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  • L'invité

    Aïssa Maïga

    Invitée : Aïssa Maïga, comédienne française.

    La comédienne qui a fondé le mouvement Noire n'est pas mon métier, pour dénoncer le racisme dans le milieu du cinéma, porte la parole des femmes au FESPACO. Elle a décidé de se lancer dans la réalisation de documentaires pour témoigner de ses combats. 

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 26e FESPACO de Ouagadougou (Burkina Faso).


    Transcription

    Le Fespaco, le vingt-sixième du nom à Ouagadougou. C'est au cœur de la ville, dans les quartiers populaires, au marché de la capitale. Le cinéma est partout. Le cinéma est dans la ville. C'est la fête du cinéma africain. Bonjour Aïssa. Bonjour. Celibrity Days. Celibrities. Il y en a plusieurs. Au Fespaco, il y a d'ailleurs un tapis rouge. Parmi ces célébrités, il y a Aïssa Maïga. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je savais qu'il y avait quelque chose qui allait être organisé autour des acteurs (...)

    Le Fespaco, le vingt-sixième du nom à Ouagadougou. C'est au cœur de la ville, dans les quartiers populaires, au marché de la capitale. Le cinéma est partout. Le cinéma est dans la ville. C'est la fête du cinéma africain. Bonjour Aïssa. Bonjour. Celibrity Days. Celibrities. Il y en a plusieurs. Au Fespaco, il y a d'ailleurs un tapis rouge. Parmi ces célébrités, il y a Aïssa Maïga. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je savais qu'il y avait quelque chose qui allait être organisé autour des acteurs. Hier soir, en arrivant, j'ai découvert l'ampleur du phénomène. Je trouve que c'est une belle initiative parce que, pendant longtemps, les films africains étaient perçus quasiment exclusivement à travers leurs réalisateurs et leurs réalisatrices. On oubliait les acteurs. Je trouve que c'est une belle façon de rendre hommage à des personnes qui sont quand même incontournables dans les films, que sont les acteurs et les actrices. Incontournables, ces journées de célébrité comme ça et de dire ici, vive le cinéma africain. C'est ça qu'on a envie de dire à Ouagadougou. Le Fespaco, c'est ça. D'abord, c'est un festival qu'on attend tous les deux ans. Ce qui est rare est cher. C'est une occasion qui permet de retrouver des gens de cinématographies diverses. Il y a des Africains du Sud, de l'Ouest, de l'Est, des Africains de la diaspora, des Africains du Nord. C'est une espèce de grand-messe qui permet de reconnecter des gens qui sont un peu éparpillés aux quatre coins du globe et surtout de redécouvrir régulièrement le cinéma, autant des auteurs confirmés comme Alain Gomis ou d'autres, que de découvrir aussi les jeunes talents. Et aussi de dire que l'on peut monter des projets, comme celui que vous faites Aïssa sur le Niger. En ce moment, je suis en tournage au Niger  sur un documentaire qui parle de la problématique de l'eau en Afrique de l'Ouest, en relation avec le dérèglement climatique. C'est un vaste chantier. C'est une très belle histoire surtout, l'histoire d'une adolescente qui se retrouve propulsée à la tête de sa famille en raison du manque d'eau et du fait que ses parents doivent partir en exode. C'est un film qui me tient beaucoup à cœur, qui m'a été proposé par un producteur qui s'appelle Yves Rondeau qui avait produit La Marche de l'empereur. Ça se passait sur la banquise. C'était assez loin. C'est loin du Niger. Loin du Niger. Ce  n'est pas la même température. On en parlera quand il sera fini, mais il me ramène aux origines Peules de mon père. Là encore, il s'agit de reconnexion. Il y aura peut-être un film sur votre papa. Ça, c'est encore plus tard. On en reparlera. Il y a eu ce fameux manifeste, ce livre manifeste dont on a parlé à Cannes, Noir n'est pas mon métier, ce qui va donner aussi un documentaire, pour affirmer cette identité-là, ce cri de révolte. C'est donc un livre qu'on a écrit. Seize comédiennes noires Françaises se sont réunies et ont écrit leurs témoignages. On en avait parlé avec vous à l'époque. On était au Festival de Cannes. On a fait beaucoup de bruit. La presse nous a beaucoup suivies, le public aussi. Le livre s'est très bien vendu. Cela veut dire que toutes ces questions liées à la diversité interpellent aujourd'hui. On peut dire qu'il y a une vraie volonté de changement chez une majorité de gens. Le documentaire aborde la question de la diversité autrement puisque c'est un regard plus global. On explore la question de la diversité dans le cinéma au Brésil,  aux Etats-Unis et en France. Le fait de sortir de l'Hexagone, de sortir du territoire français, permet de prendre du recul et de se rendre compte que cette problématique existe quasiment partout, en tout cas dans tous les pays qui ont eu un rapport avec les traites négrières et les colonisations. C'est pour le dire de façon lapidaire, très rapide, parce que je n'ai pas le temps, mais ça m'a passionné aux côtés d'Isabelle Simeoni, avec qui j'ai co-réalisé le film, d'explorer cette question de la diversité à travers les parcours des femmes noires dans divers endroits de la planète. Ici, au Fespaco, il y a des réalisatrices, Apolline Traoré et d'autres qui concourent pour l'Etalon d'or. Elles ne sont pas vraiment nombreuses, pas complètement majoritaires du tout même. Il n'y a pas encore de parité dans le cinéma, en général. Il y a des festivals qui font un effort. Je pense que le Fespaco, dans deux ans, va devoir montrer sa volonté d'affirmer quelque chose de démocratique autour de la parité et peut-être de la diversité. Les femmes réalisatrices, je leur tire mon chapeau parce que dans des contextes où il y a peu d'écoles pour se former, dans des contextes où il y a peu de possibilités de réunir des budgets pour réaliser un film, dans des contextes aussi difficiles, on peut vraiment dire que ce sont des Amazones, que ce sont des guerrières, qu'elles sont habitées par leur art et prêtes à déployer une force incroyable. J'espère surtout qu'elles vont inspirer parce qu'on a besoin de projeter, sur les écrans, toute la diversité du monde à travers la question du genre, la question culturelle, ethnique, la question de l'âge aussi, la question de l'apparence physique. Plus le cinéma va réussir à inclure cette variété de regards, plus il sera riche et plus on va être étonné.

