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  • L'invité

    Manu Dibango

    Invité : Manu Dibango, saxophoniste et chanteur camerounais.

    Manu Dibango rend hommage à Hugh Masekela, trompettiste sud-africain de jazz, qui vient de disparaître.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Mani Dibango.

    Bonjour.

    Quelle émotion de rendre hommage a Hugh Masekela. Quel artiste !

    Hugh Masekela, un des plus grands trompettistes du continent quand même,

    non seulement d'Afrique du Sud, mais réellement du continent.

    Il vient de nous quitter à Johannesbourg.

    Il a tant marqué l'histoire et son temps.

    Il a marqué tout le monde dans la musique

    parce que c'est toujours diffic (...)

    Bonjour Mani Dibango.

    Bonjour.

    Quelle émotion de rendre hommage a Hugh Masekela. Quel artiste !

    Hugh Masekela, un des plus grands trompettistes du continent quand même,

    non seulement d'Afrique du Sud, mais réellement du continent.

    Il vient de nous quitter à Johannesbourg.

    Il a tant marqué l'histoire et son temps.

    Il a marqué tout le monde dans la musique

    parce que c'est toujours difficile d'être instrumentiste en Afrique et d'être devant.

    Ce sont toujours les chanteurs et les chanteuses qui sont devant.

    Il a fait sa carrière devant. Un grand bonhomme.

    Un parcours à faire un film.

    C'est incroyable. On va voir des images, c'est en mai 2014.

    Je crois que c'est la dernière fois sur scène avec lui.

    C'est la dernière fois avec Masekela, c'était au Maroc à Mawazine.

    On s'est vu à des années très rapprochées,

    une fois au Maroc, une fois à Sète.

    On se connaissait tellement depuis longtemps.

    On se connaissait depuis le début des années 70.

    On a vécu ensemble à New-York.

    J'habitais le 15e, il habitait le 11e.

    On s'est fréquenté parce que parmi les musiciens africains,

    on est les souffleurs,

    lui aux bulles, à la trompette, moi au saxo, à être un peu devant

    parce que d'habitude, ce sont toujours les chanteurs et les chanteuses.

    Sa vie, c'est vraiment une vie à faire un biopic quand même.

    Regardez ces images émouvantes.

    Là, il se passe quelque chose sur scène.

    Qu'est-ce qu'on ressent Manu ?

    Il y a une communion. On s'amuse.

    On fait les musiciens qui donnent libre cours à leur truc.

    Naturellement, il y a un thème mais on peut broder autour.

    C'est le côté jazz que les uns et les autres on avait.

    Qu'est-ce qui faisait que vous vous entendiez si bien ?

    J'ai presque envie de dire que vous étiez des frères, tous les deux.

    Encore une fois, nous sommes des souffleurs.

    On est parti sur les instruments.

    L'idée, c'est de faire chanter les instruments

    parce que c'est une voix, pas naturel.

    C'est le propre de l'homme de déléguer la voix naturelle sur un instrument.

    Simplement, on chante tous les deux, mais chacun avec un instrument.

    Manu, une amitié profonde; et un grand respect pour cet homme

    qui a tant fait pour l'Afrique du Sud,

    pour la lutte contre l'apartheid, en particulier.

    C'est un homme immense. Il n'est pas que musicien.

    C'est quelqu'un qui était engagé à faire connaître son pays.

    Tout le monde connait l'histoire évidemment.

    Il y a une chanson d'ailleurs où il parle qu'il rêve un jour

    que Mandela sortira de prison, qu'il ira à Soweto.

    Pendant cette histoire-là,

    on faisait des concerts ici avec des bandeaux "Free for Mandela".

    Chacun a lutté pour Mandela là où il était,

    mais lui était en avant-garde parce que lui, premier époux de Miriam Makeba.

    Extraordinaire. Avec laquelle vous avez joué aussi Manu.

    Voilà, les deux. Nous avons eu des parcours.

    Et puis ils sont partis aux Etats-Unis.

    Ils ont fuit. Ils étaient interdits de chez eux.

    J'ai eu la chance de ne pas être interdit, ni ici, ni chez moi.

