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  • L'invité

    Inna Modja, Ghada Hatem

    Invitées : Inna Modja, Ghada Hatem ; respectivement chanteuse et comédienne malienne et gynécologue-obstétricienne franco-libanaise

    Inna Modja, victime de l´excision à l'âge de 4 ans, est la marraine de la Maison des femmes, créée par Ghada Hatem au nord de Paris. De nouvelles salles d'accueil vont y être inaugurées pour les milliers de femmes victimes de mutilations et de violence.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne,

    fondatrice de la Maison des Femmes.

    A vos côtés, Inna Modja, la comédienne, la chanteuse,

    qu'on aime, et qui est la marraine de cette Maison des Femmes,

    et demain, et bien, vous allez lancer un grand message toutes les 2.

    Cette Maison des Femmes qui est à côté de Paris,

    qui accueille des femmes victimes de violences,

    et bien, cette grande maison a de (...)

    Bonjour Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne,

    fondatrice de la Maison des Femmes.

    A vos côtés, Inna Modja, la comédienne, la chanteuse,

    qu'on aime, et qui est la marraine de cette Maison des Femmes,

    et demain, et bien, vous allez lancer un grand message toutes les 2.

    Cette Maison des Femmes qui est à côté de Paris,

    qui accueille des femmes victimes de violences,

    et bien, cette grande maison a de l'ambition pour les femmes.

    Oui, nous avons de l’ambition ?

    Ah oui, on a une grande ambition,

    on a envie de pouvoir répondra à la demande de femmes victimes de violences,

    peu importe d'où elles viennent, quelle est leur classe sociale, leur nationalité,

    et Ghada est l'instigatrice de ce beau projet, de cette belle maison

    qui, en plus de 1 an, a fait 11 mille consultations déjà…

    C’est incroyable, c’est 35 consultations par jour de femmes victimes de violences,

    Ghada Hatem.

    Oui, c'est la moyenne, ça dépend un petit peu des gens qui sont là pour consulter,

    oui, si on prend en compte les violences conjugales,

    les demandes pour avortement, et les demandes pour excision,

    on atteint 35 à, parfois, 50 femmes par jour.

    Oui, ce sont des femmes qui viennent vous voir, qui n'ont pas d'autres recours.

    Ça serait prétentieux. Il y a d'autres recours.

    Notre offre, elle est originale en ce sens qu’elle est holistique,

    c'est-à-dire qu’elle prend en charge tout le processus,

    et qu'elle est sans condition.

    C’est un guichet unique, vous arrivez,

    vous avez un besoin, vous avez un problème,

    il y a immédiatement quelqu'un qui peut vous recevoir,

    écouter votre demande, l'analyser, et vous proposer un parcours,

    et c'est çà qui en fait la force.

    Oui, ce qui est incroyable, Inna Modja,

    c’est qu’en 1 an, on s'est rendu compte que cette maison était trop petite,

    il y a tellement de femmes victimes.

    Malheureusement, oui, et c’est pour ça qu’au mois de novembre,

    on a lancé une campagne GoFundMe pour agrandir la Maison des Femmes.

    Et maintenant, Ghada a l'ambition d'ouvrir une maison des femmes

    dans d'autres villes en France, donc moi je la suis, je la suis toujours.

    Oui. C'est possible ça, de faire une chaîne,

    comme ça, de maison des femmes partout.

    Tout est possible.

    C'est une question de moyens, d'engagement, de choix politique.

    Monsieur Macron a fait un magnifique discours le 25 novembre,

    il a promis 10 maisons expérimentales,

    on aimerait beaucoup que ce projet démarre,

    et certains soignants nous ont contactés d'autres régions,

    en nous demandant "comment vous avez fait ?

    On aimerait faire comme vous, est-ce que vous pouvez nous aider ?"

    Donc, on s'est dit, mais pourquoi ne pas faire profiter les gens

    de cette expertise qu'on commence à avoir,

    parce que la maison a ouvert il y a 18 mois,

    mais moi, ça fait 4 ans que je fais du plaidoyer, que je lève des fonds, que je m'agite,

    et j'ai fait, j'ai pris des coups, j'ai appris,

    et je peux aider d'autres gens à aller plus vite et mieux.

    Donc je me dis pourquoi ils ne s’en serviraient pas.

    Oui, on a vu une photo derrière là Inna Modja,

    c'était la campagne "Le pied dans la porte",

    et on voit d'ailleurs Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte,

    mettre le pied dans la porte, pour ne pas que la porte se referme.

    Oui. Pour nous, c'était un vrai challenge de …

    C'était un vrai défi de pouvoir avoir le maximum de gens

    investis dans cette campagne pour obtenir des fonds

    pour agrandir la Maison des Femmes,

    et surtout, avoir le soutien des gens

    dans la lutte contre les violences faites aux femmes,

    que chaque personne puisse s’investir,

    partager le défi ou aussi donner des sous, parce qu’on en a besoin.

