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  • L'invité

    Didier Varrod

    Invité : Didier Varrod.

    Didier Varrod, producteur, réalisateur, homme de radio et de télévision, préside le Prix des Indés, avec le soutien de TV5MONDE.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Didier VARROD !

    Bonjour Patrick !

    Amateur, amoureux de musique depuis si longtemps…

    Ouh là ! Oui.

    … qui écrit, qui produit, qui fait des films, et qui produit de grandes émissions, qui était directeur de la musique à France Inter. Et puis maintenant le Président du prix des Indés, soutenu par TV5 Monde. Dites-moi, c’est quoi les Indés en musique ?

    Les Indés, ce sont des gens qui, si vous voulez, investissent (...)

    Bonjour Didier VARROD !

    Bonjour Patrick !

    Amateur, amoureux de musique depuis si longtemps…

    Ouh là ! Oui.

    … qui écrit, qui produit, qui fait des films, et qui produit de grandes émissions, qui était directeur de la musique à France Inter. Et puis maintenant le Président du prix des Indés, soutenu par TV5 Monde. Dites-moi, c’est quoi les Indés en musique ?

    Les Indés, ce sont des gens qui, si vous voulez, investissent dans la musique avec leurs propres deniers, si on veut être un peu simple pour les béotiens, voilà. Vous avez les multinationales du disque qui appartiennent à des grands groupes, qui ne font pas que du disque. On peut les citer, c’est Sony, Warner et Universal que tout le monde connaît.

    Oui.

    Et puis il y a ces producteurs indépendants, vous pourriez être producteur indépendant.

    C’est-à-dire on décide, on se dit tiens je vais faire un disque avec quelqu’un, parce que c’est bien. On peut ?

    Voilà, vous flashez sur une artiste, soit un artiste ou un groupe, vous avez un petit peu d’argent ou vous n’en avez pas, vous allez emprunter à la banque avec vos arguments et vous produisez cet artiste et vous essayez de le développer et de le faire connaître au grand public.

    Et on peut arriver à faire de grandes vedettes comme ça ? Il y a de grandes stars qui sont passées par des indépendants comme ça, sans argent ?

    Les producteurs indépendants sont des gens qui aiment la musique, qui sont passionnés, qui connaissent la filière, qui connaissent les outils pour développer un artiste. Donc, ils se structurent, mais avec leur propre capital et ça fait quelques fois de grandes, grandes, grandes carrières. Alors, on va donner un exemple à l’international…

    Par exemple, alors attendez, je vais vous en donner une, c’est Vianney.

    Oui.

    Avant de parler de l’international, parce que Vianney c’est une star. Alors, il a commencé comme ça avec un petit label.

    Voilà et il continue d’ailleurs avec un petit label qui est devenu un gros label, parce que des petits labels qui ont des artistes qui réussissent deviennent des gros labels qui font face à la concurrence des majors du disque.

    Oui, alors on voit Vianney… Oui.

    Il faut le citer, d’ailleurs c’est tôt ou tard. C’est Vincent FREREBEAU qui est vraiment un éclaireur, qui depuis 30 ans a travaillé d’abord sur la chanson française avec vraiment de détermination, qui a un peu ouvert son catalogue. Mais on lui doit de très belles carrières.

    Oui. Alors, il est nominé, c’est ça comme on dit…

    Nommé !

    Nommé pour le prix de l’album des Indés de l’année, Vianney. Il n’est pas le seul, on en verra d’autres après. Alors vous nous parlez de l’international.

    Oui.

    C’est important ça aussi.

    Oui je voulais donner un exemple emblématique, une des artistes les plus connues au monde a démarré sa carrière, et ses trois premiers albums sont issus et ont été produits par un label indépendant, c’est Adele. Donc voilà, ça montre aussi que lorsqu’on est un producteur indépendant qui a du flair, qui a du talent et qui s’y connaît, on peut aussi être à l’origine de très belles carrières.

    Oui.

    Mais quand même, vous savez que nous sommes dans un marché mondialisé, standardisé. Effectivement, les multinationales du disque ont une position dominante sur le marché, que ce soit dans le cinéma ou dans le disque, ce qui nous occupe aujourd’hui. Et donc, c’est extrêmement difficile pour les indépendants de pouvoir se faire écouter, entendre.

    Oui.

    Et même être placés dans les disques.

    Alors c’est pour ça… Oui.

    Je vous donne un chiffre, simplement un chiffre : 80 % pour de la musique que vous entendez en France, la musique commercialisée est issue de ce secteur indépendant.

    Oui.

    Simplement 30 % de cette musique a accès aux grands médias, comme le vôtre, comme le service public, comme les radios privées et 30 % de ces artistes-là ont aussi accès aux circuits de distribution. Donc il y a un déficit qui montre bien l’omniprésence et l’omnipuissance des multinationales du disque.

    Alors c’est pour ça qu’il faut défendre cette diversité, il faut défendre ces artistes indépendants. Le lundi 16 octobre à la Cigale avec Leïla Kaddour qui va être à vos côtés…

    Oui.

    … notre présentatrice de France 2 qu’on adore. Vous allez donc remettre ces prix. Alors vous allez notamment remettre un prix de « l’album audacieux » ! C’est incroyable comme nomination ça.

