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  • L'invité

    Mélanie Thierry

    Invitée : Mélanie Thierry, actrice française.

    Mélanie Thierry est à l'affiche du film d'Emmanuel Finkiel "La Douleur", où elle incarne la romancière Marguerite Duras.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Elle explose littéralement dans ce film d'Emmanuel Finkiel appelé "La douleur". Bonjour Mélanie Thierry.

    Bonjour.

    On est ravi de vous accueillir ici sur le plateau de TV5 Monde pour se dire ce film est extraordinaire, on est en pleine Seconde Guerre mondiale, l'adaptation d'un livre de Marguerite Duras, et à l'écran, vous êtes Marguerite, ce personnage incroyable.

    Oui, c'est un… c'est une personne avant tout, je crois, c'est Duras avant qu'elle ne soit D (...)

    Elle explose littéralement dans ce film d'Emmanuel Finkiel appelé "La douleur". Bonjour Mélanie Thierry.

    Bonjour.

    On est ravi de vous accueillir ici sur le plateau de TV5 Monde pour se dire ce film est extraordinaire, on est en pleine Seconde Guerre mondiale, l'adaptation d'un livre de Marguerite Duras, et à l'écran, vous êtes Marguerite, ce personnage incroyable.

    Oui, c'est un… c'est une personne avant tout, je crois, c'est Duras avant qu'elle ne soit Duras, même si on a une voix comme ça off, qui nous… qui nous aide à traverser toute cette douleur et interminable attente, mais je… j'avais la sensation qu'on était plus dans le portrait d'une jeune femme comme ça qui traverse l'occupation, la libération, et que Duras était à l'aube de tout ça, qu'elle pointait par cette voix off, mais qu'on s'attachait davantage à cette personne-là.

    Cette douleur c'est celle de l'absence, de l'homme qu'elle aime, qui donc est arrêté, un grand résistant comme elle, et qu'elle attend, on est en 1944. Regardez "La douleur", Emmanuel Finkiel.

    (extrait film)

    Incroyables tous ces personnages, et au milieu, il y a Marguerite. Évidemment, il y a l'attente de cet homme qui a été arrêté qu'elle aime au fond, même s'il y a un autre homme dans sa vie, et même si aussi elle va croiser la vie d'un homme engagé avec la Gestapo.

    C'est une personne complexe. À la fois elle va devoir mettre son mari au placard un temps pour la cause et entretenir comme ça une relation un peu trouble, un peu ambiguë, avec une certaine forme d'attraction, avec un collabo, à jouer un jeu de chat et de souris. Et puis, en même temps…

    Oui. Pour avoir des informations aussi.

    Pour avoir des informations et puis parce que c'est une femme avec un esprit aussi assez aventureux.

    Oui.

    Alors, elle peut faire preuve parfois un peu d'imprudence comme ça.

    Il y a cette présence de l'absent. C'est-à-dire cet homme au fond qui a été arrêté, dont elle n'a pas de nouvelles, elle ne sait même pas s'il est encore en vie, mais il est présent.

    C'est cette douleur à la fois à plusieurs tiroirs, où on se retrouve à devoir… à ce que l'absent ait une telle présence comme ça assez suffocante parfois. Et puis, en même temps, avec le temps, elle va se rendre compte qu'elle va se détacher. Et c'est… ça lui est assez insupportable.

    Oui. Il y a cette question d'ailleurs qui lui est posée à un moment "êtes-vous plus attachée à votre mari ou à votre douleur ?"

    Ben c'est-à-dire qu'il ne faut pas perdre de vue qu'on est quand même dans la tête et dans la pensée d'un écrivain, qu'il faut bien se nourrir de quelque chose et pouvoir après l'écrire. Alors, ça peut paraître assez laid de devoir accorder tant d'importance à un côté un peu narcissique et égoïste de devoir se… d'être dans un autoapitoiement parfois. Et en même temps ça va être un combat et comme ça quelque chose où elle restera vigoureuse, et proche des autres femmes aussi.

    Oui.

    Parce qu'elle n'est pas la seule. Et c'est assez difficile de se dire la libération a eu lieu, Paris est une fête, et à la fois les hommes ne reviennent pas.

