Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Daniel Kablan Duncan

    Invité : Daniel Kablan Duncan, vice-président de la République de Côte d'Ivoire.

    Depuis le XVIIe Sommet de la francophonie consacré au « Vivre ensemble », à Erevan, en Arménie, interview exclusive de Daniel Kablan Duncan, vice-président de la République de Côte d'Ivoire et ancien Premier ministre. Où en est le vivre ensemble dans la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara après des années de troubles ? L'Afrique est-elle capable de parler d'une seule voix comme elle l'a montré lorsque l'Union africaine s'est unie derrière la candidate rwandaise au secrétariat général de l'OIF ?

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le XVIIe Sommet de la francophonie à Erevan.


    Transcription

    Daniel Kablan Duncan, vous êtes le vice-président de Côte d'Ivoire. Vous représentez le Président Ouattara, ici au 17ème sommet de la Francophonie des Chefs d'État et de gouvernement. Merci d'être notre invité sur le plateau de TV5 Monde, évidemment, chaîne opératrice de la Francophonie. Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie, c'est l'heure africaine pour la Francophonie ?

    Je crois que, cher Simonin, je pense que vous avez raison de le dire parce que déjà, Nouakchott, lors (...)

    Daniel Kablan Duncan, vous êtes le vice-président de Côte d'Ivoire. Vous représentez le Président Ouattara, ici au 17ème sommet de la Francophonie des Chefs d'État et de gouvernement. Merci d'être notre invité sur le plateau de TV5 Monde, évidemment, chaîne opératrice de la Francophonie. Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie, c'est l'heure africaine pour la Francophonie ?

    Je crois que, cher Simonin, je pense que vous avez raison de le dire parce que déjà, Nouakchott, lors du dernier sommet de l'Union africaine, disons que l'ensemble de l'Afrique avait déjà pris position en proposant, Madame la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, comme prochaine Secrétaire Générale au salon de la Francophonie. Vous avez raison parce que quand même, effectivement, l'Afrique constitue un élément très important au niveau de la francophonie. Vous avez, cette Francophonie a quand même à 84 pays qui participent, vous voyez, et à peu près 274 millions de locuteurs, certains parlent même de 300 millions de locuteurs. L'Afrique, comme vous le savez, 54 pays, donc on pèse, quand même, au niveau de cette francophonie.

    Beaucoup. On parle de 85% des francophones du monde en 2050 seront africains.

    Oui, parce que la population actuelle de la francophonie, donc de l'Afrique, de 1,25 milliard d'habitants. En 2050, on pense que l'Afrique va avoir autour de 2,5 milliards d'habitants. Effectivement, l'Afrique va peser. Pas seulement dans la francophonie, même dans le monde, sous réserve, bien sûr, que nous puissions acter l'aspect dividende démographique parce que c'est bien d'avoir une population nombreuse, mais il faut qu'elle soit formée, il faut qu'elle soit éduquée, il faut qu'elle ait la santé. Si cela  est fait, effectivement, comme il y a eu le changement dans le monde avec l'économie en Asie, c'est l'Afrique la nouvelle frontière de développement.

    Mais, ça veut dire que donc, Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie, c'est l'Afrique. Ça veut dire donc aujourd'hui, une nouvelle ère pour l'Organisation internationale de la Francophonie, pour vous ?

    Oui, n'oubliez pas d'ailleurs qu'il y a eu déjà le président d'Abdou Diouf qui était au niveau de la francophonie, avec d'autres, disons, responsables au titre de cette francophonie. Ils ont apporté beaucoup à cette Francophonie. Je dois dire, d'ailleurs, que Madame Michaëlle Jean aussi a apporté beaucoup au niveau de la francophonie. Il faut être quand même juste de ce côté-là. Et notamment, en ce qui nous concerne, Ivoiriens, dans le cadre des Jeux de la Francophonie à Abidjan…

    Qui auront lieu à Abidjan.

    À Abidjan, qui était quand même un succès vraiment important, à la fois au niveau du nombre d'athlètes participants, il y en a plus de 4000 qui ont participé à ce niveau, mais aussi au niveau de l'engouement de ces Jeux. Je pense que l'ensemble de la francophonie était heureuse d'avoir ces jeux à Abidjan.

    Vous attendez quoi, en fait, demain, de l'Organisation internationale de la Francophonie ?

    Je pense qu'il y a eu déjà des progrès importants qui ont été faits au niveau de la Francophonie. Je pense que dans les réunions antérieures, il y a eu des suggestions qui avaient été faites, à savoir que la francophonie ne doit pas rester seulement que politique et culturelle, et qu'elle doit se diversifier, aller vers d'autres aspects, notamment l'aspect économique qui est un élément important. L'aspect (inaudible) TIC, qui est un élément important, mais je vois que réellement les choses bougent dans le sens positif puisque vous savez il y a eu un forum économique, aussi un forum des TIC, c'est-à-dire qu'effectivement, il faut que la francophonie soit multidimensionnelle. Dedans, moi je crois que un des dossiers importants qui avait été déjà traité à Tenerife, c'est le dossier des femmes, le dossier des jeunes. Ce sont des dossiers importants parce que…

    L'égalité homme-femme.