    C’est vrai, vous avez raison Patrick. Même cette dénomination, elle a été sujette à tellement de débats, mais c’était pour dire qu’on avait envie de sacrer des artistes qui ont à l’intérieur de cette économie de l’indépendance vont encore plus loin en cherchant des esthétiques qu’on n’entend pas du tout ou une manière de produire les disques, complètement singulière, voire casse-gueule, qui sont à contre-emploi de tout. Par exemple, dans cette catégorie, on aura Krismenn, qui est un jeune rappeur qui rappe en breton…

    C’est original oui.

    Rap et breton normalement ça ne va pas ensemble. Et ça fait un album singulier (inaudible).

    Vous avez un autre artiste qui s’appelle Jacques…

    Oui.

    … dont le titre de l’album c’est « A lot of Jacques dans la radio ».

    Oui.

    C’est-à-dire, il y a beaucoup de Jacques dans la radio.

    C’est vrai, mais alors lui, c’est insensé ! Il a fait son premier album d’une webradio. Il s’est installé 24 heures dans une webradio à New York, artiste français, avec ses casseroles, sa batterie de cuisine et il a fait son album en direct devant les internautes. Et le lendemain cet album était disponible en téléchargement gratuit. Si ça, ce n’est pas audacieux ou singulier ?

    C’est incroyable ! Ah oui. Alors il y a une artiste qu’on adore, c’est Camille.

    Oui.

    Alors elle est aux côtés de Vianney, nommée, c’est ça, voilà ! dans le prix de l’album. On va voir un extrait de son dernier clip, Camille. Donc des révélations. Alors on parlait des albums audacieux, j’en ai un autre, c’est « groupes doués et cheveux ».

    Oui.

    C’est vrai que ce sont des noms quand même incroyables, mais bon, on peut espérer que demain ils vont remplir, je ne sais pas, Bercy ou le Palais des sports, mais ce n’est pas encore fait.

    Voilà, c’est un groupe, on peut dire peu pop punk rock, qui a eu aussi envie de se confronter à une aventure singulière, partir dans le désert et d’aller rencontrer ces musiciens sahraouis et de se confronter en une semaine, 10 jours exactement, à leur univers pour voir si quelque chose pouvait sortir de cette confrontation. Il en est sorti un album absolument magnifique.

    Oui. On voit Camille en ce moment qui passe.

    Camille d’ailleurs.

    Oui.

    Vous voyez, c’est un bon exemple. Vous l’avez connue, je l’ai connue grâce à une multinationale, elle était chez Virgin, qui appartenait au groupe EMI, et elle a décidé au moment de cette crise du disque, en fin de contrat où la consommation des disques qui a changé, où la dématérialisation est arrivée, de créer son propre label. Elle s’est installée dans le sud de la France, elle a créé son propre label, elle a produit avec ses propres deniers son album…

    Voilà.

    … qu’elle a enregistré près d’Avignon.

    Formidable, alors François and The Atlas Mountains, parce qu’il faut le citer, troisième nommé pour le prix de l’album Indé de l’année, moins connu que Camille et Vianney, mais néanmoins pour vous Didier, c’est important.

    C’est très important d’autant plus, cher Patrick, que François and The Atlas Mountains est un artiste français qui est originaire de Saintes et qui a été signé sur un label anglais, un label indépendant anglais. C’est un label qui s’appelle Domino et c’est le premier artiste français signé sur un label indépendant en Angleterre.

    Oui. Alors pour les catégories étonnantes, vous avez la catégorie de l’album le plus streamé. Alors on pourrait trouver un bon francophone quand même Didier VARROD.

    Vous avez raison.

    Streamé, bon.

    Je vais le dire, je vais le leur rapporter. En fait…

    C’est quoi un album qui est très streamé.

    C’est… Voilà, quand vous allez sur une plateforme de téléchargement, je ne vais même pas les citer, mais vous les connaissez toutes ces plateformes. Et puis vous écoutez la musique comme ça…

    Oui.

    … sur votre tablette, dans votre téléphone et voilà. Alors là ce n’est pas nous qui avons choisi. Il y a un jury qui a déterminé un certain nombre de prix et puis ça, ce sont des chiffres objectifs. Ce sont les chiffres qui sont…

    Oui, et ça, on peut pour le voir, voilà, enfin les plateformes le savent.

    … incontestables et qu’on ne peut pas…

    On risque d’avoir une grande star qui triomphe. Allez, j’en prends le pari. Mais on ne le sait pas encore, on le saura…

    On le saura…

    … à l’occasion du 16 octobre pour la cérémonie du prix des Indés. Vous êtes vraiment un combattant vous, de la liberté Didier VARROD.

    Oui.

    C’est de la musique.

    Ben vous avez raison de le dire, mais ce que je voudrais dire aussi, c’est qu’il ne faut pas opposer les majors des artistes indépendants, parce que les majors font un travail aussi formidable, produisent des artistes formidables. Moi, je suis juste là pour être le garant de la diversité et de l’égalité de l’accès à la musique, qu’on puisse entendre toutes ces musiques et vous le savez bien Patrick, on voit souvent dans les concerts, dans l’espace francophone, c’est extrêmement difficile pour beaucoup d’artistes d’exister parce que la radio est de plus en plus fermée, la télévision est de plus en plus fermée. Et même la presse, ça devient de plus en plus compliqué, puisqu’elle n’est pas en très bonne santé.

    Merci d’avoir été avec nous aujourd’hui.

    Merci infiniment Patrick.

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    00:08:18
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