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  • L'invité

    Nadia El Bouga

    Invitée : Nadia El Bouga, sexologue, féministe et musulmane.

    Thérapeute, Nadia El Bouga anime également une émission sur Beur FM. Avec Victoria Gairin, elle est co-auteure de "La Sexualité dévoilée".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    La sexualité dévoilée, Nadia EL BOUGA,

    vous êtes sexologue, féministe, et musulmane,

    c'est ce que vous précisez sur ce livre témoignage publié chez Grasset.

    C'est un témoignage important, vous êtes chroniqueuse à la radio,

    Sexo, une rubrique toutes les semaines sur Beur FM,

    vous y parlez avec votre voile, avec vos bijoux,

    comme on vous voit ici parce que vous dites, je suis une femme libre,

    une femm (...)

    La sexualité dévoilée, Nadia EL BOUGA,

    vous êtes sexologue, féministe, et musulmane,

    c'est ce que vous précisez sur ce livre témoignage publié chez Grasset.

    C'est un témoignage important, vous êtes chroniqueuse à la radio,

    Sexo, une rubrique toutes les semaines sur Beur FM,

    vous y parlez avec votre voile, avec vos bijoux,

    comme on vous voit ici parce que vous dites, je suis une femme libre,

    une femme qui ne se fait pas enfermer.

    Tout à fait, je coanime avec Philippe ROBICHON, effectivement,

    une chronique sur la sexualité, la sexualité et l'affectivité,

    un thème encore très tabou, très tabou en France,

    très tabou encore dans les pays du Maghreb.

    Tabou partout, mais vous dites, je suis voilée,

    mais j'ai mes bijoux, et on le voit ici,

    et vous dites: je ne suis plus libre que quand je portais un jean moulant.

    Oui, tout à fait, c'est-à-dire que c'est mon choix, et j'exprime mon choix librement,

    donc je suis d'origine berbère, berbère du Maroc,

    et dans la culture berbère, on aime la couleur, on aime le bijou.

    Oui, mais pourquoi le voile finalement,

    parce que vous dites, une femme ne doit pas être corsetée,

    dissimulée, et puis finalement cachée.

    Oui, parce qu'en fait, mon voile n'est pas pour moi justement une prison,

    c'est un outil, et donc l'outil est un moyen et pas une fin,

    donc à partir du moment où c'est un outil,

    je ne suis pas comme vous dites corsetée ou enfermée ou soumise,

    d'autant plus que j'ai fait le choix de porter un voile,

    d'ailleurs, c'est pour ça que je dis, je rectifie,

    quand on me dit: vous êtes une femme voilée,

    je dis non, déjà je ne suis pas une roue, parce que c'est une roue qui est voilée.

    Moi, je suis une femme qui porte le voile,

    donc ça veut dire qu'à partir de ce moment-là, ça reste un objet, et ce n'est pas…

    et d'ailleurs, que ce soit dans le monde musulman ou dans le monde non musulman,

    si je peux me permettre de dire ça comme ça,

    en fait, on a vraiment cristallisé la problématique de l'islam autour de ce vêtement

    parce que n'oublions pas que ça reste qu'un vêtement.

    Mais une femme qui ne porte pas le voile est aussi une femme libre?

    Exactement, et je le dis effectivement, dans mon livre

    qu'en fait, il faut placer le curseur ailleurs,

    la femme n'est pas plus pieuse parce qu'elle porte un voile, bien entendu que non,

    mais il faut respecter le fait qu'une femme puisse choisir,

    faire ce choix de le porter, mais bien évidemment,

    et nous avons des femmes de culture et de religion musulmane

    qui pratiquent, qui sont pieuses, et qui ont fait le choix de ne pas porter le voile,

    mais ça ne fait pas d'elles de moins bonnes musulmanes que celles qui le portent.

    Bien sûr, alors vous disiez, vous animez donc une émission de sexualité sur Beur FM,

    et vous y recevez tout le monde,

    alors vous y recevez des homosexuels, musulmans.

    Oui, c'est une libre antenne, donc tout le monde peut appeler…

    Tout est reconnu finalement, il n'y a pas de tabou? Il n'y a pas d'interdit?

    Il n'y a pas de tabou, tout à fait, parce que c'est la réalité de la vie,

    c'est-à-dire qu'on a des personnes qui sont d'orientation sexuelle différente,

    qui ont des pratiques différentes, qui ont des questionnements différents,

    qui ont une approche de leur corps qui est différente,

    donc c'est une libre antenne où tout le monde peut s'exprimer,

    ceux qui sont heureux que l'on vienne parler sexualité,

    comme ceux qui sont moins contents,

    et qui viennent exprimer parce que ça arrive, leurs mécontentements.