    Voilà.

    La liberté.

    C'est ça.

    La démocratie. Exactement. Ces questions là-bas sont des questions vraiment importantes et les choses bougent positivement dans ce sens. Ce qui fait que Madame la ministre du Rwanda, Louise, doit pouvoir accélérer ces dossiers-là et faire en sorte qu'effectivement, dans la nouvelle francophonie, ces différentes aspects-là prennent un rôle de plus en plus important.

    Ça veut dire que la Francophonie prouve que le multilatéralisme marche et ça prouve aussi que l'Afrique peut parler d'une seule voix ?

    Oui, mais je pense que vous avez raison de le dire parce qu'il ne faut pas qu'il y ait un monde seulement unipolaire ou bipolaire, il faut ce multilatéralisme. On doit pouvoir permettre à chacun d'apporter sa part à l'édification de cette nouvelle planète dans laquelle nous sommes. Je pense que l'Afrique a son mot à dire. Comme je disais tantôt : "Qu'on le veuille ou pas, l'Afrique est la nouvelle frontière de développement."

    Il y a ce thème du sommet, du 17ème sommet de la Francophonie, qui est le "Vivre ensemble". La Côte d'Ivoire a subi des soubresauts, parfois même un chaos politique. Aujourd'hui, la réconciliation nationale est en marche ?

    Écoutez, le "Vivre ensemble", c'est justement le thème adopté par l'ensemble des formations politiques, qu'on appelle le RHDP, qui est le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Paix et la Démocratie, en Côte d'Ivoire. C'est le thème déjà, nous l'avons déjà en Côte d'Ivoire. Donc, quand on a entendu le thème ici,"Vivre ensemble", c'est quelque chose qui est déjà connu au niveau de la Côte d'Ivoire. Alors, ce que vous avez posé comme question est une question vraiment importante au niveau de la réconciliation. Quand le président Ouattara a été investi en mai 2011, au premier gouvernement, il avait donné trois axes principaux d'action. Le premier axe, c'est d'instaurer la paix et la sécurité dans le pays. Le deuxième axe, c'est faire la réconciliation nationale. Et le troisième axe, c'est relancer l'économie. 2012-2015, ces trois éléments-là ont été pour l'essentiel faits. D'abord, la paix et la sécurité, c'est déjà réalisé, l'index d'insécurité était de quatre. Conforme aux Nations Unies, leur index est deux Et deux, c'est le niveau de New York, c'est le niveau de Genève, donc c'est devenu la normalité, si je puis dire. La réconciliation : beaucoup de choses ont été faites. D'abord, le rapatriement de tous les refugiés qui étaient à l'extérieur, on avait à peu près 300 000. Il y avait 700 000 refugiés internes et 300 000 qui étaient allés à l'extérieur du fait de la crise dont vous avez parlée tout à l'heure. Tous les réfugiés internes sont repartis, moins d'un an après, dans leurs villes et villages. Il y a 300 000 qui étaient à l'extérieur. Actuellement, il y a près de 280 000 qui sont déjà rentrés dans le pays. Il y a une vingtaine de mille qui restent dans les pays voisins. Déjà, c'est un élément de réconciliation. La deuxième chose que je voulais indiquer, c'est qu'on a mis en place une commission du genre de ce qu'avait l'Afrique du Sud, Commission de vérité et de réconciliation, au niveau de la Côte d'Ivoire, qui a permis d'aider ceux qui ont été blessés, puis indemniser aussi ceux qui ont perdu des parents, et de manière à aider à cette réconciliation. Récemment, vous savez, le président de la République a pris une loi importante en matière d'amnistie. Pour ceux qui ont participé, les politiques qui ont participé, il y a 800 personnes qui ont bénéficié de cette amnistie. C'est quelque chose qui permet d'aller vers la réconciliation.

    Dont Madame Gbagbo.

    Dont Madame Gbagbo, effectivement. L'équation est quelque chose de concret. Dernier point au niveau de l'économie, là vous savez que la Côte d'Ivoire a connu une croissance de l'ordre de 9% entre 2012 et 2016. Il s'agit d'une croissance annuelle, 9% par an. En 2017, la croissance était de 7 ou 8%. C'est un pays maintenant qui repart et qui joue son rôle de pôle régional de croissance.

    Merci beaucoup, Daniel Kablan Duncan, vice-président de Côte d'Ivoire, d'avoir été notre invité aujourd'hui sur TV5 Monde, ici à Erevan. Merci.

    Merci, encore une fois.

    Voir plusmoins
    00:08:03
    Tous publics
    Tous publics