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  • L'invité

    Étienne Daho

    Invité : Étienne Daho, auteur-compositeur-interprète français.

    Étienne Daho fait l'ouverture de la 52e édition du Montreux Jazz Festival, avec un concert dans le prestigieux auditorium Stravinski.


    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Montreux Jazz Festival.


    Transcription

    Le Montreux Jazz Festival, c'est d'abord une fête populaire, 250 spectacles gratuits. Et la 52ème édition s'est ouverte avec une star française. Production numéro un, Blitz tour, je reçois le badge numéro un, Etienne.Oui, normal.C'est normal. C'est le badge d'accès du Montreux Jazz Festival, salle Stravinsky. C'est quoi ? Un rêve de gamin de jouer ici ?

    Oui, parce que j'ai vu tellement de tournages, d'artistes absolument incroyables. J'ai en tête comme ça, il y en a plein, mais il y (...)

    Le Montreux Jazz Festival, c'est d'abord une fête populaire, 250 spectacles gratuits. Et la 52ème édition s'est ouverte avec une star française. Production numéro un, Blitz tour, je reçois le badge numéro un, Etienne.Oui, normal.C'est normal. C'est le badge d'accès du Montreux Jazz Festival, salle Stravinsky. C'est quoi ? Un rêve de gamin de jouer ici ?

    Oui, parce que j'ai vu tellement de tournages, d'artistes absolument incroyables. J'ai en tête comme ça, il y en a plein, mais il y a Nina Simone par exemple. Se dire qu'on foule le même sol que certains des artistes qu'on apprécie beaucoup, c'est toujours émouvant. Il faut avoir ce type de jeunesse du cœur pour pouvoir faire ce métier. On ne peut le faire que comme ça je crois, vraiment avoir quelque chose qui est chevillé au corps, qui est dans chacune de ses cellules. On ne peut pas être blasé, c'est impossible. Autrement, ça peut être un fardeau.Réinventer, par exemple Blitz, ce nouvel album, c'est le choc. C'est un claquement de doigts, c'est quoi un blitz ?Le titre d'origine, le titre de travail, c'était Canyon, comme la première chanson qui ouvre l'album. J'aimais bien le mot canyon et j'aime bien la pureté qu'il y a dans le désert, de la roche, cette espèce de chose qui est complètement vide et qui est à rebâtir. Comme j'ai écrit l'album à Londres, il y a eu ces attentats, le Brexit, il y a eu plein d'éléments qui ont rendu les Anglais un peu anxieux, un espèce de climat un peu anxiogène. Il y avait beaucoup ce mot blitz qui revenait tout le temps, dans la presse, à la radio, dans les news. Le blitz revenait tout le temps, dans toutes les conversations. Je me suis dit : "Mais bien sûr, blitz, évidemment". En plus, le mot a une sonorité que j'aime bien et une énergie que j'aime bien. Ça me paraissait être un terme générique pour ce que raconte ce disque. Le disque commence : "Il y a une porte dans le désert, ouvre-là". C'est une voix parlée qui dit ça. C'est Duggie Fields, un peintre post-moderniste que j'ai rencontré. C'était le colocataire de Syd Barrett. Grâce à lui, j'ai pu revisiter la chambre dans laquelle Syd Barrett a vécu et écrit surtout toutes les chansons de ses deux albums solos après s'être fait éjecter de Pink Floyd.C'est le souvenir du gamin de 13 ans qui achetait The Piper at the Gates of Dawn, le premier album des Pink Floyd.Vraiment.On entend ce son, entre une certaine douceur et une forme d'apocalypse musicale autour.Après avoir passé, Duggie a senti que c'était important pour moi. Il m'a laissé un quart d'heure, 20 minutes dans la chambre en me disant : "Je sais que c'est important pour toi". Vraiment, ça m'a remué. C'est probablement une partie de mon imagination qui a fonctionné à fond la caisse, mais j'avais la sensation de la présence de Barrett. Je suis sorti de là et j'ai écrit quatre chansons. Ça a été un déclencheur d'écriture.Il y a cette pochette incroyable. Ça fait penser à quoi ? Portier de nuit, un peu Bowie.Plein de choses. À Bowie, je ne sais pas, peut-être. Mais surtout portier de nuit. Il y a aussi Brando, il y a aussi Lou Reed Transformers, il y a Kenneth Anger dans Scorpio Rising. Il y a une grande partie de tout mon imaginaire et de tout ce que j'ai absorbé en étant adolescent et enfant. Forcément, ça ressort. J'ai eu envie d'avoir une image qui ressemble à ça.Tu dis : "Je suis un corps traversé par des chansons". Oui, c'est vrai. Je pense que c'est commun à tous les musiciens, d'avoir l'impression qu'à la limite on n'y est pas pour grand-chose, qu'on est traversé par quelque chose d'un petit peu mystérieux. Par exemple, il y a une chose assez parlante, c'est que quand j'écris une chanson, c'est comme un état d'hypnose presque. Je ne me souviens pas du tout après, comment c'était quand je l'ai fait. Il y a cette chose qui vous traverse. C'est une faculté peut être d'être un médium pour que les choses vous traversent, et d'en faire quelque chose. C'est moi, mais ça pourrait être vous.C'est vrai. C'est notre vie. Je pense à une chanson qui s'appelle Le jardin, qui est une chanson très personnelle, et en même temps presque joyeuse.Elle l'est parce que je voulais évoquer… J'ai perdu ma soeur aînée brutalement sans prévenir. Ça a été, tout le monde le comprendra, un gros chagrin. Quand on écrit, on écrit sur sa vie. J'ai toujours des résistances à écrire sur des choses trop personnelles parce que je suis assez pudique, mais en même temps j'avais envie de lui rendre un hommage. Le meilleur hommage que je pouvais lui rendre, c'était de l'imaginer dans un endroit très beau avec des bonnes odeurs, des fleurs, beaucoup d'apaisement. Cette chanson, c'est ça, mais en même temps, elle est très dynamique C'est une célébration dynamique. En aucun cas, ça se veut être larmoyant, surtout pas.La vie… La mort nous rappelle la vie.La vie fait partie de la mort et inversement. Les deux n'ont de sens que parce qu'il y a l'autre de l'autre côté du miroir.Elle repose au milieu du jardin, affolée par mille et un parfums, son esprit déambule au-dessus des jasmins,pivoines roses, pourpres et carmins.Etienne, les portes du désert vont s'ouvrir tout à l'heure à Montreux.J'espère que ce ne sera pas le désert, qu'il y aura du monde.En ouverture du Montreux Jazz. On pense à quoi à cet instant précis ?Je ne sais pas. J'ai surtout beaucoup d'impatience que ça arrive. C'est surtout ça. Avec les musiciens, on est vraiment comme des frères. C'est vraiment une famille. On est bien ensemble. C'est assez fort. C'est plus de l'impatience et l'envie circule. En plus, à Montreux, j'avais joué il y a trois ans et j'ai gardé un souvenir incroyable de ce concert. J'avais l'impression que tout le monde était en lévitation. Il y avait un truc vraiment très spécial, comme si tout le monde était un peu drogué. Il y avait un espèce de truc très funk, plein d'énergie mais un peu flottant. C'était la pleine lune et c'est aussi la pleine lune aujourd'hui. Merci Etienne.Merci à vous.Bon concert, merci Etienne.Merci.

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    00:08:23
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