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  • L'invité

    Latifa Ibn Ziaten, Cyril Brody

    Invités : Latifa Ibn Ziaten, Cyril Brody.

    La mère d'une des victimes du terroriste Mohammed Merah est devenue aujourd'hui une icône de la paix pour le combat qu'elle mène contre l'intolérance et la haine. C'est ce combat inlassable qu'a filmé le réalisateur Cyril Brody dans un film très émouvant « Latifa, le coeur au combat ».

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    -Latifa IBN ZIATEN, Cyril BRODY, réalisateur. Latifa, Le cœur au combat, c’est un film événement qui retrace le parcours, pendant 1 an, il vous a suivi ce réalisateur qui est à vos côtés, Latifa IBN ZIATEN, vous qui êtes devenu un peu la mère courage, qui allez voir les jeunes dans les quartiers difficiles depuis que le 11 mars 2012 Mohammed MERAH a tué votre fils bien-aimé Imad IBN ZIATEN. En ce moment il y a le procès d’ailleurs de son frère… de Mohammed MERAH, vous y allez à ce procès ? Vous (...)

    -Latifa IBN ZIATEN, Cyril BRODY, réalisateur. Latifa, Le cœur au combat, c’est un film événement qui retrace le parcours, pendant 1 an, il vous a suivi ce réalisateur qui est à vos côtés, Latifa IBN ZIATEN, vous qui êtes devenu un peu la mère courage, qui allez voir les jeunes dans les quartiers difficiles depuis que le 11 mars 2012 Mohammed MERAH a tué votre fils bien-aimé Imad IBN ZIATEN. En ce moment il y a le procès d’ailleurs de son frère… de Mohammed MERAH, vous y allez à ce procès ? Vous le ressentez ?

    -Oui, j’y vais pratiquement tous les jours et c’est trop dur, c’est trop dur à vivre. On a attendu ce procès, ça fait 5 ans qu’on l’attend et on attend que la lumière soit faite, que la justice soit faite.

    -Oui, quelle impression il vous fait dans le box ?

    -C’est vraiment quelqu’un qui… Il est sur une autre planète. Il n’est pas sur la mienne, un autre monde. Il est vraiment absent, totalement. C’est ça, l’effet qu’il me fait moi personnellement.

    -Cyril BRODY, vous avez suivi Latifa IBN ZIATEN, pendant 1 an pour ce film.

    -Oui. On était deux avec Olivier PEYON et ça a été une grande aventure, vraiment. C’était un peu une façon de… À la fois de s’accrocher à un destin, à une histoire et aussi, par son intermédiaire, d’aller faire un voyage en France, en fait. De découvrir la France d’aujourd’hui, de prendre conscience des grands sujets qui la traversent et d’essayer peut-être d’utiliser Latifa pour faire ce portrait de la France aujourd’hui.

    -Latifa, Le cœur au combat, regardez.

    « Ça ne vous dit rien MERAH ?

    Bien sûr parce que ça fait 3 ans.

    Mohammed MERAH, c’est celui qui a tué tes enfants dans une école.

    Tout à fait.

    Il a tué mon fils. Il a tué mon fils froidement.

    (langue étrangère)

    Il y a un problème avec nos jeunes. Ils ont besoin d’aide. Moi je ne suis pas une femme politicienne, juste une mère de famille qui a fondé cette association et chaque jeune qui a besoin d’aide, je l’aide. »

    -C’est un incroyable combat que vous menez Latifa IBN ZIATEN, incroyable combat pour convaincre.

    -Oui.

    -À chaque fois recommencer à 0. Vous le faites en mémoire de votre fils.

    -Mon fils il pourrait aider cette jeunesse. Cette jeunesse qui est livrée à elle-même, qui a besoin d’écoute, besoin d’amour, besoin d’aide et aujourd’hui c’est ma mission. Je dois le faire. C’est pour faire vivre Imad mon fils, il sera toujours là. Il est toujours avec moi et quand je vois cette jeunesse, pas d’espoir certain, pas de rêves, ça m’inquiète, alors je suis obligée…

    -Oui.

    -De ne pas lâcher.

    -Des fois, et vous en avez été témoin Cyril BRODY, elle affronte, Latifa IBN ZIATEN, parfois les jeunes incrédules ou ricanants qui ne comprennent pas.

    -Oui il y en a, c’est vrai, il y a toujours eu, il y a un temps, peut-être aussi d’adaptation à sa présence, mais quand même majoritairement ce qu’on constate c’est qu’il y a, justement l’effet qu’elle produit en fait. Pour nous en tant que cinéastes, c’était toujours une surprise en fait de voir l’effet qu’elle provoque.

    -Oui, il y a ces jeunes, qui désormais au nom de Imad, ont envie aussi de se battre avec vous contre l’intégrisme, contre l’intolérance, c’est ça qui vous donne l’espoir Latifa IBN ZIATEN ?

    -Bien sûr, chaque soutien d’un jeune quand je le vois, il me dit : » Madame, vous êtes notre mère, on est tous des Imad. » Alors, ça me donne plus de courage de continuer et je resterai jusqu’au bout, jusqu’à la fin de ma vie.

    -On va revoir des extraits, des images de ce film formidable, Le cœur au combat et vous parcourez le monde. Vous l’avez suivi, alors on la voit évidemment, vous l’avez dit dans des centres de détention, des centres de jeunes en déshérence, même en Israël, affronter à chaque fois ce besoin de convaincre. Cyril ?

