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  • L'invité

    Flavien Berger

    Invité : Flavien Berger.

    L'artiste français, qui mêle électro et psychédélisme, a donné son premier concert au Montreux Jazz Festival le jour de son anniversaire. Après le succès international de son album « Léviathan » et sa collaboration avec Étienne Daho, il annonce un album qui promet d'être l'un des événements de la rentrée.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 52e Montreux Jazz Festival.

    Transcription

    Son nom, vous allez bientôt apprendre à le connaître. Il est adoré par Etienne Daho, il réinvente un nouveau son, pop à la française, il est à l'honneur ici, c'est la consécration au Montreux Jazz Festival.

    "Flavien Berger, qui réinvente la pop française", c'est ce que toute la presse dit, depuis Léviathan, l'album qui a cartonné dans le monde entier. On voyait ces affiches ici, parce qu'on est à Montreux. C'est celle-là, votre affiche préférée ? Je l'avais remarquée, parce que j'a (...)

    Son nom, vous allez bientôt apprendre à le connaître. Il est adoré par Etienne Daho, il réinvente un nouveau son, pop à la française, il est à l'honneur ici, c'est la consécration au Montreux Jazz Festival.

    "Flavien Berger, qui réinvente la pop française", c'est ce que toute la presse dit, depuis Léviathan, l'album qui a cartonné dans le monde entier. On voyait ces affiches ici, parce qu'on est à Montreux. C'est celle-là, votre affiche préférée ? Je l'avais remarquée, parce que j'avais déjà regardé toutes les affiches du Montreux Jazz Festival, et c'est la Niki de Saint Phalle que je préfère, de loin. J'ai envie, pour une première question, de vous dire : "Bon anniversaire !" Ah merci. Ce n'est pas vraiment une question. Bon anniversaire ? Quand même, ça fait quelque chose ?

    Oui, c'est la deuxième fois que ça m'arrive de jouer le jour de mon anniversaire. Quelque part, j'ai lu : "Un concert, c'est comme une messe, c'est quelque chose de très fort, une communion".

    En fait, le concert est dans ma philosophie, à chaque fois différent. J'essaye de faire en sorte qu'aucun concert ne se ressemble. Parce que je me suis posé la question quand j'ai commencé à jouer, de : "Qu'est-ce que j'aime voir en concert ?" Ce que j'aime voir en concert, c'est me dire que je vois un truc qui n'arrive qu'à ce moment-là. Ce n'est pas tant une messe qu'un grand accident, avec plein de choses qui ne se déroulent qu'une seule fois. C'est ce que j'essaye de faire, en tout cas. Pour ça, je crée des espèces de balises, avec des moments sans parachute. Un peu plus de minutes avant jamais Ralentis, ralentis on est trop près Derniers mots sur la plage d'Acapulco Tous les deux sur le même kimono "Brutalisme", extrait du prochain album. Oui. "Brutalisme", parce que c'est quoi ? C'est l'architecture ? C'est le béton ? C'est aussi le Mexique, là où vous êtes ?

    C'est un agglomérat d'idées et d'influences. C'était le titre de travail du morceau, avant même qu'il y ait des paroles. Et puis après, j'ai voulu raconter cette histoire qui se passe à Acapulco, qui est un petit peu un souvenir un peu pimpé, de choses que j'ai vécues, de choses que j'avais envie de dire, de mots qui me faisaient du bien. Et j'ai gardé le titre de travail parce que je trouvais que ça collait. C'est comme s'il y avait un instant de répit, un instant amoureux, dans une vague, comme ça, de brutalité, de brutalisme, une vague de béton. Ultime bain Noie ton chagrin Je ne suis pas loin en vrai Je te rejoins Le mois prochain Je vais t'aimer L’éternité Ça dé-zoom, ça sort, et ça sort du cadre, pour se dire : "En fait, on est des molécules". Mais, l'amour dépasse tout ça. Quand on dit la musique électronique, j'ai lu quelque part que vous étiez kraftwerkien. Je crois bien, oui. C'est une forme de… C'est quoi, c'est une philosophie ? Évidemment, qui fait référence à Kraftwerk, le groupe allemand.

