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  • L'invité

    Zep

    Invité : Zep, auteur suisse de bandes dessinées.

    Le père de "Titeuf" sort "The End", un thriller botanique qui montre comment, en détruisant l'environnement, l'homme court à sa propre perte.

    Présentation : Patrick SImonin.

    Transcription

    This is the end, bonjour Zep.

    Bonjour.

    The end, ça veut dire la fin. C'est le nouvel album du papa de Titeuf, mais cette fois-ci, c'est très sérieux. C'est autre chose, Zep.

    Ce n'est pas le dernier.

    C'est un univers étonnant, un univers pas de science-fiction. On est bien aujourd'hui là.

    C'est une forme de science-fiction puisque c'est une fiction, heureusement pour nous, mais il y a beaucoup d'éléments scientifiques dedans. I (...)

    This is the end, bonjour Zep.

    Bonjour.

    The end, ça veut dire la fin. C'est le nouvel album du papa de Titeuf, mais cette fois-ci, c'est très sérieux. C'est autre chose, Zep.

    Ce n'est pas le dernier.

    C'est un univers étonnant, un univers pas de science-fiction. On est bien aujourd'hui là.

    C'est une forme de science-fiction puisque c'est une fiction, heureusement pour nous, mais il y a beaucoup d'éléments scientifiques dedans. Il y a beaucoup de choses racontées ou d'éléments d'enquête vrais et vérifiés aujourd'hui. Il y a une grande part de science. On peut dire que c'est de la science-fiction.

    Quand je dis c'est un thriller botanique, on va expliquer, ça paraît un peu bizarre, mais c'est quand même un thriller. Il y a un suspense.

    C'est un thriller. Ça a les aspects d'un thriller puisqu'on démarre avec une scène dramatique, un mystère, des morts inexpliquées. