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  • L'invité

    Guillaume Canet

    Invité : Guillaume Canet, comédien et réalisateur français.

    Il est à l'affiche de "Mon garçon", réalisé par Christian Carion, un thriller haletant dont il a découvert le scénario au fur et à mesure du tournage. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Présentation : Patrick Simonin.
     


    Transcription

    C’est incroyable cette aventure, Guillaume, Mon garçon.

    Oui, c’était une aventure très particulière parce qu’elle remonte à bien longtemps parce que c’était pendant le tournage de Joyeux Noël dans les tranchées que Christian m’a parlé la première fois de ce film qui n’était pas du tout écrit, c’était juste une idée ; c’était ce père qui apprend la disparition de son fils, qui suppute un enlèvement et qui va aller à la recherche de son fils, seule chose dont il m’avait parlé. Chaque (...)

    C’est incroyable cette aventure, Guillaume, Mon garçon.

    Oui, c’était une aventure très particulière parce qu’elle remonte à bien longtemps parce que c’était pendant le tournage de Joyeux Noël dans les tranchées que Christian m’a parlé la première fois de ce film qui n’était pas du tout écrit, c’était juste une idée ; c’était ce père qui apprend la disparition de son fils, qui suppute un enlèvement et qui va aller à la recherche de son fils, seule chose dont il m’avait parlé. Chaque fois que je le relançais, je lui dis "mais tu en es où de ce projet ?", il me dit "non pas maintenant, pas maintenant". Et puis un jour il me dit "ça y est je suis parti dedans, est-ce qu’on peut se voir ? " et on se voit, il me dit "voilà, je voudrais tourner là à l’automne" et je lui dis "mais moi, je ne peux pas là, je suis en pleine postproduction de mon film, c’est impossible,". Il me dit "écoute, voilà, je voulais faire un truc particulier, comme c’est un film d’un personnage qui découvre, qui ne sait rien de ce qu’il va découvrir, ce qui va se passer, je voudrais que tu sois dans la même situation" et du coup, il a voulu que je fasse le film sans le scénario.

    C’est incroyable.

    Ce qui a été un truc particulier pour moi, c’est sûr, parce que d’abord, je pense qu’il faut une grande confiance en le metteur en scène pour se lancer dans un film sans connaître du tout le scénario, mais ça m’excitait parce que d’abord voilà, on a envie, quand on fait du cinéma depuis maintenant quelques années quand même, on a envie de choses nouvelles, on a envie de rentrer dans des trucs un peu originaux et puis, où on va se surprendre soi-même en fait,

    Regardez, la bande-annonce.

    C’est vrai que, voilà, je vous laisse regarder la bande-annonce.

    La bande-annonce.

    {Extrait du film}

    6 jours de tournage.

    Oui, 6 jours, ce n’est pas forcément l’exploit, la manière dont on a fait le film, le fait de ne pas savoir. Les gens, quand ils vont avoir un film, ils s’en foutent, ils veulent voir un bon film. Là en l’occurrence, c’est le cas, c’est que le film est vraiment vraiment réussi, mais c’est vrai que ça apporte, je trouve au film, une véracité, un réalisme, un côté haletant qu’on ne peut pas avoir forcément en jouant les situations comme dans un film normal parce qu’il y avait cette urgence, on a tourné en 6 jours, que moi je ne connaissais rien, que je découvrais tout au fur et à mesure, que tout mon texte est improvisé et du coup, c’est vrai que ça apporte ça, ça apporte un truc au film vraiment différent des autres et moi j’ai adoré cette expérience cinématographique, j’avais l’impression d’être parachuté dans un jeu de rôles. C’est un cadeau énorme pour un acteur de se retrouver dans un projet pareil.

    Ouais donc c’est un père qui apprend par un message téléphonique par son ex-femme que son fils de 7 ans a disparu, et là, lui qui voyage tout le temps…

    Avec la culpabilité, en plus de ne pas avoir été beaucoup présent, ne pas avoir été trop là.

    Il va se lancer dans une traque.

    Il va devenir père.

    Complètement.

    Il va devenir père au fur et à mesure de cette traque, d’essayer de trouver par lui-même parce qu’il se rend compte qu’il a des indices, il a des éléments qui l’emmènent sur des pistes que les gendarmes ne semblent pas vouloir investir et lui du coup, ça le perturbe, ça l’énerve, ça le met dans une colère folle qui le mène dans des chemins différents de ceux de la police et il a raison.

