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  • L'invité

    Julian Schnabel

    Invité : Julian Schnabel, peintre et cinéaste américain.

    Le musée d'Orsay vient de lui donner carte blanche. Julian Schnabel est l'un des plus grands peintres contemporains, mais il est aussi photographe et cinéaste. Son dernier film « At Eternity's Gate » est une biographie du peintre Vincent Van Gogh : une ode à la révolte et à la liberté créatrice, avec Willem Dafoe, Mads Mikkelsen, Rupert Friend...

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    Avec un film étonnant, "At Eternity's Gate", Au seuil de l'éternité. On est avec Vincent Van Gogh comme on ne l'avait jamais vu. Vous, l'artiste, vous, le peintre, Julian, vous avez voulu rentrer à l'intérieur de l'âme de ce mythe de la peinture qu'est Vincent Van Gogh. Je suis un peintre. J'ai fait le film avec l'expérience que j'ai de ses tableaux et l'expérience de mon travail comme peintre, avec le travail de Jean-Claude Carrière. Scénariste merveilleux. J'ai attendu toute ma vie pour faire (...)

    Avec un film étonnant, "At Eternity's Gate", Au seuil de l'éternité. On est avec Vincent Van Gogh comme on ne l'avait jamais vu. Vous, l'artiste, vous, le peintre, Julian, vous avez voulu rentrer à l'intérieur de l'âme de ce mythe de la peinture qu'est Vincent Van Gogh. Je suis un peintre. J'ai fait le film avec l'expérience que j'ai de ses tableaux et l'expérience de mon travail comme peintre, avec le travail de Jean-Claude Carrière. Scénariste merveilleux. J'ai attendu toute ma vie pour faire ce film, et lui aussi. Il en avait besoin et moi aussi. Il a fait autre chose pour arriver à ce moment, pour faire ce film. Excusez mon français. Il est vraiment pauvre. Il est parfait votre français. Regardez quelques images de ce film étonnant. (langue étrangère) Au seuil de l'éternité. Pourquoi Vincent est au seuil de l'éternité à ce moment-là ? Le film est sur les deux dernières années de sa vie, les plus productives de son travail. Le public n'est pas avec lui. Le public arrive maintenant. Il laisse ce cadeau au public pour l'éternité. Il nous arrive maintenant, pour partager le cadeau qu'il nous laisse.  C'est merveilleux. Vous pouvez parler en anglais, Julian. Vous parlez tellement bien français mais on va traduire.  Je vais parler anglais.

    Je le disais, vous êtes cette artiste iconoclaste. Vous êtes un artiste vous-même, peintre, photographe. Vous êtes quelqu'un qui bousculez l'art. On voit, dans ce film, comment Vincent est incompris, comment Vincent est délaissé et pris pour un fou. Tout ce qu'il y a à faire, c'est de regarder ses tableaux. Ils ne sont pas fous. Ce ne sont pas des tableaux fous. Ils sont faits par quelqu'un qui est un grand artiste, qui a vu le monde d'une façon très spéciale. Tout le monde ne voit pas le monde tel que vous le voyez. Vous et moi le voyons monde différemment, comme Gauguin le dit dans le film. Sans nos yeux, il n'y a pas de nature. Nous sommes les récepteurs du champ. Sans le récepteur, il n'y a pas de champ. Ce que vous dites fondamentalement, vous parlez des clichés sur Vincent Van Gogh. Il n'était pas pauvre. Son frère s'occupait de lui. Il n'avait pas beaucoup d'argent, mais il en avait suffisamment pour peindre et manger. Il n'avait pas dû travailler en tant que cuistot ou chauffeur de taxi, mais il avait suffisamment d'argent pour peindre. Les 80 derniers jours de sa vie à Auvers-sur-Oise, il a peint 75 tableaux. Je dirai qu'il a eu beaucoup de réussite. Gauguin voulait échangeait des tableaux avec lui. Beaucoup d'artistes échangeaient des tableaux. Les gens savaient qui il était. L'article d'Albert Aurier, qui est lu par Louis Garrel dans le film,  s'est produit à Paris alors qu'il était à Arles, donc il n'était pas inconnu. Je crois que certains des mythes qui ont été propagés au cours des années, je voulais les effacer un peu, pour avoir une perception différente de Van Gogh. Le film n'était pas tellement sur Van Gogh. C'était le fait d'être Van Gogh. Qui que ce soit fait quelque chose  peut avoir un lien, peut se relier à ce film.  Et cette oreille coupée tout de même. Je pense que Van Gogh ne voulait pas en faire grand cas. Il l'a fait et il n'y a plus tellement pensé. Je pense qu'il ne voudrait pas que vous en fassiez grand cas non plus.

    On n'en fait pas un plat, mais c'est vrai que dans ce film, il y a un homme qui ne peut pas vivre autrement que par la peinture, qu'en peignant. Il peint tout, la nature, les femmes. Il peint sa vie. Il est, il existe dans cette peinture en relief.

    Exact. C'est de ça que ça parle. S'il n'avait pas pu peindre, il aurait tué quelqu'un. C'est vrai à mon sujet aussi. J'ai beaucoup de choses à dire dans ce film sur mon attitude envers la peinture, à travers Vincent. C'était une occasion de faire un film très personnel sur la pratique de la peinture. Je pense, quand il dit à Vladimir Consigny qui joue le Docteur Ray : "Sans la peinture, je ne peux pas vivre". Et l'autre lui répond : "Je vous crois". Je crois que c'est vrai. Vous resterez toujours un homme libre ? J'ai un grand privilège. Je ne suis pas employable. Je ne peux travailler pour personne d'autre. Je crois que c'est un privilège de pouvoir faire ce que l'on veut faire. C'est tout ce qu'on peut faire. C'est tout ce qu'on peut faire quand on veut cela. Il y a peut-être un sens des responsabilités à le partager. Si vous avez une occasion de le partager avec d'autres personnes, pourquoi est-ce que les gens montrent des films à d'autres ? Pourquoi est-ce que vous montrez des tableaux à d'autres ? Dans le film, Van Gogh dit : "Je crois que ma vision de la réalité est ce qu'il y a de plus proche du fait d'être vivant". Le Docteur Ray dit : "Vous ne pensez pas que les gens se sentent vivants ?". Vincent dit :'Oui, je le crois". Ray dit : "Vous croyez que vous pouvez les rendre plus vivants grâce à la peinture ?". Van Gogh répond : "Oui, absolument. Que les gens soient peintres ou des artistes d'un autre genre, chanteur, acteur de cinéma, ils se sentent contraints de le faire. Ils doivent le partager avec d'autres personnes. Quelle est cette raison ? Vous pouvez vous poser vous-même la question ? Je ne vais pas y répondre, moi.

    Merci beaucoup. Merci infiniment, Julian, d'avoir été notre invité. "At Eternity's Gate", Au seuil de l'éternité avec Vincent Van Gogh. Merci. Merci beaucoup.

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    00:08:06
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