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  • L'invité

    Angélique Kidjo, Zaz

    Invitées : Angélique Kidjo, chanteuse béninoise ; Zaz, chanteuse française.

    À Erevan, en Arménie, les deux artistes ont participé au gala du XVIIe Sommet de la francophonie, qui a rendu hommage à Charles Aznavour.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le XVIIe Sommet de la francophonie à Erevan.


    Transcription

    Emmenez-moi au bout de la terre. Emmenez-moi au pays de merveilles. Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil.

    (langue étrangère).

    Monsieur Dominic James à la guitare ! Merci beaucoup.

    Angélique qui descend de scène, ici. Ce concert d'ouverture du sommet de la Francophonie, hommage à Charles Aznavour. C'était émouvant, Angélique ?

    Oui, c'est émouvant. J'aurais aimé qu'il soit encore là parce qu'on devait chanter ensemble cet (...)

    Emmenez-moi au bout de la terre. Emmenez-moi au pays de merveilles. Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil.

    (langue étrangère).

    Monsieur Dominic James à la guitare ! Merci beaucoup.

    Angélique qui descend de scène, ici. Ce concert d'ouverture du sommet de la Francophonie, hommage à Charles Aznavour. C'était émouvant, Angélique ?

    Oui, c'est émouvant. J'aurais aimé qu'il soit encore là parce qu'on devait chanter ensemble cette chanson. La mort nous a pris, tous les deux, de court, mais son esprit vit toujours. C'est un artiste incroyable, il a travaillé contre tous les pronostics. Il a cru énormément en lui. Je crois que c'est un exemple pour tous ceux qui ont des rêves de se dire qu'il faut croire profondément en ses rêves et de travailler très fort pour y arriver.

    La chanson, c'était "Emmenez-moi". C'est une chanson incroyable qui parle des migrants, qui parle de ceux qui rêvent d'un ailleurs.

    On parle des migrants depuis combien d'années ? Depuis combien de temps on parle des migrants et qu'on n'arrive toujours pas à trouver une solution à la situation des migrants ? Moi, je crois que les migrants apportent beaucoup à toutes les cultures parce que si on ne bouge pas, si la France ne bouge pas, elle ne serait pas la France. Tous les pays, si on reste immobile sur nous-mêmes, sur nos identités, on va se scléroser, on va avoir rien faire. Je pense prendre les migrants pour des boucs émissaires, c'est une erreur parce que les migrants aussi apportent leur culture et enrichissent les cultures qui sont sur place. Il faut comprendre les raisons pour lesquelles les gens  partent de chez eux. Aider les gens à rester chez eux, aider les pays à se développer, à créer des emplois chez eux, pour que les jeunes ne perdent pas leur vie inutilement et qu'on ne s'en sert pas comme des idéologies, qu'on ne les instrumentalise pas et que ça ne devienne pas un sujet politique pour aller vers des extrêmes. Les extrêmes, il n'y a pas de (futur) dedans. On l'a vu pendant la Deuxième Guerre mondiale : pourquoi on y va, là-bas ? Moi, je trouve que la musique peut nous aider beaucoup à faire comprendre aux populations qui ont peur, que la peur n'est pas constructive, du tout, et que si on a peur, ça veut dire qu'on n'a pas envie de vivre soi-même. Si on a peur de vivre, c'est qu'on a peur des autres. Il ne faut pas avoir peur des autres, il faut vivre.

    Le thème du sommet, Angélique Kidjo, c'est "Vivre ensemble". Vivre ensemble, voilà.

    J'espère qu'on va pouvoir vivre ensemble. Est-ce qu'on a vraiment l'envie de vivre ensemble ? Est-ce qu'on se donne les moyens de vivre ensemble ? "Vivre ensemble", c'est facile de le dire, mais c'est difficile à mettre en place parce que nous sommes territoriaux et que nous pensons toujours qu'on est meilleur que l'autre. Tant qu'on ne sera pas dans l'humilité, on ne pourra pas vivre ensemble. Tant qu'on n'acceptera pas que l'autre peut être différent et sans être une menace pour soi, on ne pourra pas vivre ensemble. Moi, j'y crois profondément au vivre ensemble. C'est ce que j'essaie de faire avec ma musique depuis que je suis petite, depuis que j'ai compris l'histoire de l'esclavage, depuis que j'ai compris ce que, musicalement, l'esclavage m'a apporté quand j'étais gamine, et comment cette musique a traversé le monde, a influencé d'autres musiques dans le monde. Je ne peux pas rester inactive. Je ne peux pas rester ici en me disant que c'est bon de fermer les frontières. Ce n'est pas bon de fermer les frontières, sinon on n'aura pas la musique que nous avons aujourd'hui.

    C'est merveilleux d'être ici, à Erevan, au concert pour ce sommet qui réunit l'Afrique, qui réunit le monde ?

    Le peuple arménien est très, très accueillant. Depuis qu'on est arrivé ici, je me pince parce que je disais aux Arméniens qui me disaient : "Mais, comment vous êtes aussi accueillants, aussi gentils ?" Ça me change de la brutalité des relations dans un pays que je visite et me dis : "C'est comme ça qu'ils sont, les Arméniens." S'ils sont comme ça, on peut être comme ça aussi.

    Merci, Angélique Kidjo, sortant de scène à l'instant, après cette magnifique prestation réussie.

    C'est un plaisir d'être sur TV5.  

    Et derrière, c'est Zaz qui va chanter. On va essayer de la retrouver tout de suite.

    Ça va être super aussi, comme d'hab' quoi.

    Merci, Angélique.

    Merci.

    J'étais amoureux fou d'une demoiselle Loulou. C'était une obsession, j'en perdais la raison. Je n'avais plus d'appétit, je ne dormais plus la nuit et tous mes amis me disaient ceci : "Oublie oublie Loulou, mais oublie oublie Loulou, oublie-la donc. Oublie, oublie Loulou, mais oublie oublie Loulou, oublie-la donc". Si tu ne le veux pas, tu ne le peux pas, tu le ne pourras pas.

    Waouh ! Quelle émotion, Zaz.

    Waouh !

    Aïe, aïe, aïe. Chanter Charles, ici, en Arménie.

    C'est quelque chose, ouais.

    C'est hallucinant.

    Il y a un côté triste parce que je pensais le retrouver. En même temps, il y a un côté joyeux dans le sens où ses chansons seront vivantes, toujours. C'est génial de transmettre quelque chose qui perdure comme ça.

    Chanter devant ce public arménien.

    En plus, c'est ma première fois ici, c'est quelque chose.

    La foule rassemblée sur cette place de la Républiqu. Au fond, comme ça, l'âme d'un chanteur, d'un artiste qui vous a toujours influencé, quelque part ?

    Oui, c'est quelqu'un déjà que j'ai rencontré. En plus, on a passé du temps ensemble, on a partagé une de ses chansons sur l'album Paris. Je me suis retrouvé avec Quincy Jones et Charles Aznavour en studio, c'était juste dingue. C'est émouvant.

    "Oubliez Loulou".

    "Oublie Loulou". Oui, parce que j'avais repris cette chanson sur mon deuxième album.

    Quand je l'avais croisé, il m'avait dit : "C'est incroyable que tu reprennes cette chanson." C'était un album avec Roche, qui s'appelle Jezebel qui est un album qui n'est pas très connu du grand public et que moi j'adore. Cette chanson, c'est de la performance, il faut enquiller. J'adore cette chanson et il trouvait ça génial que je la reprenne.

    Qu'est-ce qu'il a dit quand il a entendu "Oublie Loulou", Charles ?

    Il était étonné que je reprenne cette chanson, il trouvait ça génial que je la reprenne, celle-là. Il trouvait ça dingue que je reprenne celle-là parce que tout le monde reprend plein d'autres, mais celle-là, c'est vrai qu'elle n'est pas très connue. C'est une chanson un peu de performance, elle est difficile.

    Il y a le swing chez Charles. C'est ça qui était chouette parce qu'on parle des chansons d'amour, mais là on est dans le jazz.   

    Cet album Jezebel, je l'adore, j'aime vraiment cet album. Je vous invite à l'écouter, il est vraiment chouette.

    Ce qui est incroyable, c'est qu'il avait utilisé Quincy et puis Charles sur un album de chanson de Paris et de dire : "Aznavour, c'était Paris mais c'était l'Arménie, c'était Erevan, c'était…".

    En plus, c'était un fils d'immigrés, t'imagines avec toutes les histoires qu'il y a aujourd'hui. Il n'y a pas de frontière, il n'y en a pas en fait, elle est juste là. On est des terriens, on est des humains, tu vois ? On a tellement de choses… Les cultures sont tellement différentes, on a tellement de choses à s'apporter, de choses qui peuvent nous enrichir.

    Ça va rester, ce moment-là, Zaz ? Ce soir, particulièrement ?

    Ouais.

    C'est le sommet de la Francophonie.

    C'est l'Afrique, c'est l'univers entier qui est là.

    C'est dingue. Moi, je fais beaucoup de concerts à l'étranger. C'est fou cet amour de la langue française. Je ne savais pas, en fait, jusqu'à ce que j'aille dans les pays. Il y a un grand amour de la chanson française et de la langue française. Il n'y a que nous, les Français, qui ne parlons pas d'autres langues, parce qu'à l'étranger, ils parlent plein de langues.

    C'est vrai.

    Même moi, je ne parle pas anglais, je ne parle rien. Je ne parle pas bien français non plus.

    Alors Charles, il a fait une carrière mondiale, c'est ça qui est extraordinaire. Il arrivait à chanter partout dans le monde. C'est le rêve, ça ?

    Ouais. Qu'est-ce qui fait que des gens touchent ? Je pense qu'il aimait les gens, il aimait le public vraiment et il aimait la chanson, la musique, et il incarnait vraiment sa musique et ça touche, en fait.

    Merci, Zaz.

    C'est moi.

    On a vu un beau feu d'artifice, tout à l'heure, place de la République.

    On s'en est pris plein la gueule.

    C'est tombé du ciel !

    Je n'ai jamais vu un feu d'artifice d'aussi près.

    Merci à toi !

    C'est moi.

    Merci.

    Si tu le veux, tu le peux, c'est un jeu, voilà ! Oublie oublie Loulou, mais oublie oublie Loulou, oublie-la donc. Oublie, oublie Loulou, mais oublie oublie Loulou, oublie-la donc. Et en parcourant la ville, j'ai trouvé une autre idylle qui m'a dit : "Mon ami, c'est la vie mais oublie-la". Merci Charlie.

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