    Vous voyez, c'est terrible. Ils avaient ce poids sur le dos.

    En même temps, ce sont des artistes de top niveau.

    Ils ont fait connaître et ouvrir une fenêtre

    à la situation qui était la situation de Mandela et de son pays

    pendant des décennies et des décennies.

    La première ambassadrice de l'Afrique du Sud à Paris,

    c'était la petite soeur de Hugh Masekela.

    Elle s'appelait, elle s'appelle toujours Barbara.

    Je pense beaucoup à elle aujourd'hui.

    Bien sûr Manu.

    C'était à Sète Fiest'A, en août 2012.

    On va revoir encore des images.

    C'est tellement bon de vous voir ensemble,

    avec Hugh Masekela, en train de jouer.

    Ce sont des images amateurs.

    Ce sont des images qui nous touchent, qui vous touchent Manu.

    On ne peut pas exprimer autre chose que quand vous êtes connu,

    et que la douleur de la séparation ultime, la dernière séparation,

    mais comme on dit (inaudible) corps et âme,

    le corps peut disparaître, mais l'esprit est toujours là.

    Au moins, les images témoignent du respect de l'amitié,

    de la fraternité qu'on avait entre nous.

    Regardez.

    Comme on dit, ça groove.

    Ça groove sec.

    Ça se passe bien, parce que derrière ça, il y a l'Afrique.

    Il a parcouru toute l'Afrique, pendant qu'il était à l'étranger,

    ça lui a donné l'occasion de s'ouvrir sur tout le continent.

    Il a été en Côte d'Ivoire, au Cameroun, il a été partout.

    D'ailleurs, il parlait un français un peu spécial.

    Il a fait des chansons en français.

    Mais je vous assure que c'était quelqu'un,

    on a l'habitude de dire l'être le plus extraordinaire que j'ai connu.

    C'était dans Selection, à l'époque, Reader's Digest.

    Il avait tenu ( inaudible), l'être le plus extra.

    Parmi les êtres que nous avons eu la chance,

    que j'ai eu la chance de connaître,

    j'ai connu un grand d'Afrique, un très grand homme.

    Derrière sa trompette, il y avait l'homme,

    et l'homme était vraiment panafricaniste et amoureux de son continent,

    et tout simplement, amoureux de l'être humain.

    C'est formidable.

    "Grazing in the Grass",

    c'est un morceau qui s'est vendu à des millions d'exemplaires.

    Le premier tube.

    Un tube énorme.

    C'était avant Makossa.

    Il faut le dire, parce que ça c'est à la fin des années 60.

    A l'époque, il y avait Masekela aux Etats-Unis,

    et puis il y avait un groupe qui s'appelait aussi Missal, et qui était à Londres.

    C'était un mélange de Nigériens et de Ghanéens.

    C'est lui le premier… Ah, il était beau en plus.

    C'était le premier, disons, qui a éclos, qui est sorti de l'Afrique,

    parce que, tu sais la domination américaine dans le show-business quand même,

    mais lui, il a pu faire une piste, tracer une piste.

    On le reconnaissait, en plus il avait un timbre, il avait une sonorité,

    il avait une articulation assez spéciale.

    A la première note de trompette,

    tu savais que c'était ou Louis Armstrong, ou Miles Davis, ou Masekela.

    La personnalité sortait comme ça. On le reconnaissait.

    Et puis alors, un humour, oh la la. Un humour.

    Ecoutez cette trompette-là inoubliable.

    La trompette d'Armstrong qui était chez lui quand t'arrivais.

    Une belle maison qu'il avait achetée à…

    Il avait la trompette de Louis Armstrong. C'est Amstrong qui lui a offerte.

    Armstrong lui a offert une trompette,

    c'est dire que quand il arrivait aux Etats-Unis, un petit Africain,

    qu'il s'est frayé quand même avec son talent.

    Il faut dire quand même une chose, c'est qu'il avait du talent.

    Merci Manu Dibango pour ce magnifique hommage à Hugh Masekela.

    Merci à vous.

    Merci beaucoup.

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    00:08:13
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