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  • L'invité

    Fred Pellerin

    Invité : Fred Pellerin.

    Dans son nouveau spectacle « Un village en trois dés », le conteur québécois fait revivre en mots et en chansons la mémoire du Québec.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Il invente son propre monde à travers les mots, Fred PELLERIN, le merveilleux conteur venu du Québec est avec nous, parce qu'il triomphe tout les soirs à Paris, au théâtre de l'Atelier, et voici qu'il crée un village en 3 dés, mais c'est d, é, s.

    Comme les dés qu'on secoue, qu'on roll et qu'on fait chiffrer.

    C'est vrai ?

    Oui.

    C'est quoi un village en , Fred ?

    Un village en 3 dés pour les gens qui auraient déjà traînés dans mes (...)

    Il invente son propre monde à travers les mots, Fred PELLERIN, le merveilleux conteur venu du Québec est avec nous, parce qu'il triomphe tout les soirs à Paris, au théâtre de l'Atelier, et voici qu'il crée un village en 3 dés, mais c'est d, é, s.

    Comme les dés qu'on secoue, qu'on roll et qu'on fait chiffrer.

    C'est vrai ?

    Oui.

    C'est quoi un village en , Fred ?

    Un village en 3 dés pour les gens qui auraient déjà traînés dans mes histoires par le passé, le village en 3 dés, ça porte sur ce village là qui s'appelle Saint-Élie-de-Caxton, qui est un village que j'habite au Québec et que j'habiterai toujours. Puis, donc toutes mes histoires, tous les contes que je récupère et que je raconte ensuite, proviennent de l'imaginaire et de l'oralité et des souvenirs de ce village là.

    On le voit en photo le village là.

    Oui, ça c'est la vue.

    On remarque, qu'il y a une paroisse, parce que c'est très important dans le spectacle.

    C'est très important, parce qu'en fait dans le spectacle actuel, que je tourne actuellement, il est question de la création du village, de la fondation du village, de l'acte fondateur, on part à la recherche de l'acte fondateur. Qu'est ce qui a fait qu'un jour, il n'y avait pas de village, puis que la minute qui suivie, il y avait un village.

    C'est incroyable, c'est magique.

    Oui, puis au même temps, c'est quasiment du documentaire, vous pouvez en témoigner, vous êtes venue voir ça, on est dans une véracité, une aridité historique.

    C'est incroyable, c'est qu'à travers, je le disais, des mots, à travers le conte, à travers le texte, on a l’impression qu'on voit effectivement ce village en 3D sur la scène du théâtre de l'Atelier.

    Oui, et puis là il y a des personnages qu'on a pu connaître par les spectacles passés sont dans un Flash-back, on les rencontre dans cette nouvelle aventure, pour créer le village autour des clichés entre autres. Puis à chercher au final, qu'est ce qui fait qu'à un moment donné, d'une somme d'individus, naît une chose collective, commune, partagée et poussant vers l'avant.

    C'est incroyable, parce que chacun de ces personnages est tellement riche en couleurs, et que c'est cet ensemble là qui fait la vie.

    Oui, puis en même temps, ça fait la vie dans le village, mais après ça fait la vie, on en parlait avant que ça se mette à tourner, mais ça fait la vie dans la tête du public qui est là pour entendre des histoires, parce qu'il n'y a rien sur scène, il n'y a que moi qui raconte une histoire, puis ça va s'installer dans la tête des gens, puis ça crée ces images, ça crée ces figures, ces personnages. Puis quand le spectacle est finit, si j'ai parlé du forgeron, mais il y'aura eu autant de forgerons dans la tête d'autant de personnes qu'il y avaient dans la salle ce soir là.

    Oui, par exemple il y la belle lurette.

    Oui, la belle lurette qui est la fille.

    On la voit sur scène, elle est belle !

    Oui elle est belle. Elle est pleureuse par contre, et très sonore au niveau de la tristesse, parce que c'est une fille qui pleure. On revois tout les passages qu'on a pu voir déjà, donc la fille du forgeron, le forgeron, Meo le barbier qui avait une tendance au code, ce qui fait qu'il avait une tendance aussi au krach au niveau capillaire, parce qu'il décoiffait. Dans les nouveaux personnages, on rencontre le premier curé du village.

    Il est très très important, parce qu'il tire les cloches d'une certaine manière.

    Oui, et puis il vient confronter sa propre foi verticale, à la foi qui finit par s'installer à l'horizontal dans le village. En même temps, on raconte cette question là, à savoir quand est ce qu'on devienne une communauté dans un village, mais en arrière, à la création du village et à la création de n'importe quel groupe, n'importe quelle humanité, qu'elle soit dans un échantillon ou dans sa totalité, puis après il se confronte à cela, la question de la foi.

    C'est ça, L'hostie, alors lui c'est l'hostie dans la bouche, la postière, elle, c'est le timbre qu'elle liche. C'est ça ?

    Oui, parce que c'est le personnage d'Alice donc c'est la postière, c'est un personnage qu'on avait pas dans les histoires précédentes, puis qui vient justement se dévouer à la cause postale, puis fermer les enveloppes et à les ouvrir aussi parce que elle avait une façon de licher qui avait un peut…

    Elle arrive, en lichant, à ouvrir ou fermer les enveloppes, ça c'est extraordinaire.

