C'est vrai que ça fait 50 ans que ce Fespaco existe. 25 prix, sans une femme. On a toujours été en minorité de toutes les manières dans la compétition.  C'est encore le cas, là ?  Et c'est encore le cas.  Quatre femmes réalisatrices sur vingt en compétition.  Exactement. C'est vrai qu'on est toujours en train de dire : "Oui, il faut qu'une femme gagne à un moment." Et c'est vrai. Mais il faudrait aussi qu'on en prime le film parce qu'il est de bonne qualité, pas juste parce que c'est une femme.   Qu'on ne le dise pas parce que c'est une femme, voilà. Mais là, on le sait.  Voilà, si je dois l'avoir, il faudrait que ce soit parce que mon film était le meilleur, pas juste parce que je suis une femme.  C'est le quatrième long métrage après Frontières où on s'était vu. Encore un magnifique film, soutenu par TV5 Monde, avec ce comédien là. C'est extraordinaire d'avoir Jimmy, qui a tourné avec les plus grands, avec Jennifer Lopez, Bruce Willis, etc. Et là, il se retrouve, on va évidemment parler dans quelques instants de l'histoire de Desrances, mais Jimmy, c'est merveilleux de tourner avec Apolline ?  Ah mais, c'est génial. C'est une rencontre qu'on a faite à Los Angeles. Après elle m'a raconté l'histoire, j'ai lu le scénario et j'ai dit oui tout de suite. Parce que c'est un scénario qui est très frappant. C'est une histoire qui est très touchante. En plus, moi qui suis d'Haïti, de pouvoir raconter ce genre d'histoires, de jouer et d'incarner ce personnage, je ne pouvais dire que oui.  Alors ça s'appelle "Desrances". Regardez, le nouveau film d'Apolline Traoré.  Je dois retrouver mon fils, il a disparu.  Je l'ai peut-être aperçu.  Francis, c'est le couvre-feu ! Tu vas te faire tuer !  Papa, il faut rentrer à la maison. Tu m'écoutes ?!  Cette histoire est incroyable, parce qu'elle nous parle de plein de choses. Elle nous parle évidemment de la guerre, on l'a dit, mais elle nous parle aussi de la place des femmes, elle nous parle de la transmission.   Exactement. J'ai vraiment voulu mettre l'accent sur ces deux thèmes. Évidemment la guerre, sur le personnage de Jimmy, comme vous l'avez dit. Et c'est vraiment de montrer au monde entier : nous avons des guerres partout, mais qu'est ce que ces guerres font au mental de l'être humain ? Il a vécu une guerre, il va quelque part d'autre et il y a encore une autre guerre. Psychologiquement, qu'est-ce que ça peut faire un être humain ? Et ça, c'était la première des choses que je voulais montrer. La deuxième, c'est la transmission du nom. Dans notre société, surtout africaine, un homme qui n'a pas un garçon, c'est la catastrophe. C'est vraiment la catastrophe. Tu es maltraité, tu n'es pas considéré, parce qu'il n'y a pas le mâle de la famille. Et mon message, en fait, c'était vraiment : "C'est quoi la transmission ? Est-ce que c'est juste le nom où ce sont les valeurs qu'on transmet ? Est-ce qu'une femme ne peut pas représenter cette valeur de la famille ?" Et aujourd'hui, on voit que les femmes sont émancipées. Et il y a des femmes aujourd'hui qui sont extraordinaires et qui nourrissent toute la famille. Mais elles sont peut-être moins considérées, parce qu'elles restent une femme. Et si c'était le garçon, on allait le crier.  Oui. Et alors justement, je me disais, ce personnage va vaciller dans ses certitudes, justement par rapport à ça, parce qu'il va être aux côtés d'une jeune femme forte. C'est ça l'image aussi de ces femmes africaines qui sont fortes (inaudible.)  Mais forte, en plus de ça, c'est l'image de la femme qui représente le futur. Parce qu'on parle quand même d'une gamine. C'était très intéressant de mettre de la lumière sur cette petite gamine qui représente cette force. Parce que là je pense qu'on arrive dans un temps où il faut peut-être donner le pouvoir aux femmes. Ça fait des milliers et des milliers d'années que les hommes ont le pouvoir, jusqu'à maintenant. Et ça ne marche pas trop bien dans le monde. Donc, pourquoi ne pas essayer de changer un petit peu, voir ce que ça donne ? Ne serait-ce que pour voir.   (Ce qui vaut) le titre du film, c'est Desrances. Il y a "errance" dans le titre. Mais c'est un nom haïtien, d'un homme qui a vraiment existé au départ, Desrances.  Oui, en fait Desrances, il s'appelle vraiment Lamour Desrances. Et c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup. Tout simplement, parce que c'était un esclave, qui a combattu et qui s'est libéré. Et son histoire, c'est tout simplement qu'il a combattu, après, dans l'armée de Napoléon. Et comme il a combattu dans l'armée de Napoléon, et que Toussaint Louverture est l'emblème haïtien, évidemment, qui a soutenu la révolution et qui a libéré Haïti. Lamour Desrances n'est pas vraiment considéré comme un héros, mais il l'est. Il a quand même combattu quelqu'un d'extraordinaire et c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup. J'ai vraiment choisi ce nom-là, parce que, quelles que soient nos origines, quelle que soit ce que notre ancêtre aurait, ou n'aurait pas fait, est-ce qu'on le juge ? C'est important de garder l'importance de ses ancêtres, justement, parce qu'il est considéré, à Haïti, comme un traître, voilà. Mais est-ce que c'est parce c'est un traître qu'il n'est pas quelqu'un ?Parce qu'il a quand même fait autre chose que de la trahison. Et c'était pour moi important de choisir ce nom-là. J'aurais pu trouver un autre ancêtre, mais pour moi il était important de trouver quelqu'un qui n'était pas extraordinaire. Mais qui était important aussi dans l'histoire d'Haïti, et de garder le nom, et que le personnage de ce film-là garde ses origines.   C'est ça, c'est important, Jimmy ? On entend ce que dit Apolline, a résonne en vous haïtien.  En plus de ça, moi qui aie incarné Toussaint Louverture, donc je comprends tout à fait ce dont elle parle.  Oui oui, en plus ! Et vous, qui avez fondé une association Hollywood pour Haïti, vous avez tourné avec les stars américaines. Et là, vous vous retrouvez dans un film au cœur, finalement, de ses racines africaines avec Apolline qui porte cette voix des femmes. C'est touchant, non ?  Oui c'est touchant. Moi je me recherche toujours. C'est encore cette quête de mes propres racines. Moi qui suis haïtien, je sais très bien que mes racines viennent d'ici aussi. En tant qu'haïtien, on a été coupées à certains moments. Quand on fait le passage, il y a toute une identité, toute une culture qui a été coupée. Et le fait de pouvoir revenir sur le territoire africain, le fait de pouvoir incarner un personnage dans un film tenu par une femme forte et africaine, pour moi c'est…  La voilà, la femme forte et africaine, c'est Apolline Traoré. Merci beaucoup, Jimmy Jean-Louis, merci Apolline. En route, peut-être, pour l'Étalon d'or. Le premier Étalon d'or féminin ici au Fespaco.  Et elle le mérite.  Pour le cinquantième, quand même.  C'est un joli film. Moi qui ai tourné avec les plus grands réalisateurs, pour moi, c'est elle qui m'a vraiment guidé dans mon travail d'acteur.  Il s'appelle Desrances, ce film et TV5 Monde le soutien. Merci à tous les deux.  Merci beaucoup. 

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    00:08:27
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