    Vous recevez même une ancienne comédienne porno Ovidie,

    vous la recevez sur Beur FM?

    Oui, donc effectivement, on a reçu Ovidie qui est réalisatrice de documentaires

    qui connaît très bien effectivement le milieu de la pornographie,

    pour y être passée,

    et qui est venue partager avec moi justement

    un questionnement sur la représentation,

    est-ce que la pornographie reflète justement la société, et on a débattu là-dessus.

    Oui, mais ça suscite beaucoup de réactions, j'imagine,

    parce que dans la communauté musulmane,

    tout le monde n'est pas sur cette ligne d'ouverture ou de liberté.

    Oui, alors, ceux qui réagissent comme ça,

    oublient quand même quelque chose de fondamental en islam,

    c'est qu'on ne juge pas l'autre,

    alors vous pouvez me dire, c'est en théorie,

    mais on est censé appliquer dans notre vie de tous les jours ce principe,

    c'est-à-dire que la vie de l'autre, le choix de l'autre, lui appartient,

    donc je n'ai pas en partant de là…

    Y compris sa sexualité, on doit être libre totalement?

    Y compris sa sexualité, tout à fait, y compris sa sexualité.

    Et vous dites d'ailleurs, vous dites Dieu a inventé ou à parlé du plaisir,

    pourquoi l'aurait-il fait finalement, si le plaisir n'existait pas?

    Tout à fait, c'est-à-dire qu'au niveau corporel,

    l'homme et la femme,

    nous sommes outillés pour pouvoir vivre la sexualité

    avec amour, avec volupté, avec sensualité,

    donc avec sensation, la femme est dotée du clitoris, d'un vagin,

    l'homme de son pénis, et effectivement, si nous avons été…

    et là je parle de ma place de croyante,

    ce serait insultant vis-à-vis du créateur de penser que c'est une erreur de fabrication,

    d'avoir été doté de ces organes de plaisir et de ne pas les utiliser.

    Donc vous prenez une liberté sexuelle totale?

    Alors, là moi je parle de ma place de croyante,

    donc de ma place de croyante,

    si j'ai un croyant qui m'interpelle dans ce référentiel-là,

    je vais lui répondre dans le référentiel dans lequel il me questionne.

    Maintenant, si j'ai un patient qui n'est absolument pas croyant, agnostique, athée,

    et qui est dans un autre référentiel,

    je répondrai à sa demande en fonction de son référentiel,

    moi, je me place en tant que, n'oubliez pas, sexologue clinicien, je suis thérapeute.

    Un dernier mot, vous le dites très clairement,

    les violences contre les femmes ou la supériorité masculine sur les femmes,

    ne sont pas du tout dans les textes.

    Tout à fait, il y a une coresponsabilité, en fait, qui est claire dans le texte sacré,

    seulement, malheureusement,

    voilà, les interprétations sont parties dans une autre direction,

    comment dirais-je, en appuyant cette idée en fait, qui perdure toujours,

    que l'homme est supérieur à la femme,

    ce qui est strictement faux.

    Dans l'essence même du message coranique,

    il y a une égalité entre hommes et la femme,

    d'ailleurs, cette idée que la femme sortirait,

    je le dis dans le livre, de la côte de l'homme,

    qui est un hadith qui est souvent répété,

    dont d'ailleurs l'authenticité n'est pas vérifiée,

    en réalité, le Coran nous dit que nous avons été créés d'une âme unique

    (langue étrangère)

    et en fait, ça, on a complètement mis ça de côté,

    alors que c'est un verset coranique,

    et on a pris, et c'est ça en fait qui est problématique

    dans le monde musulman à l'heure actuelle,

    c'est qu'on a pris les exégèses, et ces exégèses, on les a sacralisés,

    et maintenant, on se réfère qu'à ça.

    D'ailleurs, beaucoup de jeunes qui virent dans le rigorisme,

    en règle générale, ont rarement lu le Coran dans son intégralité,

    ils ne se basent que sur les dires d'exégètes ou d'Imams ou de prêcheurs,

    et ils font de ça une réalité absolue, une vérité absolue.

    Merci beaucoup, c'est passionnant, Nadia EL BOUGA.

    ça s'appelle la sexualité dévoilée, sexologue, féministe, et musulmane,

    vous dites-vous même:

    je suis un peu un ovni, là au milieu de tout ça, c'est vrai, vous l'êtes?

    Oui, je suis effectivement un ovni,

    mais un ovni qui vient avec un message important,

    c'est: éduquons-nous à la sexualité, parce que c'est ce qui va nous rapprocher,

    parce que c'est-ce qui va nous épanouir dans notre vie sexuelle et affective.

    Merci Nadia EL BOUGA d'avoir été notre invitée.

    Merci à vous.

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