    Oui c'est ça, une façon de lichage bilatérale qui peut fermer comme ouvrir.

    À double sens.

    À double sens. Puis elle avait accès au contenu éventuellement des lettres, ce qui lui donnait quand même un pouvoir intéressant sur la suite des choses, elle pouvait déjouer des destins, parce qu'il y a des fois, tu fais juste changer l'enveloppe, de changer la lettre dans l'enveloppe, puis tu peux déjouer le coup.

    Alors merveilleux, c'est le mot. Vous inventez vraiment un monde merveilleux, vous êtes un magicien.

    Là dedans, c'est là, c'est dans ce village là. Tu sais, ce village là, finit par reconnaître la valeur de sa parole. C'est Vigneaux qui dit les gens de mon pays c'est des gens de paroles. Le Québec, je pense qui est un peuple qui parle, qui dit et puis qui s’approprie la réalité, les souvenirs et le quotidien, et puis qui arrive à y donner des couleurs par le langage, c'est un moulin qu'on utilise pour donner la richesse à la personne.

    Vous dites un moulin, c'est les mots en fait, cette transmission qui est incroyable.

    Oui, et puis la manière, c'est qu'avec les mots tu arrives à donner de la punch au réel. Au village chez nous, on a fini par reconnaître cette affaire là, ce qui a pu être perçu longtemps comme une chose folklorisante ou comme une chose du placotage ou des dires sans valeurs, tout d'un coup se retrouve à être applaudi, à être lu, à devenir une référence. Tu sais le village, à Saint-Élie-de-Caxton, on t'envoie ici à la fente des neiges. Ce village là a été visité l'année passée par 60 000 touristes, à cause des histoires qu'on raconte au village.

    Ils viennent chercher les personnages.

    Ils viennent vérifier que tout ça est bien vrai.

    Alors, ils les trouvent ou pas ?

    Ils trouvent les descendants de ces personnages là. Tous les personnages dont je parle, ont existés réellement, puis peuvent témoigner là. Tu sais, Mého le barbier, il est décédé en 93. Il y a encore aujourd'hui des gens qui portent la cicatrice des ciseaux de Mého dans le front, ou qui on perdu une oreille, et qui peuvent témoigner.

    C'est vrai, car évidement c'est grâce aux mots que tout ça continue de vivre. Ça ne s’arrête pas.

    Oui, mais non seulement continue, mais le village vit de plus en plus. On prend de la vigueur dans la vivance, parce que tout à coup ce village là, il se retrouve ici autour de la chose qui est la parole. Cette parole, la parole quand elle n'est pas partagée, elle ne vaut pas grand chose. Que la parole soit vivante, ça veut dire que c'est garantie qu'il y a cette chose là qui est liée, qui est liante, et qui veut marcher ensemble.

    Et en même temps, ces mots là percutent dans la tête de chacun qui vient vous écouter, parce que finalement chacun fait son propre monde. C'est ça la merveille du conteur.

    Oui, parce que c'est un art de suggestion en fait. Tu lance des idées, et puis il n'y a pas d'image imposée, il n'y a rien sur scène. Vous avez vu le spectacle que je fais, il y a cinq cordes qui descendent du plafond.

    C'est pas les cordes vocales, c'est les cordes du curé.

    Oui les cordes du clocher. Et après c'est parfait parce que ça fait un décor qui peut être transporté.

    Il y a aussi les cordes de la guitare, parce que vous chantez aussi pendant le spectacle.

    Oui, je mélange des chansons avec les contes, parce que je pense qu'une chanson vient peut être un peu compléter les histoires que je raconte. Et dans ce que je raconte, les gens rient beaucoup, puis avec les chansons en dirait que j'arrive à aller couvrir une zone dans laquelle je vois moins par les contes, en fait les chansons viennent parler de quelque chose d'autre.

    On peut dire c'est le mot, c'est l'émotion, il y a aussi beaucoup d'émotion qui nous submerge.

    Oui, parce qu'on rit, puis au même temps, comme conteur, je peux me permettre de ne pas être que drôle, puis dans le souci de raconter cette histoire là, il y a aussi le plaisir d'aller toucher à pleins de zones d'émotions.

    L'émotion, et puis des gens, de dire s'ils sont émouvants, ils sont touchants tous ces personnages.

    Oui, puis on les reconnait, parce que là, depuis le début de l’interview on parle de mon Caxton et puis de mon village, mais en dehors de tout ça, ces personnages là dont je parle, c'est des archétypes, si on les a tous déjà rencontrés avec un nom différent et avec des nuances dans la description, mais je veux dire que ces des personnages, on les porte en (inaudible). Puis c'est ça la force du conte, dire il était une fois, il y a un petit jeune, le dragon, la princesse, et puis dans la classe au primaire il y a un petit jeune, une princesse et un dragon. Et dans nous mêmes, Freud, il avait trouvé les instances de la personnalité qui finissent par être un petit jeune, une princesse et un dragon à abattre.

    Quelle chance on a, parce que c'est un spectacle tout neuf, et c'est Paris qui en profite jusqu'au 4 novembre. "C'est un village en 3 dés".

    Merci beaucoup.

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    00:08:12
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