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  • L'invité

    Berni Goldblat, Honoré Essoh

    Invités : Berni Goldblat, cinéaste helvético-burkinabé ; Honoré Essoh, réalisateur et scénariste ivoirien.

    Berni Goldblat, l'homme qui a fait reconstruire l'un des cinémas mythiques africains, le Ciné-Guimbi au Burkina-Faso, annonce sa réouverture historique en novembre 2019 grâce à un grand soutien international. Honoré Essoh, l'un des maîtres ivoiriens du dessin animé africain avec sa série « Nubu et Yara », présente sa nouvelle création « Seul avec Nubu ».

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 26e FESPACO de Ouagadougou (Burkina Faso).


    Transcription

    Le Fespaco c'est le cinéma africain, c'est la défense du cinéma africain. Bernie Goldblat c'est vous l'homme qui avez recréé un cinéma mythique, ici à Bobo-Dioulasso, c'est le ciné Guimbi. Et on va annoncer une grande nouvelle dans quelques instants. A vos côtés, c'est Honoré Essoh, le roi du dessin animé Ivoirien. C'est cette série incroyable, c'est Seul avec Nubu, après Nubu et Yara qui est diffusé sur Tivi5, notre chaîne de télévision pour les enfants. D'abord un cinéma, en a tellement besoin (...)

    Le Fespaco c'est le cinéma africain, c'est la défense du cinéma africain. Bernie Goldblat c'est vous l'homme qui avez recréé un cinéma mythique, ici à Bobo-Dioulasso, c'est le ciné Guimbi. Et on va annoncer une grande nouvelle dans quelques instants. A vos côtés, c'est Honoré Essoh, le roi du dessin animé Ivoirien. C'est cette série incroyable, c'est Seul avec Nubu, après Nubu et Yara qui est diffusé sur Tivi5, notre chaîne de télévision pour les enfants. D'abord un cinéma, en a tellement besoin Bernie…. Qu'est-ce qu'on peut annoncer ?

    On peut annoncer la bonne nouvelle, on est au Fespaco 2019 et donc, comme nous l'avons fait lors de la conférence de presse avec le ministre la culture, l'union européenne etc, on ouvre le ciné Guimbi en novembre 2019. Enfin. 

    A Bobo, enfin après sept ans de lutte acharnée, et avec le soutien de tellement de gens. Voilà le rêve enfin devient réalité. Donc on ouvre la petite salle, les bureaux, le centre de ressources et le bar-restaurant du ciné Guimbi. 

    C'est un endroit merveilleux à Bobo et là c'est un bâtiment fantastique. On regarde ces images, c'est le retour, ça y est, du ciné Guimbi ! 

    C'était une aventure folle.

    Ben oui, il faut être têtu souvent, comme on dit. Je pense que j'en suis un, et l'équipe est têtue. Après sept ans de lutte, on ouvre, pour le plus grand plaisir de la population de Bobo, ce "hub culturel", parce qu'on l'appelle comme ça, ce sera plus qu'une salle de cinéma. On va faire… On va montrer des films, mais on se réunira, on aura des expos, on aura des concerts, on aura des lieux de formation, des lieux de réflexion. Donc voilà, c'est pour ça qu'on appelle ça un hub culturel. C'est un peu à la mode, mais c'est véritablement ça.  C'est prouvé qu'on peut ouvrir des cinémas en Afrique, et ici à Ouagadougou, le Burkina c'est la capitale du cinéma africain avec le Fespaco. 50ème anniversaire du Fespaco, bel événement. 

    Voilà on… ça fait sept ans qu'on essaie de rallumer cette lumière. Moi j'aime dire qu'en 2005, la lumière s'était éteinte dans le quartier de Koko à Bobo-Dioulasso avec la fermeture de Guimbi, et depuis lors, on essaye de rallumer cette lumière parce qu'une salle de cinéma, c'est une lumière, c'est un pont vers les autres cultures, c'est un lieu de réflexion, c'est un lieu de liberté et de démocratie. Pour 50 ans, pour les 50 ans du Fespaco, quoi de plus beau en tout cas, de pouvoir l'annoncer, avec le ministre de la culture du Burkina, avec l'Union Européenne, avec tous nos partenaires qui nous avons accompagné, TV5 Monde, évidemment, et ça ce n'était pas petit. TV5 Monde qui soutient ce jeune homme à côté de vous, parce qu'il fait des films d'animation absolument incroyables que diffuse TV5 sur sa chaîne enfants Tivi5 Et là on présente Seul avec Nubu, et là, c'est une histoire, on va en parler évidemment, Honoré Essoh, c'est une aventure quand même, de faire un dessin animé africain,vous qui êtes ivoirien.

    Une aventure très compliquée, je dirais. C'est vraiment un rêve éveillé qu'on vit depuis un an et demi. On a commencé véritablement à faire de l'animation depuis un an et demi. Il n'y a pas d'école d'animation en Côte d'Ivoire, les jeunes gens qui ont travaillé sur ce film, ce sont des jeunes qui viennent d'un quartier à la périphérie d'Abidjan, Yopougon. On les a formé, initié je dirais, en trois mois et en huit mois on a produit la série Nubu et Yara qui a été rachetée par TV5, grâce à TV5, on a pu faire ce premier pas important. Et là, à peine un an après, on se retrouve au Fespaco, représentant la Côte d'Ivoire dans cette toute nouvelle catégorie, qui est celle des films d'animation.