    Et là, dans cette nouvelle campagne qu'on va bientôt lancer

    pour aider à avoir plusieurs maisons des femmes.

    Malheureusement, on ne fera que répondre à une demande qui existe, tristement.

    Oui. Tristement cette demande est là, ce besoin est là.

    Vous êtes obstétricienne, vous êtes gynécologue,

    vous savez combien ces femmes souffrent, comme il y a de femmes qui souffrent.

    Il y a beaucoup de femmes qui souffrent,

    et toutes les souffrances ne sont pas de même nature,

    mais elles sont tout à prendre en compte,

    et moi, ce que je me dis, c’est qu’on est dans cette société un peu égoïste,

    un peu en manque de sens, et on est tous malheureux.

    Alors, si chacun faisait un petit peu ce qui pouvait autour de lui,

    dans son périmètre d'action,

    et c'est ce que j'ai fait, et c'est que Inna nous aide à faire,

    on irait beaucoup plus loin, et ça ne demande pas énormément d'investissements.

    Si chacun donne un peu, un peu d'argent, un peu de son temps,

    on a beaucoup de bénévoles qui viennent faire

    des tas de choses extraordinaires à nos femmes,

    et si ce modèle pouvait être reproduit un peu partout en France,

    je crois qu'on serait moins seul, on serait moins triste, on serait plus généreux,

    donc fatalement plus heureux.

    Et puis conseiller ces femmes,

    aussi leur dire ce qu'elles peuvent faire dans la solitude, parfois,

    des violences où elles se trouvent.

    C'est ça que je trouve extraordinaire,

    parce qu’on a vraiment l'impression d'assister à un changement,

    à une modification des règles dans la société, d'une évolution,

    et beaucoup de gens me disent "mais, comment je peux faire pour aider,

    pour lutter contre les violences faites aux femmes ?"

    Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas,

    et donc avec les campagnes, il n’y a pas mal de gens qui ont senti

    qu'ils pouvaient enfin faire quelque chose qui était à leur portée,

    et que ce soit sur les réseaux sociaux,

    et c'est une façon plus moderne d'engager les gens.

    Mais il y a un nouveau vent qui souffle, et ça fait du bien.

    C'est aussi une façon de dire combattre aussi ces violences à la source,

    empêcher qu'elles se produisent aussi.

    Et en limiter les conséquences.

    Je crois qu’il y a une chose qui m'embête un peu,

    c'est qu'on reste sur "oui, c'est les femmes, c’est les femmes qui sont victimes".

    Je pense que tout le monde est victime.

    Je pense que les enfants des femmes victimes de violences sont victimes,

    je pense que ces enfants-là peuvent reproduire aussi des choses,

    et que c'est une chaîne sans fin,

    et qu’on aimerait un petit peu la tarir, l'arrêter à la source.

    Et cette campagne, nous l'avons appelée "Nous sommes toutes des héroïnes ",

    mais le message que je voudrais faire passer,

    c'est qu’un homme est une héroïne comme les autres,

    et nous serions très heureux que les hommes s'engagent à nos côtés,

    parce que ce n'est pas qu'une affaire de bonnes femmes.

    Oui, c’est très important d'impliquer aussi les hommes,

    parce que c'est une affaire de société,

    ce n'est pas juste un problème de femmes, par les femmes, pour les femmes,

    c'est vraiment on y gagne tous à avoir une société plus juste et plus équilibrée.

    Et moi, je crois dans des hommes féministes,

    je crois dans des hommes qui deviennent des héroïnes, comme toutes les autres,

    et qui s'investissent à nos côtés pour une société sans violence basée sur le genre.

    Oui, ça, c'est l'appel de cette maison des femmes,

    c'est aussi l'idée qu’un jour, on n’en ait plus besoin.

    C’est ça l’espoir, finalement ?

    Bien sûr. Si un jour, on n’avait plus besoin de s'interroger sur le genre,

    si on n’avait plus besoin d'un Ministère des Droits des Femmes,

    parce qu’il y aurait juste des droits humains, et qu'on aurait tous les mêmes,

    mais ça serait un rêve.

    Je ne sais pas si on le verra, toi peut-être tu es jeune.

    Mais, en tout cas, dans la mesure de notre possible,

    on va faire tout ce qu'on peut pour, à notre échelle déjà,

    essayer d'améliorer les choses autour de nous,

    et puis, ça s'agrandit de plus en plus.

    Mais on voit aujourd'hui dans le monde

    qu'il y a beaucoup de gens qui commencent à s'investir,

    il y a des gens qui s'éveillent aussi,

    il y a des gens qui n'étaient pas forcément conscients

    du fossé qu’il y a entre les droits des femmes et des hommes.

    Merci Ghada Hatem, donc fondatrice de cette Maison des Femmes et merci Inna Modja, la marraine.

    Merci.

    Pour que ces maisons accueillent et continuent d'exister de plus en plus. Merci beaucoup d’avoir été avec nous.

    Merci de nous avoir reçues.

    Merci.

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