Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Hervé Berville

    Invité : Hervé Berville.

    La politique migratoire après la visite d´Emmanuel Macron à Calais, l´aide publique au développement, les prochaines visites à l´étranger du président de la République, la décision sur le nouvel aéroport Notre-Dame-des-Landes... Autant de sujets d´actualité qui seront abordés avec Hervé Berville, député des Côtes-d´Armor et porte-parole du parti LREM à l´Assemblée nationale.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Hervé Berville. Bonjour. Vous êtes député des Côtes-d'Armor, membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale et surtout, porte-parole de la République en marche, le parti du président de la République, Emmanuel Macron. Vous avez 28 ans, vous êtes né à Kigali. Eh bien le baptême du feu, c'est aujourd'hui pour le Premier ministre, l'annonce que finalement, cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne se fera pas. C'est une prise de risque de dire cela ?

    C (...)

    Bonjour, Hervé Berville. Bonjour. Vous êtes député des Côtes-d'Armor, membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale et surtout, porte-parole de la République en marche, le parti du président de la République, Emmanuel Macron. Vous avez 28 ans, vous êtes né à Kigali. Eh bien le baptême du feu, c'est aujourd'hui pour le Premier ministre, l'annonce que finalement, cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne se fera pas. C'est une prise de risque de dire cela ?

    C'est quelque chose de courageux. Quand on regarde la situation, qu'est-ce que c'était que cet aéroport, Notre-Dame-des-Landes, d'où on vient ? Il y a eu plus de 20-30 ans de tergiversations, on n'a pas pris de décision. Le Premier ministre a pris une décision aujourd'hui, qui est l'abandon de Notre-Dame-des-Landes et en même temps, de garantir un développement économique du Grand-Ouest, avec le développement des aéroports de Nantes-Atlantique, de Rennes ou aussi de Saint-Nazaire. Donc moi j'y étais favorable plutôt, à cet aéroport. Ce n'est pas un reniement ? Parce qu'on sait qu'Emmanuel Macron était plutôt favorable à cet aéroport. Oui, mais on a voulu prendre une décision et c'est pour ça que le Premier ministre, -et là, je salue vraiment la méthode-, a pris le temps de la concertation, de la consultation et prendre tous les facteurs. C'est qu'avant, on n'avait pas pris, -quand on a fait notamment la consultation-, l'alternative ; l'alternative, qui était le développement de Nantes-Atlantique, de Saint-Nazaire et de Rennes. Donc voilà, là, on avait enfin deux solutions, qui étaient équivalentes et le Premier ministre a fait un choix qui est courageux. Parce qu'il y a beaucoup de personnes qui vont être… Courageux et coûteux, parce qu'il va falloir indemniser notamment Vinci. Oui, mais les coûts étaient quasiment similaires. Et c'est un choix courageux, parce qu'il va y avoir beaucoup de mécontents. Moi je viens des Côtes-d'Armor, je suis élu des Côtes d'Armor, il y avait beaucoup de gens qui étaient plutôt favorables, je suis dans le Grand-Ouest. Et il va falloir vraiment faire en sorte qu'on garantisse le développement économique mais aussi, c'est un signal qu'on envoie, en disant : "Vous voyez, parfois on était critiqués sur la partie écologie-environnement, eh bien on prend nos responsabilités" et c'est une décision courageuse. Ce Premier ministre, ce gouvernement, a pris ses responsabilités et enfin, on a une décision et enfin, on peut avancer, on peut faire le développement et surtout, on évacue la ZAD d'ici le 31 mars, ça c'est important. Et si elle ne l'est pas totalement évacuée, ce sera par la force ? Oui.

    Exactement, exactement. On a posé les principes dès le début, donc ça ne change rien à nos objectifs. Nos objectifs, c'est le développement économique du Grand-Ouest, deuxièmement, protection de l'environnement et donc du coup, cet aéroport dans le bocage n'était forcément le bon signal et surtout, restauration de l'autorité de l'État. Alors hier, Emmanuel Macron était à Calais et là, c'est la politique du "en même temps". C'est-à-dire en même temps une politique humaine vis- à-vis des réfugiés, vis-à-vis des demandeurs d'asile et puis en même temps, une République ferme, une politique ferme, avec expulsion accélérée de ceux qui n'ont pas vocation à rester en France.

    Oui. Tout d'abord, je voulais dire que moi, je…et beaucoup de nos collègues à la République en marche, députés, sont très sensibles, parce qu'on parle d'êtres humains, d'hommes et de femmes qui traversent des déserts, qui traversent des frontières. Moi je suis convaincue et avec le groupe, avec notamment Richard Ferrand, on est convaincus qu'il ne peut pas y avoir d'humanité, on ne peut pas accueillir dignement les personnes si à côté de ça, on ne fait pas respecter les règles. C'est ce qu'on essaye de faire ensemble, parce qu'il y a bien évidemment un afflux de demandeurs d'asile, on était à plus de 100,000, l'année dernière ; et il faut absolument qu'on ait un parcours d'intégration, pour toutes les personnes qui sont en capacité d'obtenir ce statut de réfugié. Et donc ça veut dire que de l'autre côté, il faut absolument qu'on fasse respecter les règles, il faut absolument que ce soit clair pour tout le monde. Quand on a le droit à l'asile, eh bien il y a un parcours très rapidement, mais quand on est débouté, eh bien on doit être en mesure de faire appliquer effectivement, les mesures de l'éloignement.