    -Oui, c’est vrai que moi, ce que j’ai trouvé très fort chez Latifa, c’est cette volonté de ne pas rester une victime en fait. C’est quelqu’un qui a été… Qui est victime par la force des choses, par la vie parce qu’elle a perdu son fils, mais elle a décidé d’en faire de l’action et je pense que c’est ça qui est le plus fort et qu’elle transmet d’ailleurs le mieux à ceux qu’elle rencontre. C’est-à-dire cette idée qu’on peut tous faire quelque chose à l’endroit où on est, quel que soit ce qu’on a subi, ce qu’on a vécu. Ce n’est pas parce qu’on est en Israël ou parce qu’on est en Palestine qu’on doit se soumettre à un état des choses des territoires dans lesquels on habite. On peut agir, chacun.

    -Oui, vous avez toujours été une battante de liberté, Latifa ?

    -Oui.

    -Vous êtes née au Maroc, votre frère a voulu vous marier avec un homme qui est… Que vous n’aviez pas choisi. Vous êtes partie, vous vous êtes enfuie avec l’homme que vous aimiez. Vous êtes… vous êtes finalement une rebelle quelque part.

    -J’étais toujours… Grandi dans une famille quand même, ma mère est toujours se battait pour la liberté, ma grand-mère, alors… c’est l’éducation que j’ai vécue et je l’ai maintenant aujourd’hui, je ne peux pas être commandée, ou voilà. J’aime la liberté, j’aime donner la liberté aux autres.

    -Oui.

    -J’aime aider et puis j’ai élevé mes enfants… la même chose quand je vois Imad, tout ce que j’ai donné à mon fils et je disais : « il ne faut jamais baisser les bras. » Et quand il y a l’assassin en face de lui, il lui dit : « Mets- toi à genoux ! » Imad, il ne s’est pas agenouillé, il est resté debout. Et ça, c’est un grand message qu’il a laissé pour moi et voilà, c’est… Je dois continuer, je dois rester debout.

    -Oui.

    -Je dois défendre cette liberté, cette… ce rêve, ce… l’espoir aux jeunes. Voilà ! Travailler avec l’éducation c’est très important.

    -Oui.

    -Pour notre pays.

    -Cyril, son papa lui avait refusé l’école, à Latifa.

    -Aujourd’hui elle y va tous les jours.

    -Elle y va tous les jours, maintenant.

    -Oui.

    -Elle va aller rencontrer ses gamins.

    -Oui, elle a une énergie très fascinante en fait parce que quand on la suit au quotidien, on voit que c’est… vraiment c’est… ça remplit complètement son existence aujourd’hui d’aller dans une école le matin, l’après-midi dans un centre de détention, le soir c’est les parents, le reste du temps c’est les politiques, parce qu’il y à aussi tout ce travail qu’elle fait. Ce n’est pas seulement d’aller convaincre des jeunes ne pas se radicaliser, c’est aussi d’aller voir les politiques en disant « il faut faire quelque chose pour ces territoires qui sont laissés de côté ». Je pense que le fondement de son action c’est quand même d’avoir dit à un moment donné « Attention, il peut y en avoir d’autres des MERAH, mais il faut les sauver, il ne faut pas les accuser, il faut les sauver, il faut trouver un moyen de leur donner une place dans la république et une place dans la société ». Et je pense que c’est dans ce sens-là aussi que Latifa est emblématique, c’est une républicaine. Elle se bat pour mettre à la hauteur, juste et légitime, les valeurs de la république qui sont la liberté, l’égalité, la fraternité.

    -Oui, mais Latifa IBN ZIATEN le film, qui est formidable, il faut le dire, il est très émouvant qui s’appelle Le cœur au combat. C’est le combat et c’est le cœur.

    -Tout à fait.

    -C’est vous ça ?

    -Oui, c’est mon cœur, c’est moi… c’est mon combat aujourd’hui. Mon combat de la paix, de vivre ensemble. Il ne faut pas avoir peur surtout… d’aller, d’avancer.

    -Aller rencontrer ces gamins.

    -Ces jeunes, tout à fait.

    -Ils vous touchent à chaque fois, même quand ils sont déjà perdus, parfois peut-être ils veulent basculer, vous le sentez ?

    -Oui, c’est pour ça que je suis là pour les sauver, c’est que je peux… Je fais ce que je peux pour les sauver. Je ne peux pas laisser un jeune glisser et je m’en vais. Je dois aider parce que c’est un jeune, il est né comme tous les… comme chaque enfant. Alors quand on est touché par cette fragilité, cette sensibilité, eh bien il faut tendre la main pour les sauver. On ne peut pas dire « on ne peut rien faire ». On peut faire beaucoup de choses pour un enfant. De l’aimer, les écouter et qu’on ne fait pas la différence, on est tous pour l’humanité et on est tous républicains, on est tous citoyens. On aime la république, on aime la France, alors il faut la défendre aujourd’hui. Chaque citoyen, il peut donner 3 % de soi pour aider cette jeunesse, aujourd’hui.

    -Merci beaucoup Latifa IBN ZIATEN.

    -Merci à vous.

    -Ce film, vraiment je vous le conseille. Latifa, Le cœur au combat, donc coréalisé par Olivier PEYON et vous, Cyril BRODY. Merci infiniment à tous les deux d’être venus aujourd’hui sur TV5 Monde.

    -Merci à vous.

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    00:08:28
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