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  • L'invité

    Gilles Servat

    Invité : Gilles Servat, auteur-compositeur-interprète.

    Présentation : Patrick Simonin. Émission enregistrée lors des Francofolies de La Rochelle 2018.


    Transcription

    Où allez-vous camarades, avec vos fusils chargés Nous tendrons des embuscades

    Viens rejoindre notre armée

    La voilà la Blanche Hermine

    Vive la mouette et l'ajonc

    La voilà la Blanche Hermine Vive Fougères et Clisson Bonjour, Gilles Servat.

    Bonjour. Quand je dis que vous êtes un véritable monument de la musique bretonne, évidemment, mais pour moi, vous êtes un monument de la musique française tout court, de la chanson. Merci. 50 (...)

    Où allez-vous camarades, avec vos fusils chargés Nous tendrons des embuscades

    Viens rejoindre notre armée

    La voilà la Blanche Hermine

    Vive la mouette et l'ajonc

    La voilà la Blanche Hermine Vive Fougères et Clisson Bonjour, Gilles Servat.

    Bonjour. Quand je dis que vous êtes un véritable monument de la musique bretonne, évidemment, mais pour moi, vous êtes un monument de la musique française tout court, de la chanson. Merci. 50 ans de carrière, 21 albums, une partie est là. Se retrouver aux Francofolies de La Rochelle pour chanter ces chansons que vous avez toujours portées sur les routes, partout. C'est vrai. Je suis très content de venir aux Francofolies. En plus, on est en train de monter un nouveau spectacle qui va s'appeler À cordes déployées, avec violons, violoncelles, piano à queue et cordes vocales. Ça va être la première. Ce n'est pas vraiment la première parce qu'il sera plus long, mais on a commencé à travailler ça. Deux types de chansons, plusieurs titres de chansons dans votre oeuvre, des chansons poétiques : Je vous emporte dans mon cœur, Je dors en Bretagne ce soir. Et des chansons de révolte, des chansons de combats, très fortes. Si j'ai commencé à chanter, c'est un peu comme ça. J'ai commencé à chanter en 1970. C'était après Mai 68. J'ai découvert la beauté de la langue bretonne en 1969 à l'île de Groix. J'étais révolté par le sort qui lui était promis. Enfin bref, si j'ai commencé à chanter, c'était pour des raisons plutôt de révolte qu'autre chose. Mais avec l'âge, la poésie prend le dessus un petit peu. Cela dit, un spectacle, je pense que c'est comme une promenade, mais il ne faut pas que ce soit toujours le même paysage. Il faut qu'il y ait des récréations. ll faut qu'il y ait des choses douces, des choses rentre-dedans, etc. C'est ça un spectacle. Vous aviez d'ailleurs écrit une chanson qui s'appelait Je chante la vie, l'amour et la mort. On chante tout. La chanson peut tout représenter. "La chanson peut tout dire, le meilleur et le pire", je disais ça dedans. Je trouve qu'on a toujours eu tendance à vouloir que les gens n'écoutent qu'un certain genre de chansons. J'avais été très surpris justement en découvrant la tradition, parce que dans la tradition, il y avait de tout, vraiment : des trucs complètement rigolos, des trucs paillards, des trucs poétiques… Je m'étais dit que les gens, quand on les laisse faire ce qu'ils veulent, ils expriment tout. Ce qui est fou, c'est que vous êtes bercé par Ferré dans votre enfance. Et un jour, vous décidez de chanter. Vous allez chanter dans la rue et chanter dans les restos. J'ai fait la manche chez Ti Jos à Paris, à Montparnasse. J'avais chanté un coup La ville de Guingamp à Montparnasse. Yvan Ollitrault m'avait entendu. Il est venu me trouver en me disant : "Tu peux faire la manche chez moi tous les soirs si tu veux", et c'est ce que j'ai fait. J'ai commencé comme ça. J'ai un disque culte. Incroyable. Évidemment, il y a La Blanche Hermine dessus qui est devenue l'hymne de la Bretagne, cette chanson. C'est étonnant. Les gens ne se rendent pas compte, mais quand on a commencé à la chanter, quand je l'ai écrite, c'est une question qu'on se posait vraiment. Est-ce que je vais y aller ? Est-ce que je ne vais pas partir faire la guerre ? On se posait vraiment la question. C'était comme ça. La situation a tellement changé maintenant. De ce côté-là, elle n'est plus du tout d'actualité, mais elle est devenue traditionnelle. Les gens la chantent. Je viens la chanter