    Oui, et on a vu une tribune d'intellectuels, dont certains proches d'Emmanuel Macron, prendre ses distances vis-à-vis de cela, notamment vis-à-vis du recensement des immigrés, à l'intérieur donc des centres d'hébergement. Là, il faut être précis sur ça. Ce n'est pas…on a parlé de tri, on a parlé que les policiers pouvaient venir, on a parlé que ce serait une manière de les expulser. On le redit : cette circulaire, ça ne remet pas en cause l'inconditionnalité de l'accueil, mais l'inconditionnalité de l'accueil, ce n'est pas l'indifférenciation. Et nous ce qu'on veut faire, c'est de faire en sorte que l'administration soit en capacité de savoir qui se trouve dans ces centres-là, et du coup, d'adapter la demande. Parce qu'actuellement, la situation est terrible. Il y a des gens qui dorment dans la rue, il y a des gens qui ont droit à l'asile et qui n'ont ni logement, ni statut, qui ne peuvent pas avoir d'emploi. Et il y en a d'autres qui sont déboutés et qui restent ici, qui du coup, construisent une vie et du coup, pour éloigner ces personnes-là, ça devient beaucoup plus compliqué et humainement, c'est plus compliqué. Donc pour être plus efficaces, il faut réduire aussi le temps du traitement des demandes.

    Oui, mais il n'y a pas unanimité au sein du groupe La République en marche. On voit bien, notamment sur la loi asile-immigration présentée par Gérard Collomb, qui va être présentée par Gérard Collomb, on voit bien qu'il y a des dissensions.

    Non, il y a des discussions et les discussions ne sont pas forcément des préalables aux dissensions, ça, il faut vraiment être précis là-dessus. Par contre, on ne va pas se mentir, il y a des discussions et c'est très bien. Et c'est l'honneur d'un groupe politique d'avoir des discussions, surtout sur des sujets aussi importants et qui touchent à des hommes et des femmes, qui sont dans des situations de difficultés, pour une grande partie d'entre eux. Par exemple, dénoncer les agissements policiers comme l'a fait Emmanuel Macron, l'utilisation de gaz lacrymogènes contre des points d'eau.

    Chaque fois qu'il y aura des agissements de policiers qui sont contraires à la loi, contraires aux règles, il faudra qu'ils soient sanctionnés et punis. Et tous ceux qui ont des preuves vis-à-vis de ça, il faut les apporter, pour faire en sorte que les personnes soient sanctionnées. Mais il ne faut pas jeter l'opprobre sur les forces de l'ordre, puisque l'écrasante majorité d'entre elles font leur travail correctement et essayent de gérer des situations, qui sont très très très compliquées. Donc notre groupe, et ça il faut le dire, le texte ne sera présenté qu'en avril, donc on a encore devant nous trois mois pour la discussion, pour la concertation et pour l'amélioration de ce texte-là. Alors Emmanuel Macron va se rendre notamment au Sénégal, au début du mois de février. Il y va défendre quoi ? Un programme mondial d'éducation ? Exactement. C'est quoi ? Finalement, c'est de dire à l'Afrique, de dire quoi à l'Afrique ? Il faut vous développer d'abord ? C'est de partir du constat…et moi, j'ai eu l'occasion, l'opportunité de travailler dans le monde du développement, avant notamment l'Agence française de développement. Et c'est vrai qu'il ne peut pas y avoir de développement ou en tout cas, d'investissement pérenne et durable, si on ne met pas le paquet sur l'éducation. Et c'est pour ça que le président de la République, avec Jean-Yves Le Drian, qui est très très actif aussi sur cette question-là, a voulu mettre au cœur de la politique de développement française 1) l'aide bilatérale, 2) les subventions, et 3) les secteurs de la santé et de l'éducation. Ça veut dire qu'il faut augmenter l'aide au développement ? Exactement, il faut l'augmenter. Et nous, on a fait un choix courageux, il va falloir le traduire en actes là, au prochain budget, le budget d'après. Nous, on a décidé de porter l'aide publique au développement à 0,55% du revenu national brut. C'est très important, parce que c'est la condition sine qua non d'un développement et juste pour l'éducation. Emmanuel Macron veut se rendre à Dakar, simplement pour relancer le Partenariat mondial pour l'éducation. C'est important, parce qu'on voit bien que la question de la formation, de l'éducation, c'est ce qui justement va permettre d'endiguer cet afflux migratoire. Parce que le doublement de la population africaine nous pose des défis et il va falloir absolument qu'on ait cette capacité d'avoir des systèmes éducatifs, des systèmes aussi de santé, qui permettent aux gens de pouvoir vivre pleinement leur vie, dans ces pays-là. C'est un nouveau rapport avec l'Afrique, qui avait été d'ailleurs amorcé à Ouagadougou. Oui, c'est un rapport différencié. Moi j'y tiens beaucoup et beaucoup de collègues de la Commission des Affaires étrangères y tiennent beaucoup. Il faut arrêter d'avoir cette vision globale unique de l'Afrique. Et un autre point qui est important et dont on parle moins, c'est aussi un renforcement du lien entre l'Union africaine et l'Union européenne. Il va y avoir le président Kagame, qui va être à la tête de l'Union européenne (africaine), qui a décidé d'augmenter les ressources internes. À l'Union européenne (africaine), c'est le premier donateur mondial dans les pays en développement. Là, on a l'opportunité d'avoir deux grands espaces et des espaces qui seront structurants, pour la mondialisation future. Et si les deux travaillent ensemble, on pourra régler la question des réfugiés climatiques, la question des migrations, la question des investissements ; parce que la mondialisation, c'est de plus en plus une mondialisation des investissements et un peu moins une mondialisation de commerce. Et donc ça pose beaucoup de questions en termes d'investissements dans ces pays-là et de présence européenne en Afrique, ou de présence africaine en Europe.

    Merci, Hervé Berville, député des Côtes-d'Armor, porte-parole de la République en marche, d'avoir été notre invité aujourd'hui. Merci.

    Voir plusmoins
    00:08:10
    Tous publics
    Tous publics