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  • L'invité

    Dick Rivers

    Invité : Dick Rivers, chanteur français.

    Icône du rock à la française, Dick Rivers fête ses 55 ans de carrière avec la sortie d´un triple album et d'un double vinyle "5/5".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Il est la passion du rock'n'roll. Dick Rivers, c'est le rock'n'roll à la française, l'un de ceux qui ont fait aimer le rock en France, Dick, depuis 55 ans. Je dis 55, parce qu'évidemment, c'est le titre d'une compilation étonnante, cinq-cinq quoi. Oui, cinq sur cinq, comment vous me recevez ? Cinq sur Cinq, tu vois ? C'est…

    On a toujours reçu le rock cinq sur cinq. C'est la passion de gamin, grandi à Nice, qui a rêvé un jour de faire du rock.

    Absolument. C'est une que (...)

    Il est la passion du rock'n'roll. Dick Rivers, c'est le rock'n'roll à la française, l'un de ceux qui ont fait aimer le rock en France, Dick, depuis 55 ans. Je dis 55, parce qu'évidemment, c'est le titre d'une compilation étonnante, cinq-cinq quoi. Oui, cinq sur cinq, comment vous me recevez ? Cinq sur Cinq, tu vois ? C'est…

    On a toujours reçu le rock cinq sur cinq. C'est la passion de gamin, grandi à Nice, qui a rêvé un jour de faire du rock.

    Absolument. C'est une question de génération. Je veux dire par là que moi, parce que j'étais à Nice. Mais, tu en avais qui étaient à Paris, tu avais Alain Bashung qui était du côté de Strasbourg, tu avais Gérard Depardieu qui était à Châteauroux. C'est un phénomène national, avec le petit retard qu'on avait toujours, les deux, trois ans qu'on avait sur les États-Unis. Sans se poser de questions. Allez, on va faire du rock'n'roll. Je vous propose de passer un moment ensemble avec Dick Rivers qu'on adore. "Faire Un Pont", Dick sur scène. De ton visage à mon village, y'a cette rivière qui coule toute l'année. Entre tes yeux et les miens qui pleurent, y'a ce fleuve qui s'amuse à nous séparer. Faire un pont, pour de bon, lui donner…

    Et ça, c'est le bayou, hein, "Faire un pont" ? Oui. C'est enregistré à Bogalusa, en Louisiane. Ce qui est incroyable, c'est la diversité des chansons, Dick Rivers. On parlait du rock, mais il y a le blues, il y a toutes les racines de la musique américaine ? Oui, la musique américaine. J'ai eu la chance, comme beaucoup de mes… enfin beaucoup non, comme ceux dont je parlais tout à l'heure, que ça soit Gérard Depardieu, que ça soit Alain Bashung, etc, j'ai eu la chance de côtoyer très, très jeune des Américains. Il y avait une base à Nice. À Villefranche-sur-Mer, il y avait une base. Il y avait la Navy américaine, il y avait les porte-avions, il y avait les destroyers. Et donc, aussi loin que ma mémoire remonte, j'ai toujours fréquenté des Américains. Alors quand on était tout petits, ils nous donnaient des chewing-gums, adolescents, ils nous donnaient des cigarettes… Ils étaient toujours là. Et donc, ils se sont toujours déplacés avec leur culture, si on peut appeler ça une culture.  C'était l'idée du rêve américain ? Qui va d'ailleurs vous amener à voyager aux États-Unis. C'est vrai qu'un jour vous croisez votre idole, qui est Elvis Presley, dans un ascenseur ?  Pas dans un ascenseur. Dans les coulisses, ce qu'on appelle le backstage, c'est-à-dire dans les coulisses de l'International Hotel à Las Vegas. Et pourquoi l'ascenseur ? C'est tout simplement parce qu'il y avait une sorte de couloir et lui ne se préparait pas dans sa suite, en haut de l'hôtel, il se préparait dans la loge, avec ses musiciens, tout ça. À chaque fois, il descendait par l'ascenseur. Moi, j'étais tout content. Les photos qui ont été faites, ont été faites devant cet ascenseur. Mais sinon, on a parlé pendant je ne sais pas, trois, quatre, cinq minutes, ça me semblait… C'était Dieu revenu sur Terre, pour vous ? Absolument, Dieu sur Terre, oui. C'est vrai ! En plus, c'est une époque où il était merveilleusement beau. 1969, c'était juste après le NBC TV Special, le fameux truc où il est en cuir noir et tout ça, où il revient sur scène. Et il y a eu deux périodes magiques, à mon avis, pour Elvis, physiquement, vocalement ça a toujours été formidable. Vocalement et physiquement, c'était 1954 jusqu'à l'armée, jusqu'à ce qu'il parte à l'armée. Et après cette période-là, 68, je dirais 72. C'est ça. Et alors donc vous, c'est le rêve. Écoutez cette chanson-là, par exemple, qui marque finalement le rêve de ces gamins. Vous nous parliez de Nice Baie des Anges, mais le rêve de faire un groupe de rock, à 17 ans. C'était quel âge quand vous chantez ça, ce qu'on entend là ? Écoutez. Ça fait partie de l'ambiance de Saint-Tropez C'est là que commencent toutes les danses qu'on lance en France Pour les vacances twist à Saint-Tropez Ça, c'était quoi ? Vous aviez, je disais, 17 ans ?

