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  • L'invité

    Khemaies Jhinaoui

    Invité : Khemaies Jhinaoui.

    Alors que la Tunisie accueillera le XVIIIe Sommet de la francophonie dans deux ans, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, est notre invité à Erevan. La décision du président tunisien Essebsi en faveur de l'égalité des droits femmes/hommes dans l'héritage a été saluée par le président français Emmanuel Macron qui a lancé à la tribune du sommet : « Courage monsieur le président, nous sommes avec vous ».

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le XVIIe Sommet de la francophonie à Erevan.
     


    Transcription

    Khemaies Jhinaoui, bonjour. Bonjour. Vous êtes le ministre des Affaires étrangères de Tunisie. On est encore à Erevan, ce sommet, le 17ème de la Francophonie qui a vu une nouvelle Secrétaire générale, Louise Mushikiwabo venue du Rwanda, prendre la tête de la francophonie. C'est l'Afrique qui triomphe, aujourd'hui ? On ne peut pas parler de triomphe. C'est un choix qui a été endossé par les Africains et accepté par les autres. Je pense que c'est la candidate de toute la famille francophone. Donc, (...)

    Khemaies Jhinaoui, bonjour. Bonjour. Vous êtes le ministre des Affaires étrangères de Tunisie. On est encore à Erevan, ce sommet, le 17ème de la Francophonie qui a vu une nouvelle Secrétaire générale, Louise Mushikiwabo venue du Rwanda, prendre la tête de la francophonie. C'est l'Afrique qui triomphe, aujourd'hui ? On ne peut pas parler de triomphe. C'est un choix qui a été endossé par les Africains et accepté par les autres. Je pense que c'est la candidate de toute la famille francophone. Donc, c'est un choix qui vous satisfait, en Tunisie ? Oui, puisqu'elle est Africaine. On fait partie de cette famille africaine. Je pense qu'on fera tout pour qu'elle réussisse dans sa mission. C'est une nouvelle perspective pour la francophonie ? Pour la première fois, on a une Africaine à la tête de cette organisation dont une grande partie des membres sont des pays africains. Je pense que l'Afrique aura maintenant son impact sur le présent et l'avenir de l'organisation. Dans deux ans, ce sommet de Tunis. Vous avez en main le prochain sommet, le 18ème sommet de la Francophonie. Comment ça se présente, Monsieur le ministre ? Nos frères africains et les autres pays membres de la francophonie ont choisi Tunis depuis déjà deux ans. On se prépare pour ce sommet qui a une symbolique particulière parce que c'est le cinquantenaire de la Francophonie. Bourguiba était l'un des principaux fondateurs de ce mouvement. Je pense que ce sera une consécration de tout un parcours que la francophonie a accompli pendant ces 50 ans. La Tunisie s'attellera pour que ce sommet soit vraiment un véritable tournant dans le travail et la mission de cette organisation. Un sommet symbolique de la Tunisie qui panse ses plaies. Vous avez connu des périodes extrêmement difficiles, et dire "On va organiser ce sommet", c'est une nouvelle étape ? Oui. D'abord, la Tunisie d'aujourd'hui est une démocratie, une démocratie naissante. J'espère que d'ici 2020, nous allons avoir des élections en 2019, on consacrera davantage ce processus démocratique. La Tunisie démocratique accueille ce sommet qui va évidemment nous offrir une plateforme pour dire à nos amis, aux membres de l'organisation, que sur tous les chantiers qu'on est en train de développer en Tunisie, que ce soit au niveau des droits de l'Homme, de la bonne gouvernance, l'égalité des genres. Il y a une dimension économique importante que nous voulons accorder à ce sommet, c'est le côté jeunesse d'abord, puis le numérique. Nous sommes en train de réfléchir sur les thèmes qu'on va développer pendant ce sommet. On a déjà commencé à entamer le travail. J'espère que, dans quelques mois, on sera en mesure de l'annoncer.