    Et ça, ça se sent dans le film, c’est un thriller incroyable en Suisse, ce personnage comme ça, pratiquement les caméras qui le suivent partout.

    Et quand je monte dans la montagne, quand je marche dans la montagne, par exemple, un plan de travail normal aurait été que je marche 20 mètres, et après il y a une chaise qui m’attend, il y a un truc qui est tout le temps là en fait, j’ai garé la voiture et il m’a dit "il faut que tu montes". Et j’ai monté pendant 3 heures, et il y avait 2 cadreurs qui se relayaient avec des quads et il y en a qui me suivait et puis à un moment, il montait sur un quad, le mec il montait à 200 mètres, il m’attendait avec une longue focale, et moi, je montais, je montais, je montais et ils se relayaient comme ça et je n’avais pas de break.

    Et c’est vrai qu’ils se planquaient sur le chemin pour vous dire, "voilà la suite de l’histoire" au fur et à mesure.

    Oui, je voyais les mecs sortir d’un tas de bois avec la caméra

    C’est vraiment un cinéma que vous aimez, je sens, Guillaume, c’est vraiment quelque chose d’expérience extrême, presque.

    C’est une expérience vraiment vraiment que je renouvellerais avec grand plaisir ; après il faut un sujet qui s’y prête, dans un temps comme ça qui soit resserré et qui puisse être crédible par rapport à ce concept cinématographique, mais c’est presque une nouvelle manière de faire des films quoi.

    C’est très très surprenant.

    Oui, c’est tourner en permanence et c’est vivre en immersion.

    Il n’y a pas d’arrêt en fait, vraiment l’acteur en fait est payé pour attendre, souvent, en fait, on attend des heures et des heures et des heures, parce que quand on joue, c’est du bonheur, c’est du plaisir, mais là en l’occurrence, je n’attends jamais en fait. Je n’ai jamais attendu. J’arrivais le matin et puis d’un coup j’entendais "moteurs" et j’entends "coupez" le soir. C’était très surprenant.

    C’est l’occasion de celui de Christian CARION, incroyable réalisateur, on pense à Joyeux Noël, à Farewell, des films incroyables, des films très différents à chaque fois.

    Et puis alors là, ce n’est pas du tout son cinéma qu’on a l’habitude de voir, c’est que c’est un cinéma. D’habitude ses films sont assez classiques dans la manière de mettre en scène. C’est très posé, c’est de grands films, des épopées, tout ça, mais là, caméra à l’épaule, c’est âpre, c’est rude, c’est vraiment dans un truc, dans une nervosité qui est très différente des films qu’il a pu faire auparavant.

    Et Mélanie LAURENT qui est sublime.

    Qui est incroyable.

    Incroyable.

    Qui était elle-même aussi très décontenancée par moments parce qu’elle ne s’attendait pas du tout à ce que je réagisse de cette manière-là donc, ce n’est pas du tout ce qu’elle avait lu, ce n’est pas ce qu’elle avait prévu, ce n’est pas ce qu’elle avait répété, donc du coup, je me rappelle à une fin d’une scène, elle a dit à Christian, "mais je n’ai rien dit de ce que je devais dire", parce qu’elle s’attendait à… elle devait rentrer dans une pièce où elle m’engueulait, elle arrivait, elle se jetait sur moi, elle devait me gueuler dessus, et là ça en l’occurrence, c’est ce qu’elle a fait, elle a commencé à me gueuler dessus, et moi j’ai réagi très mal en disant, "mais vous allez continuer à me péter les *** !", et puis j’ai commencé à m’énerver et du coup, elle était complètement décontenancée et ça a créé cette scène, tout d’un coup elle est partie dans une émotion folle et ça a amené autre chose que ce qui était écrit et très vrai en fait.

    Ce qui est incroyable, Guillaume parce qu’on a l’impression que comme au premier jour, vous tournez comme si c’était le premier filme, à fond.

    Là vraiment, c’était vraiment comme un premier film, effectivement. Il y avait cette découverte et cette excitation et cette peur même, ce stress de savoir ce qui va se passer, de comment ça va se passer qui rendait le projet complètement fou.

    Quelle expérience, pour les spectateurs qui vont aller voir Mon garçon donc est formidable, Christian CARION, merci Guillaume.

    Merci à vous.

    Ici au dixième Festival du film francophone d’Angoulême.

    Merci à vous.

    En avant-première, merci Guillaume.

    Merci à vous.

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