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  • L'invité

    Mathieu Jaton

    Invité : Mathieu Jaton, directeur du Montreux Jazz Festival.

    Le patron du Montreux Jazz Festival est notre invité alors que le festival est en plein renouvellement : nouvelles salles, nouveaux lieux de musique, hommage à Quincy Jones... Un rendez-vous mythique en Suisse qui se réinvente et veut recréer du lien et de la fraternité dans une époque perturbée.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Montreux Jazz Festival.

    Transcription

    Une fête populaire, des rassemblements,  pour la musique, le Montreux Jazz Festival se réinvente chaque année pour recréer sa légende. C'est incroyable, ce lieu, Mathieu Jaton. Merci. C'est en pleine effervescence. On est à l'ouverture du festival, la soirée inaugurale avec tous les partenaires, tous les amis et tous les politiques de Montreux. C'est incroyable parce que c'est un nouveau lieu. Il faut raconter un petit peu parce qu'il y a du monde. C'est un lieu d'effervescence où les artistes v (...)

    Une fête populaire, des rassemblements,  pour la musique, le Montreux Jazz Festival se réinvente chaque année pour recréer sa légende. C'est incroyable, ce lieu, Mathieu Jaton. Merci. C'est en pleine effervescence. On est à l'ouverture du festival, la soirée inaugurale avec tous les partenaires, tous les amis et tous les politiques de Montreux. C'est incroyable parce que c'est un nouveau lieu. Il faut raconter un petit peu parce qu'il y a du monde. C'est un lieu d'effervescence où les artistes vont venir le soir, après les concerts. Exactement et même avant. C'est un lieu qui s'appelle le Belvédère, donc un petit clin d'oeil à la belle époque de Montreux. Tout a été inspiré par Gatsby le Magnifique qui est vraiment dans l'histoire de Montreux aussi. On retrouve tous ces éléments évidemment et ces éléments floraux. Le but, c'est que les artistes viennent ici l'après-midi et le soir après les concerts et passent un excellent moment.

    On a vu un endroit où il y a des vinyles. On va écouter les vinyles de Claude Nobs.

    Exactement. Ça s'appelle la House of Vinyl qui se trouve juste en dessous de ce Belvédère où on peut vraiment découvrir des collections uniques au monde, inspirées de la collection de Claude Nobs avec des petites loggias, un son extraordinaire et on y passe du temps. De nouveau, c'est cette notion. Le vinyle, je trouve que c'est tellement la représentation de prendre le temps. On pose un vinyle, on écoute un album, on déguste un artiste. C'est comme ça que j'aime la perception de la musique.  Ça, c'est quoi ? C'est un album de Prince, Pirate, mais il y a des tas de pirates à ses concerts. Count Basie, Joe Williams, si vous ne connaissez pas Joe Williams, écoutez Joe Williams. Et tout d'un coup, on va trouver des live de Montreux, les Rolling Stones en public, (inaudible). Claude était quelqu'un d'extrêmement éclectique. On va prendre quelque chose. Qu'est-ce que c'est ? On va prendre du rockabilly japonais des années 60.  (lange étrangère) Premier concert, une affiche incroyable parmi tant d'autres. On a Etienne Daho et on a un artiste incroyable qui est Paolo Conte. Sur la même soirée, on a Paolo Conte et Etienne Daho. J'ai eu envie de dire la classe à l'italienne et l'élégance à la française parce que certaines personnes m'ont posé la question, mais pourquoi on met ces deux artistes ensemble sur le même plateau. Pour moi, il y a des similitudes très claires. Paolo Conte, c'est vraiment la grande classe à l'italienne. Ce sont des chansons mythiques. Et Daho, c'est ce dandy Français et cette élégance française. Je trouve que ça marche très bien ensemble. D'ailleurs, le public le rend bien puisque la salle est quasi-pleine ce soir. 