    15 ans. 15 ans ? Oui, c'est dans le premier 25 cm des Chats, j'avais 15 ans ou 15 ans et demi, je ne sais pas. Les Chats Sauvages. Ce qu'il y a de très drôle, ce n'est pas ça. Ce qu'il y a de très drôle, c'est que c'est une chanson qu'on n'a jamais chantée sur scène. Moi, il a fallu que j'attende les années 90, pour le chanter pour la première fois. Et cette chanson était une chanson, il en manquait une, pour le 25 cm. Et Jean-Paul Guiter, qui était notre directeur artistique, s'occupait de beaucoup de gens et notamment de Martial Solal, le fameux pianiste de jazz, on dit : "Ce n'est pas du jazz, c'est du Solal." Et il lui a demandé s'il n'avait pas une chans… il a fait cette musique, avec un texte d'Hubert Ithier, je crois, et ils me l'ont donnée comme ça, moi je détestais le twist. On l'a enregistrée presque… Ce n'est pas vraiment du rock, du coup !

    Pas du tout, non. Je n'aimais pas ce côté, justement, qui n'était pas rock. Si, en réalité c'est parce que je trouvais que c'était du rock, qu'on appelait du twist tout simplement pour une question de danse.

    Mais, ça devenir devenir un énorme succès ! C'est ça, qui est quand même chouette.

    Oui et non, mon cher Patrick. Parce qu'en réalité, cette chanson est un succès pas à l'époque, elle est devenue un succès après. Je ne sais pas comment je peux expliquer ça. Ce sont des groupes de rockabilly, des groupes internationaux qui ont repris cette chanson qu'ils trouvaient très rockabilly, et qui l'ont popularisée. Du coup, les radios ont recommencé à passer ce… Mais, Martial Solal me disait un jour que c'est la musique qui lui a le plus rapporté de toute sa carrière.

    Et vous devenez donc une légende du rock francophone. Voici donc l'album, la compil, c'est un double vinyle, puis il y a un triple CD. Ça commence par "Baby John". Oui, c'est le premier titre que j'ai fait seul, en 1962. Il y a "Rien que toi"… Oui, c'est au début. "Va-t'en, va-t'en", "Jéricho", Marilou", "Maman n'aime pas ma musique". "Marilou", c'était avec Alain, avec Bashung. "Maman n'aime pas ma musique", c'est vrai ça ? Maman n'aimait pas la musique à la maison. Non pas du tout, non non. Ça a été un gros succès, oui. Et puis "Je continue mon rock'n slow", "Roule pas sur rivers", "Cinderella". Vous finalement, vous donnez tout au public, sur scène, partout, vous transpirez, c'est une vie de rock tout le temps.  Mais, vous savez, je suis un éternel débutant. Le rock'n'roll, c'est ça. C'est se remettre en question en permanence, c'est ne pas trop se prendre au sérieux, enfin voilà. C'est ce que j'essaye d'être et de faire, depuis très longtemps maintenant.

    Allez, on vous a reçu "5/5", Dick Rivers. Merci, Patrick. Ça, c'est pour retrouver tous les titres. Et il y en a encore : "Le Montana", "Dans le ghetto" et puis tous les autres, tout ce qu'on aime chez vous. Dick Rivers, 55 ans de musique. Et un peu plus. Merci. Salut Patrick.

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    00:08:09
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