    Vous parliez des notions d'égalité des genres, des notions de liberté, de droits humains. Le président français, Emmanuel Macron, lors de son discours d'intervention au tout début de l'ouverture de ce sommet, a rendu hommage au président Essebsi en disant que, dans la lignée de Bourguiba qu'il admire et que vous avez cité il y a quelques instants, il était en train de faire des choses exceptionnelles, notamment pour réformer l'héritage, le droit familial, en Tunisie et permettre l'égalité des femmes par rapport aux hommes. Il a dit : "Monsieur le Président, on est avec vous. Allez-y parce que c'est courageux. Les obscurantistes veulent vous en empêcher."  

    Le président Caïd Essebsi s'inscrit dans cette tradition réformiste en Tunisie qui n'est pas le fruit d'aujourd'hui, en annonçant, il y a deux ans, la création d'une commission pour réfléchir sur l'égalité complète, continuer à consacrer l'égalité complète entre hommes et femmes, surtout au niveau de l'héritage, le choix du partenaire. Ce serait l'égalité entre les femmes et les hommes pour l'héritage ? Oui, c'est un projet que le président a lancé. Il fait l'objet d'une discussion animée en Tunisie, et ailleurs en dehors de la Tunisie, parce que c'est une question essentielle, culturelle et même religieuse dans le monde arabo-musulman. Je pense que la Tunisie a toujours été pionnière dans ce genre de réforme. Il y a 60 ans, on a adopté le premier Code du Statut Personnel qui interdisait la polygamie, qui rendait le devoir judiciaire, qui accordait des droits importants pour la femme. Notre Constitution de 2014 au niveau civil, comme un État moderne, accorde une égalité totale entre homme et femme. Il y a la parité. Elle a instauré la parité au niveau des élections. Je pense que cette initiative du Président s'inscrit dans cette logique. "C'est une initiative courageuse", disait Emmanuel Macron parce qu'il parlait des obscurantistes en face. Vous dites que c'est une lutte pour la modernité. La Tunisie peut gagner ce combat ? La Tunisie a été toujours moderne. On a connu des épisodes malheureusement d'un retour, d'un repli, mais la Tunisie a toujours été un pays ouvert. C'est un pays qui a toujours cherché le dialogue. C'est l'essence même de la société tunisienne. Je pense que ces idées qui ont été proposées par le président, il y a un large soutien de ces propositions. Ça reflète l'attachement des Tunisiens à cette modernité de leur pays.  Et une image de développement économique, aujourd'hui, parce que c'est ça, le grand enjeu ?  

    L'enjeu, c'est de montrer à nos jeunes qui se sont soulevés en 2011, réclamant davantage de liberté et de dignité. Ils ont la liberté puisque, maintenant, ils sont libres. Ils assument une liberté totale au niveau de l'expression. Ils participent aux élections. Aujourd'hui, le rôle de l'État, du gouvernement, c'est leur accorder cette dignité. Cette dignité vient évidemment par une économie, la relance de l'économie, afin de créer des emplois. Nous avons, aujourd'hui, quelque 300 000 jeunes avec des diplômes universitaires à la recherche d'un emploi.  L'objectif du gouvernement et le programme de ce gouvernement, c'est d'essayer de répondre aux attentes de nos jeunes. Cela fera 50 ans. C'est l'anniversaire de la francophonie que vous allez fêter à Tunis, Monsieur le ministre. C'est l'image de la Tunisie dans le monde aujourd'hui qui est en jeu ? La Tunisie organise, en mars, le sommet des Chefs d'État et de gouvernements arabes. C'est le sommet arabe, il aura lieu en mars. Après le sommet arabe, nous allons organiser cette grande manifestation qui est le plus grand sommet que la Tunisie abrite depuis son indépendance. 84 pays aujourd'hui. D'ici 2020, ils seront 87 pays. C'est quand même une occasion pour tous ces chefs d'État et de gouvernement venant de partout, de tous les continents, de voir ce que la Tunisie est en train de réaliser depuis 2011, un projet démocratique et un pays ouvert, et j'espère, d'ici là, sur les rails au niveau du développement économique.  Merci beaucoup, Monsieur le ministre Khemaies Jhinaoui, ministre des Affaires étrangères. Merci à vous.

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    00:08:09
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