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  • L'invité

    Juliette Binoche

    Invitée : Juliette Binoche, actrice française.

    Juliette Binoche est présidente du jury des Globes de cristal et présidente d'honneur de la cérémonie de remise des prix. Les Globes de cristal, dont TV5MONDE est partenaire, sont des récompenses françaises décernées dans les domaines de l'art et de la culture.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Juliette Binoche. Bonjour. C'est un plaisir de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde. Vous êtes la présidente d'honneur de la cérémonie des Globes de Cristal, que TV5 Monde soutient et diffusera le 6 février prochain, pour tous ses téléspectateurs récompensés de ce qu'il y a de mieux, ce qu'il y a de plus beau en matière de théâtre, en matière de cinéma, en matière de littérature. Et au fond, recevoir cet honneur d'être la présidente d'une soirée comme celle-là, ça vous fait quoi,  (...)

    Bonjour Juliette Binoche. Bonjour. C'est un plaisir de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde. Vous êtes la présidente d'honneur de la cérémonie des Globes de Cristal, que TV5 Monde soutient et diffusera le 6 février prochain, pour tous ses téléspectateurs récompensés de ce qu'il y a de mieux, ce qu'il y a de plus beau en matière de théâtre, en matière de cinéma, en matière de littérature. Et au fond, recevoir cet honneur d'être la présidente d'une soirée comme celle-là, ça vous fait quoi, Juliette ?  Ça me fait plaisir. C'est une façon de participer à ce monde des arts et aussi de mettre en valeur le métier de journaliste, puisque c'est un vote qui est fait par les journalistes, et qui ont sélectionné les cinq meilleurs, de différentes catégories et ensuite, ce sont un bon nombre de journalistes qui votent ces cinq sélectionnés. Donc c'est la fête aux journalistes. Ouais, et c'est la fête à tous les arts au fond, à la création, l'envie d'encourager ceux qui créent comme ça, de dire :"voilà on vous a aimé, on a aimé ce que vous avez fait". Voilà, ça permet aux gens d'avoir des repères. C'est plutôt plus sur un cinéma ou sur une vision des arts plutôt, on va dire populaire, et c'est… il y a un côté bonne franquette, parce qu'on dîne et on est plutôt sur le ton de la rigolade, des plaisanteries. Ça ne veut pas trop se prendre au sérieux.

    C'est ça qui est bien finalement. On verra ça le 6 février donc sur TV5 Monde. La présidente d'honneur l'année dernière c'était Isabelle Huppert, avant c'était Véronique Sanson. On est bien entouré. Non, c'était Catherine Deneuve.  Ah, Catherine Deneuve ? Mais elle avait le Globe d'honneur, Véronique Sanson également et il y a des globes d'honneur cette année, on ne dira pas, vous découvrirez donc à l'antenne cette cérémonie. Qu'est-ce qu'on ressent quand on reçoit un prix, vous qui avez eu l'Oscar ? Alors, très différemment parce que parfois, on peut le savoir en avance et auquel cas… Qu'est ce que je vais dire ? Oui, se gratter un peu la tête pour pouvoir dire quelque chose. Et puis il y a des grosses surprises, au moment des Oscars, je n'étais pas du tout préparée à ça, parce que je pensais que c'était, que ça allait être Lauren Bacall. Et au moment où donc je l'ai reçu, j'allais lui donner d'ailleurs, mais comme elle n'a pas levé la main, finalement je l'ai gardé.  Ouais, ouais, vous avez reçu des prix d'interprétation à Venise, à Cannes, à Berlin. Et vous allez présider le prochain jury du Festival de Berlin au mois de février.

    C'est une grande première, parce que c'est un grand festival. J'ai déjà eu l'occasion d'être présidente d'un jury, mais dans un tout petit festival, qui s'appelle le Festival de Cabourg du film romantique, mais là, c'est un gros festival. Ça fait partie des trois gros… trois ou quatre, si on parle du festival de Saint-Sébastien en Espagne, aussi. Et puis il y a Locarno, il y en a quand même pas mal mais disons, les trois gros c'est Cannes, Venise et Berlin.

    Moi je me souviens d'une montée des marches avec TV5 Monde et vous, à l'occasion, lorsque vous étiez présidente des cinémas du monde au Festival de Cannes, parce que vous avez toujours défendu cette diversité dans les cinémas, les engagements, la diversité des regards… 

    C'est la force, c'est la force de notre cinéma en France. Il y a un cinéma très divers, mais après on a su quand même faire venir un cinéma mondial. Il y a des journalistes d'ailleurs, qui ont fait vraiment connaître des grands cinéastes, je pense à Rossellini à Kurosawa. Si on n'avait pas eu ces critiques de cinéma, qui ont vraiment une qualité de regard et d'aller vers des choses positives pas forcément critiquer en… voilà en étant négatif. Mais plutôt en portant les choses qu'ils aiment à ce moment-là, ça fait vraiment découvrir un monde. Et je trouve que plus le regard est diversifié, plus on apprend à tolérer les uns les autres, et à ouvrir le spectre de notre conscience.

