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  • L'invité

    Jane Birkin

    Invitée : Jane Birkin.

    Revenue de beaucoup d'épreuves, Jane Birkin effectue une tournée mondiale exceptionnelle avec un orchestre symphonique où elle interprète les chansons de Serge Gainsbourg. Son spectacle a triomphé sur la grande scène des Francofolies de La Rochelle. Nous l'avons rencontrée en exclusivité quelques minutes avant ce grand rendez-vous.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francofolies de La Rochelle.


    Transcription

    Bonjour Jane ! Bonjour ! Incroyable symphonique, ici aux Francofolies de La Rochelle, avec un grand orchestre pour chanter Serge. Il me semble que je ne peux pas mieux faire pour Serge. C'est quelque chose qui l'aurait ému terriblement, j'en suis convaincue. Malgré le fait que, lui, il allait toujours en avance. Bien sûr, il ne se répétait jamais de Gainsbourg à Gainsbarre. Il n'allait pas le faire avec un symphonique, je ne crois pas. Mais, il pleurait quand même beaucoup quand il avait le droi (...)

    Bonjour Jane ! Bonjour ! Incroyable symphonique, ici aux Francofolies de La Rochelle, avec un grand orchestre pour chanter Serge. Il me semble que je ne peux pas mieux faire pour Serge. C'est quelque chose qui l'aurait ému terriblement, j'en suis convaincue. Malgré le fait que, lui, il allait toujours en avance. Bien sûr, il ne se répétait jamais de Gainsbourg à Gainsbarre. Il n'allait pas le faire avec un symphonique, je ne crois pas. Mais, il pleurait quand même beaucoup quand il avait le droit d'avoir beaucoup de musiciens pour Je t'aime moi non plus. Donc, c'est pour son film. Je sais que c'est quelque chose qui l'aurait touché énormément. Et ça touche les gens. Tu les vois s'agripper l'un contre l'autre, du genre il ne faut pas que ça nous arrive à nous d'être séparés. Ah oui, c'est vrai. Ah oui. Babe alone in Babylone Noyée sous les flots, de musiques electriques De rock'n'roll tu recherche un rôle Je vois les chansons sur le disque, double album-là qui est paru. Puis, évidemment, on y trouve ses succès, L'aquoiboniste, Exercice en forme de Z, Lost Song, et puis Dépression au-dessus du jardin, des chansons incroyables qu'il vous a écrites. Toute sa vie, il vous a écrit des chansons, Serge. Oui, je crois que celles-là, qui sont sur cet album, mais aussi à partir de Baby Alone in Babylone, j'ai chanté ce côté féminin. Lui, il devenait Gainsbarre et "je voulais choquer les gens" et il fait son affaire comme ça. Mais, le côté blessé, par moi d'ailleurs, parce que j'étais partie. Il m'a donnée à chanter, donc c'est Les dessous chics, c'est "la pudeur des sentiments maquillés outrageusement rouge sang", c'est lui, ce n'est pas moi. Donc, je l'interprète lui, je suis devenue lui, et je connais ses tristesses, je connais la profondeur de sa mélancolie. Parce qu'il n'a jamais écrit aussi bien que, finalement, pour lui-même. Moi, c'était bien pour Ex-fan des sixties, c'est charmant, ou Di Doo Dah, c'est mignon. Mais, quand c'est dans les profondeurs de la tristesse : "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve, que le ciel azuré ne vire au mauve". C'est d'une telle beauté. Quoi, cette chanson incroyable. Toutes ces chansons. Les dernières années, dans l'œuvre de Serge, c'est incroyable ce qu'il vous offre, ce qu'il vous écrit, ce qu'il écrit pour lui, mais qu'il vous offre. Qu'il m'offre et qu'il me demande de chanter devant lui. Il était derrière la vitre en larmes. Je comprenais tout à fait ce qu'il me demandait de chanter. Tout ce que je pouvais faire, c'est de chanter