    C'est une métronomie, un rapport à l'autoroute passionné, et une simplicité dans les outils électroniques utilisés, je pense, avec peu de production. Je pense que ça vient du fait qu'il y a une curiosité de la machine qui reste à l'état de curiosité, où la production ne dépasse pas un certain niveau. Comme ce sont des pionniers dans la découverte des arrangements de musique électronique et de la composition de musique quasi pop, mais toujours avec des expérimentations. Je pense que c'est pour ça que je suis affilié à cette famille. Je suis content. Je préfère être avec…

    Parce qu'au fond, les instruments, ces instruments électroniques ont une âme.

    Ah oui, tout a une âme. L'ordinateur parle au cœur. Oui. Les ordinateurs, c'est l'extension de nous. C'est la nature. Ls circuits électroniques chauffent comme des veines. Je prête une âme à beaucoup d'objets qui nous entourent, oui. Ce qui est fou, c'est cette rencontre avec Etienne Daho. Elle est touchante parce qu'il vous a écouté, il a écouté votre premier disque, et il a eu envie de travailler avec vous, Flavien.

    Je l'ai rencontré dans une chambre très, très sombre, où il me prenait en photo. C'était notre première rencontre et il y avait un objet entre nous deux, qui a permis de, petit à petit, s'apprivoiser l'un l'autre. Il m'a fait l'honneur de m'inviter sur son disque pour chanter. Il m'a dit : "Ça y est, je sais, j'ai une idée. Tu vas faire l'ange". Et donc, il m'a donné 20 secondes, 30 secondes comme ça, où il m'a dit : "Là, c'est ton chœur". On aime beaucoup les Beach Boys tous les deux. Il avait composé un chœur qu'il m'a demandé de chanter. Et j'ai eu l'honneur de prêter ma voix à ce dénouement, parce que c'est un moment d'éclaircie dans ce disque apocalyptique, mais optimiste aussi. Qui s'appelle Blitz, qui est une espèce de rupture. C'est un foudroiement, oui. Soudain l'ombre qui nous drape dans ses sombres plis Pleuvent les bombes dans ce ciel qui rougeoie et rugit

    "Léviathan", c'était le titre du premier album. Oui. C'est comme ça qu'est partie l'aventure, Flavien Berger. On vous a même vu partir dans des fonds marins, aller chercher des sonorités. "Léviathan", c'était un peu ma manière de faire allégeance à ce grand monstre, à cette espèce de territoire énorme et mystérieux. On connaît moins bien les fonds marins de notre planète, qu'on ne connaît les planètes qui nous entourent. Il y a du mystère encore, c'est ce que j'aime bien aller chercher. Parce que dans l'imaginaire humain, dans le mystère, on peut faire apparaître de nouvelles idées, on peut proposer des histoires que tout le monde se raconte soi-même. Et donc, le "Léviathan", c'était ça, c'était : "Bonjour. Moi, je suis grand comme ça". La musique, c'est partout. On en entend encore maintenant là, il y en a derrière nous. On en croise partout tout le temps et c'est comme si c'étaient des ramifications de ce grand monstre. Et pour moi, un monstre, ce n'est pas forcément négatif. Ç a ne raconte pas ça, mais c'est pour ça que ça s'appelle "Léviathan", quelque part. C'est moi qui nage et qui me noie dans cette lame de fond énorme qui va, je pense, me porter toute ma vie, j'espère, qu'est la musique.

    Merci Flavien. Merci.

    Montreux Jazz Festival, la légende, les affiches, celle de Niki Saint Phalle et puis les autres. Et puis les prochaines, c'est vous, à l'affiche ici, au Montreux Jazz, avec le public qui vous attend. Et ça c'est une joie. Une grande grande joie, une fête.

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    00:08:10
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