    Si je vous dis : "We do it together", ça vous dit quelque chose bien sûr. C'est l'association que vous soutenez… Alors au moment, oui. … Pour la présence des femmes dans le cinéma.

    Oui, on m'a demandé d'être une des marraines de cette sorte d'associations pour aider les femmes à mettre en scène, à trouver des financements, à fédérer un peu toutes ces possibilités qui ont du mal parfois à persévérer parce que les, voilà, les décideurs sont… ont des idées assez… ils pensent que l'homme a plus d'autorité, donc on fait plus confiance à un homme pour mettre en scène. Mais les choses changent, je vous dirais, parce qu'il y a énormément, en tout cas en France, de réalisatrices de plus en plus, et là au Festival de Berlin, par exemple, on a sept films sur 17 films qui ont été sélectionnés en compétition, et qui sont des films de femmes. Donc attention !  Oui, attention. Je me rappelle avec Claire Denis, il n'y a pas très longtemps, Un Beau soleil intérieur, c'est incroyable, face à Gérard Depardieu, dans une scène finale d'anthologie. Ça, ça fait plaisir. Des rôles où finalement vous bousculez finalement les certitudes, vous allez toujours vers des prises de risque.

    Sinon pourquoi faire tout ça ? Il faut prendre… Il faut être toujours un petit peu au bord, et puis faire un saut dans l'inconnu et voir ce qui se passe. Mais avant il faut se préparer quand même un peu. Mais je trouve qu'aller vers le nouveau, c'est vraiment le sine qua non de l'artiste. Si on est trop sur un espèce de rendement déjà acquis, ou de répétition, je trouve que c'est la mort. Et moi je suis pour le renouveau. Et puis se surprendre, c'est aussi ça, c'est aller vers quelque chose où on n'est pas forcément à l'aise. On va peut être être ridicules. C'est pas grave mais au moins on risque, on aura risqué. Oui, et rentrer dans un film, c'est on le disait, se mettre en danger, mais c'est aussi d'en sortir pas exactement la même après. Lorsque vous vous dégagez d'un personnage… Je sais pas. Ça pour moi, un film c'est un don de soi. Donc on se donne. A partir du moment où on s'est donné, on l'a travaillé, c'est assez spécifique, à ce moment-là, quand on a donné, on est libéré et on est serein. Donc ce n'est pas l'idée de jouer quelqu'un d'autre. C'est l'idée de se servir de soi, pour aller vers quelque chose qui élève quand même, une partie de soi même finalement, que permet de jouer un rôle. Et après, on revient à soi, mais plutôt énergie… comme on dit, galvanisés, mais oui heureux. On a été dans le don qui permet d'être plus humain finalement. C'est ça que vous cherchez, au fond, cette humanité là depuis toujours ?

    Je sais pas, c'est pas aussi conscient que ça. Je crois que ça me rend heureuse, parce que c'est comme si j'avais vraiment trouvé l'endroit où je devais être, et ça je l'ai reconnu assez tôt, certainement parce que j'étais en phase de situation assez solitaire, enfant et que jouer, ça me permettait d'être en lien avec tous les possibles, avec mon imaginaire et j'étais heureuse. Et je crois que ce bonheur là je ne l'ai pas, il ne m'a pas quittée. Même si le matin quand je me réveille, et que je dis : "ouh la la, il va falloir aller dans telle émotion, telle autre et tout" et que je me dis : "ah mais j'aimerais bien changer de métier…" parce que vraiment de vivre ça, dès le matin à 7h, ce n'est pas forcément facile. Mais à la fin de la journée quand ça a été traversé, et même en le traversant c'est un bonheur, parce que le don de soi il n'y a pas, il y a rien qui remplace ça. Parce que quand je dis don de soi, c'est tout simplement s'oublier à travers une expression, une partie de soi et qui va peut-être aider quelqu'un d'autre à vivre. C'est aussi simple que ça.

    Merci beaucoup. Merci beaucoup Juliette Binoche, présidente d'honneur des Globes de Cristal avec TV5 Monde cette année. On était vraiment ravis, Juliette, de vous recevoir ici. De même. Merci beaucoup. Merci.

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    00:08:21
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