avec eux sur scène. Ce qu'il se passe qui est intéressant, c'est que les gens chantent avec moi. S'il fallait que je la chante tout seul, je ne sais pas si je le ferais. C'est parce que le public la connaît. Le public la connaît, il la chante. Il a envie de l'écouter. Il a envie de la chanter avec moi surtout. Vous avez eu un coup de gueule un jour parce que je crois que le Front national avait repris cette chanson. Vous aviez écrit un texte qui disait : "Touche pas". "Touche pas à La Blanche Hermine". Je disais : "Elle est peut-être blanche, mais elle a la queue noire". Ce qui était quand même un comble pour vous. Oui, c'est n'importe quoi. Justement, j'ai réagi à ce moment-là parce que ces gens-là s'accaparent tout. Si on ne dit rien, les gens finissent par croire qu'on fait partie du Front national nous aussi. Il ne faut rien leur laisser. Quand ils s'accaparent quelque chose, il faut dire non. Vous avez une chanson qui s'appelle Je ne hurlerai pas avec les loups. Vous avez l'impression qu'aujourd'hui, on hurle avec les loups ? C'est très différent. C'est très, très différent maintenant. Je pense que… Il n'y avait pas tout ce qu'il se passe sur Internet, une diffusion des idées, des discussions, des choses, des fakes news aussi comme on dit, etc., il n'y avait pas tout ça. Je ne hurlerai pas avec les loups, c'était la fin de l'URSS, pas encore, mais c'était la Pologne qui avait décidé… Il s'était passé des trucs en Pologne et tout ça. Des gens étaient intervenus pour soutenir la Pologne, qui n'avaient pas les mains très propres non plus de leur côté. C'est pour ça que j'avait dit ça. Dedans, je disais : "À l'Ouest les con d'or, à l'Est les cons d'acier, choisis ton con camarade". C'est fou qu'on appelle cette chanson "Coup de poing engagé". Je crois que Renaud avait chanté avec vous un jour sur scène. Oui. C'est cette tradition de la chanson populaire de la chanson qui vient de la rue. Oui, tout à fait. À l'âge que j'ai maintenant et ce que je fais, je n'ai plus envie de travailler avec des gens qui me disent : "Faites ci, faites ça". Vous ne l'avez jamais fait ça quand même. Quand ça arrivait… Mais j'ai quand même fait des choses… Jouer avec des gens… Maintenant, je fais ce que je veux et je ne veux pas… Je regrette quelquefois d'avoir un éditeur pour certaines chansons, etc. Je ne sais pas du tout ce que les gens font avec les chansons. Il y a des chansons auxquelles je crois et qui ont un succès. Et d'autres où je ne m'attendais pas du tout à ça, c'est parti, je ne sais pas pourquoi. Peut-être que ce sont ceux qui ont vu votre concert et qui, en partant, vous emportent dans leur coeur. Je leur dis aux gens ça, je les prends dans mon coeur et je souris, mais je vois des gens qui pleurent quand je la chante. Il y a des gens qui pleurent parce que ça leur rappelle un enterrement. C'est émouvant, les rapports avec le public. 50 ans que ça dure ! J'ai commencé en 1970, donc presque 50 ans. 69 même, ça fera 50 ans l'année prochaine. Merci, Gilles Servart. Je vous en prie, merci beaucoup à vous. Quelle belle carrière. Quel beau répertoire. Comment faire pour se quitter sans prononcer quelques mots de La Blanche Hermine ?

    "La voilà la Blanche Hermine vive la mouette et l'ajonc, la voilà la Blanche Hermine, vive Fougères et Clisson !" Pour venir ici, on est passé à côté de Clisson tout à l'heure et ça me rappelait que quand je l'ai composée et que je chantais Vive Fougères et Clisson, des gens ne connaissaient pas les deux villes, l'une à la frontière de l'est et l'autre à la frontière du sud de la Bretagne. Ils croyaient que c'étaient des plantes. Ils croyaient que je chantais la fougère et qu'il y avait une plante de Bretagne qui s'appelait le clisson. Mais voilà, cette chanson-là… "J'ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ, une troupe de marins, d'ouvriers, de paysans. Où allez-vous camarades avec vos fusils chargés, nous tendrons des embuscades, viens rejoindre notre armée". Voilà, les questions qu'on se posait à l'époque. Merci, Gilles Servat. Je vous en prie. Mais, on ne se les pose plus ! C'est fini ça. Merci. Merci à vous.

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    00:08:20
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