    Le vrai artiste ambassadeur du Montreux Jazz Festival. Merci Quincy Jones d'être avec nous, merci pour votre passion, merci pour votre amitié. Merci pour tout. Extrêmement émouvantes ces images de Quincy Jones. C'est une figure évidemment historique du Montreux Jazz. Il reçoit une médaille. Il voit un lieu très fort qui va porter son nom désormais.  Je suis très heureux de cette situation parce que je pense que Quincy a tellement œuvré pour le Festival, mais aussi pour la ville de Montreux et pour son rayonnement, ne serait-ce que par sa passion, ne serait-ce que par sa présence et son engagement. Je préciserai surtout depuis que Claude est décédé. Très honnêtement,  j'aurais parfaitement compris, au décès de Claude en 2013, que Quincy dise, j'ai fait mon temps, Claude était mon ami, je passe à autre chose. Au contraire, il a été le premier à m'appeler, à redoubler de présence. C'est ce que les Japonais appellent The butterfly effect, c'est cette amitié de Claude qui a fait un effet papillon et que des hommes, comme Quincy, passent dix, douze jours à Montreux, sont avec nous, mais toujours aussi un petit peu avec cette classe légendaire qu'il a, ce retrait. Il m'accompagne depuis maintenant plus de cinq ans. C'est la sixième édition sans Claude et c'est un cadeau du ciel. Merci Claude pour l'amitié qu'il avait avec Quincy et merci à Quincy pour l'amitié qu'il témoigne pour le Festival. Comment on pourrait qualifier la programmation du Montreux Jazz 2018 ? Montreusienne. C'est une petite boutade, mais c'est vrai qu'elle est difficile à qualifier parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses. Il y a 120 concerts payants et 250 concerts gratuits, mais je crois que c'est d'abord une programmation pour les amoureux de la musique. Ça paraît un peu bateau de dire ça, mais chaque soir et chaque plateau ont été sculptés comme un orfèvre. Elle a été imaginée comme cette soirée, ce soir, avec Paolo Conte et Etienne Daho. Pour moi, c'est la classe italienne avec l'élégance à la française. C'est comme la soirée que Van Morrison et Steve Winwood. C'est comme la soirée avec Nine Inch Nails et Gary Newman. On sait que Nine Inch Nails a été très inspirée par Gary Newman et de les mettre ensemble sur le même plateau. J'aime ne rien laisser au hasard et construire ces soirées dans tous les styles. Il n'y a pas de stigmatisation des styles. Il doit y avoir une cohérence de tout. On est tellement des passionnés de musique. On est tellement des amoureux de la belle musique, quelle qu'elle soit, quel que soit son style, on casse ces barrières des styles et on essaye en sorte que les artistes soient heureux et le public soit heureux. Bowie était l'artiste le plus moderne de tous les temps. Il évoluait. Il changeait, il changeait d'image physiquement et il changeait aussi de styles musicaux. Je trouve que dans la House of Jazz, avoir une expo de Bowie, c'est exactement Montreux. C'est en fait ce que nous sommes, c'est une sorte de résumé, une diagonale de ce que c'est Montreux. Finalement, ceux qui sont là maintenant, aujourd'hui, ce sont les légendes de demain. Ça s'invente maintenant, tout de suite.  Je pense que malheureusement, on a vécu des drames en 2015 et en 2016 avec le départ de Bowie, de Prince, de BB King, de Leonard Cohen, tous des artistes attachés à Montreux. J'avais deux possibilités. Soit de pleurnicher sur mon sort en disant tous les amis de Montreux ont disparu, soit de continuer ce que Claude Nobs a créé depuis le début des années, de faire évoluer ce Festival, de le faire avancer. Aujourd'hui, la musique avance. Il y a des jeunes hyper talentueux. C'est ici aussi évidemment, le Montreux Jazz, de se retrouver tous comme ça, de partager le même plaisir et le même bonheur. C'est la joie. Merci. C'est ça, le Festival. C'est cette notion de partage et encore une fois, si je peux terminer là-dessus, c'est qu'aujourd'hui, on vit dans un monde où tout s'accélère, où tout va très vite, et on oublie de temps en temps, que prendre le temps de se regarder dans les yeux, de prendre le temps de boire un verre ensemble et d'écouter de la bonne musique, c'est finalement ce qu'on aime tous, c'est la notion des sens humains. On a besoin d'écouter, on a besoin d'entendre, on a besoin de voir, on a besoin de toucher. C'est ça qui fait que nous sommes des êtres humains. Merci Mathieu Jaton. Merci à vous.

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    00:08:05
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