    Coup de chapeau à tous ceux (qui viennent) d'Afrique qui font des films d'animation qui sont absolument formidables, Honoré Essoh. Regardez quelques images, on est Seul avec Nubu.

    C'est ça. Yara, j'ai une bonne idée.  Laquelle ? Toi et moi, ce sera notre secret, on dira rien à Papa et à maman. Je vais jeter ça à la poubelle. Ça s'appelle du gaspillage de nourriture et c'est pas bien Nubu !

    Ah bon ? 

    Voilà, les images, Seul avec Nubu, Honoré. Ça c'est une histoire qui raconte quelque chose aux enfants, aux enfants d'Afrique.

    Oui on parle de leur réalité avec l'humour bien africain. Et voilà, on rigole, tout en apprenant aussi, parce que là il est question de gaspillage d'eau, de gaspillage de nourriture et voilà. Donc on essaie de glisser ces petits messages, qui sont assez importants, tout en s'amusant.

    Voilà, c'est un bon exemple, Bernie.  Absolument. Je pense qu'après ce plateau, on va discuter. Au ciné Guimbi, mais on aura une grande part, une part importante dédiée à l'éducation à l'image. Ce qui manque cruellement en tout cas dans nos pays ici, c'est les films dédiés à la jeunesse et des films qui sont accompagnés avec des animations, pour faire comprendre aux jeunes et aux enfants ce que c'est qu'un film. Et parce qu'aujourd'hui,les gens apprennent ça sur leur portable, sur leur tablette et évidemment c'est pas génial. Et donc vraiment avec un grand plaisir on accueillera ta série.

    On va passer donc voilà, on va retrouver Nubu au ciné Guimbi à Bobo-Dioulasso. Et évidemment, dire que vous, qui êtes un jeune, vous êtes président de l'association des jeunes réalisateurs ivoiriens. Vous dites au fond, on arrive à faire des films comme ça, parce que c'est un pari quand même. On arrive aussi à fabriquer des choses en Afrique.

    Oui et il le faut. Il faut qu'on raconte nos histoires. Il y a beaucoup de jeunes gens talentueux sur le continent, qui ne demandent qu'à s'exprimer, et il faut arriver à mettre en place les plateformes pour qu'ils puissent révéler, dévoiler leurs talents.

    C'est exactement des plateformes et le ciné Guimbi se voudrait être une plateforme et c'est très inspirant ce que tu racontes, parce que c'est exactement ça qu'on aimerait faire, c'est pouvoir justement, entre autres accueillir des jeunes, à faire des ateliers concrets, pas des histoires qui vont durer dix ans justement, des initiations aux métiers et ça c'est magnifique. Je pense qu'au delà du film qui se rapprochait au Guimbi, parce qu'il y a un savoir faire aussi, qui pourrait être aussi amené chez nous à Bobo. Bobo-Abidjan c'est une heure de vol.

    Ça va, ça va, vous allez faire affaire tous les deux là, je le sens. Les enfants ça compte, le public enfant.  Il est extrêmement important, la majorité des gens ici ont moins de 15 ans. Donc déjà, c'est le plus grand public pour le cinéma, il faut y penser. C'est la future génération, c'est les futurs réalisateurs, c'est les futurs cinéastes, c'est les futurs cinéphiles. Voilà C'est les futurs citoyens également, et c'est à cet âge-là qu'il faut commencer à leur donner cet amour du continent, cet amour des choses bien faites, cet amour du travail, de l'excellence dans le travail. Et c'est ce qu'on essaie de traduire, de leur transmettre à travers ces films.

    On est dans un environnement tourmenté, faut pas se le cacher. Ici, même au Burkina, dans le nord, à l'est etc. Et là on se dit que le cinéma doit porter une parole. Oui. Qu'est-ce que…  C'est des lieux de liberté, une salle de cinéma c'est un lieu de liberté, de création. Et si on arrive à développer ce côté créatif, se battre pour ces lieux de liberté et de culture, c'est essentiel. Et je pense que la plus grande richesse de nos pays ici, c'est la culture, évidemment. La matière première, ce n'est pas le pétrole ou le diamant, mais c'est la culture.

    C'est vrai ça, Honoré ?  Egalement du point de vue économique, c'est un secteur pourvoyeur d'emplois pour les jeunes, parce que c'est aussi l'un des problèmes qu'on vit dans la région. Les jeunes peuvent avoir du travail. Aujourd'hui on a cette difficulté de l'inadéquation entre la formation et l'emploi, on recherche par exemple des animateurs. Il n'y a quasiment pas d'animateurs formés et on a besoin que soit ici, en Afrique ou ailleurs, d'animateurs qui puissent travailler sur des productions. Oui c'est la culture et un secteur qui peut apporter un plus à nos économies.

    Merci tous les deux, Honoré, Bernie. Le cinéma ici qui jaillit, l'Afrique parle au monde. Merci à tous les deux. Merci à vous.  Merci Patrick, merci TV5.

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    00:08:29
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