    Les comédiens sont formidables. Benjamin Biolay est là qui interprète évidemment cet amant qui était l'ami de Robert Antelme qu'elle attend. Et puis il y a Benoît Magimel fascinant dans ce personnage ambigu, et Gestapiste on va dire, collabo.

    Oui, il est fascinant par… de par son côté à la fois si vulnérable et en même temps si monstrueux, et ce trouble qui va se lier entre eux.

    Oui. Quand on pense à Marguerite Duras, à ses livres, à son œuvre, cette œuvre-là, ce livre-là, c'est quelque chose de presque un peu mystérieux au fond, ambigu, et que.. qu'elle dit avoir découvert un jour dans un tiroir.

    Alors, ça, ce n'est peut-être pas tout à fait juste. Emmanuel, il souhaitait faire une adaptation du livre. Après on sait que Duras a certainement réécrit dessus, qu'elle n'a pas publié le récit tel quel dans les années 80. Donc on était face à une héroïne finalement. Et c'est de là où il a pu aussi se libérer de quelque chose et de ne pas être dans un biopic et de pouvoir avoir… être dans sa subjectivité. Mais… voilà, là je me perds, mais je vais peut-être retomber sur mes pattes.

    Oui. Non mais c'est vrai. Et Duras a dit un jour "la littérature me fait honte". Vous avez vu ça.

    Mais c'est parce qu'elle, enfin c'est ce que je crois, elle tente de nous faire croire qu'elle n'aurait pas réécrit sur ses cahiers. Pourquoi ? Parce qu'elle garde quelque chose comme ça d'instinctif, de… comme un élan, comme un dernier souffle. Quelque chose qu'elle n'aurait pas retouché pour pouvoir garder toute la pureté et toute la singularité de son récit. Après, on sait qu'elle était bien plus trouble que ça et que… elle se… elle est beaucoup plus comme ça.

    Ambiguë. Et c'est ça qui fait qu'elle est un personnage de cinéma aussi. Et incroyable à jouer. Comment on se prépare à un rôle comme ça Mélanie ?

    Comment on se prépare ? Ben déjà j'ai eu de la chance de pouvoir avoir un peu de temps pour pouvoir faire mes devoirs, être un petit soldat qui se plonge dans Duras, et puis ensuite, c'est à la fois chercher dans… c'est-à-dire que j'étais un peu plus décomplexée de ne pas avoir à être dans une certaine forme d'imitation, et d'avoir juste à trouver quelque chose d'un peu durassien, quelque chose qui fasse appel à ça, mais sans m'enfermer dans un carcan, et puis de me l'approprier totalement et d'y mettre toute mon intimité je crois.

    Oui, c'est vrai, je dis l'incarnation est incroyable. D'ailleurs la critique est unanime. C'est un grand grand rôle pour vous. C'est… c'était….

    Ah mais c'était un rôle immense.

    On vous voit là. On voyait une photo de vous dans ce film, vous êtes… ben vous vous donnez à fond, complète. C'est rare de voir une comédienne comme ça.

    Mais parce que c'est un metteur en scène qui te permet de te jeter à l'eau et de… et d'avoir comme ça quelqu'un qui t'enveloppe d'une tendresse et qui te…. et où on est dans une confiance et dans un abandon total. Et puis il faut avoir un maître pour pouvoir nous accompagner, parce qu'on peut donner tout ce qu'on peut, s'il n'y a personne pour nous diriger, nous regarder et avoir comme ça un œil et une telle maîtrise, on n'est pas grand-chose.

    Ouais. C'est à la fois jouer la fragilité et la force. C'est ça qui est fascinant dans ce personnage, il y a les 2.

    Ben, on essaye toujours d'y mettre un peu les 2. Il faut qu'il y ait un peu d'épaisseur, sinon ce n’est pas très marrant.

    Merci beaucoup Mélanie. C'est un très beau film, très grand film "La douleur". Grand grand cinéma. On est ravi de vous avoir reçue aujourd'hui. Allez voir ce film, "La douleur" d'Emmanuel Finkiel. Merci Mélanie Thierry.

    Merci.

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    00:08:21
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