le plus haut possible pour qu'il soit le plus ému possible et qu'il soit fier de moi. Quand on a eu le prix Charles Cros, il a dit : "Janette, ça arrive une fois dans la vie". Il l'a eu je pense peut-être pour La Javanaise. Donc, lui, il a pu devenir encore mieux un ami, alors que nous n'étions pas amis. Il a bien voulu trouver ce chemin-là pour être confiant, ne mettons pas en péril ni Jacques, ni Bambou. C'était autre chose. Et puis, il me donnait à chanter toutes ses mélancolies à lui. Je ne sais même pas si ça existe dans la vie des artistes quand ils n'habitent plus ensemble. C'est comme Bergman qui écrit pour Bibi Andersson. Quand Bibi est partie ou lui est parti, il n'a pas écrit pour elle jusqu'à ce qu'elle ait 60 ans. Moi, Serge m'a écrit de mes 20 ans jusqu'à sa mort. Comment ne pas être pleine de gratitude de cette extraordinaire affaire ? Croire aux cieux croire aux dieux Même quand tout nous semble odieux Que notre cœur est mis à sang et à feu Jambi. Oui. Vous êtes toujours Jambi ? Le nez aquilin ? Oui. C'était ça les premiers mots, le premier disque ? Oui. C'était ça ? Oui. Quel amour ! Quel amour vous avez incarnés tous les deux ! Oui. Pour tous, pour tout le monde au fond, mythique, incroyable. Il le voulait ça. Il disait : "Qu'est-ce que tu veux ? On est mythologie". C'est drôle. On vous voit dans des images d'archives avec Charlotte dans les bras, rentrer à la maison rue de Verneuil. Il est avec Michel Lancelot, un journaliste. Il répond, tu es un bazar partout. C'est une vie incroyable. Enfin, rue de Verneuil, c'était une prison aussi. C'était un musée. On n'avait pas le droit de rentrer dans son grand endroit avec le piano. J'ai rayé son piano avec mon panier. J'avais l'impression moi-même d'être un dérangement pour son œil esthétique. Donc, j'ai acheté ma petite maison en Normandie, parce que j'avais du répondant, quand même. Et là, je lui ai fait subir deux mois de vacances en Normandie. Mon Dieu, le pauvre ! Lui, qui n'aimait pas la campagne, qui disait : "Oh, j'ai l'impression d'être six pieds sous terre". C'était ma vengeance. C'est éternel Serge ! Oui. On peut dire ça ? Il est probablement le plus grand écrivain musicien depuis, je ne sais pas, Apollinaire, Baudelaire. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, ce sont Chirac et Mitterand. Il fallait que je prouve à l'Angleterre qui il était quand il était mort. Les journalistes étaient tellement dénigrants que plutôt que de pleurer, je suis retournée en France. C'était pour faire un concert en l'honneur de Serge, justement, à Londres. Et là, j'ai demandé à Saint-Laurent, à… Ah, voilà ! … à Bardot, à Claudia Cardinal, à Mitterand, à Chirac, à Jacques Lang, deux lignes de ce que Serge représentait pour eux avec leurs écritures. J'ai tout fait imprimer dans un programme et ça, je les ai mis en disant : "C'est ça qu'on pense de lui". Et l'homme à la télévision qui fait des scandales, et l'homme de mode qui avait une barbe de quatre jours et des petites pompes blanches. C'est une sorte de tout. Je pense qu'il est encore plus aimé maintenant qu'il y a 25 ans. C'est vrai. On regrette toujours, après. Merci. Il y a un petit toutou, tiens, en se quittant ici. Petit ? Vous êtes gentil. C'est Doli ! Doli ! Enfin. Enfin, Doli. On n'a entendu que toi. Doli est revenu. On l'appelle Dodo. Oui. C'est Dodo. Allez, tu peux nager maintenant, Doli. Merci Jane. Merci, c'était un merveilleux moment ensemble. Merci. Tellement heureux de vous applaudir ici, aux Francofolies de La Rochelle. Merci beaucoup.

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