    C'est ça, le message des cinéastes et des acteurs. C'est un message de liberté. Ici, au Burkina, on ne se cache pas qu'il y a des problèmes, qu'il y a des problèmes de sécurité et qu'il y a des cinéastes qui continuent, qui veulent créer, qui veulent apporter cet échange. C'est vrai qu'elle existe. Mais en même temps, il y a des Américains qui refusent de venir en France parce qu'on a eu des attentats il y a trois ans. On se rend bien compte qu'il y a à la fois quelque chose de réel, et en même temps, une part fantasmée. C'est vrai que c'est difficile à discerner. Je n'ai pas envie de risquer ma peau pour un film personnellement, ni pour un festival. C'est normal d'être prudent, de se renseigner, et en même temps, il y a peut-être moins de risques, quelque part, au Burkina qu'en France. C'est une question. Mais au fond, c'est indispensable. Le Fespaco, c'est quelque chose d'indispensable. Il y a un attachement très fort chez beaucoup de gens. D'ailleurs, on rencontre aussi beaucoup de Français et de plus en plus d'Africains ou d'afro-descendants anglophones. Le Fespaco est en train de réussir à absorber toutes les diversités d'expériences. J'ai rencontré, l'année dernière, une jeune productrice Américaine qui était venue avec une jeune productrice Anglaise et une autre qui était je ne sais plus d'où exactement, peut-être du Kenya ou du Rwanda. Ça devient une espèce de plateforme internationale. Je suis curieuse de voir comment le festival va évoluer dans les années à venir. Merci beaucoup Aïssa Maïga. Merci. La prochaine fois, on va parler d'un petit garçon qui avait dompté le vent. C'est mon fils. Un film avec Aïssa Maïga au Malawi. Merci beaucoup, Aïssa Maïga. Merci.

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    00:08:24
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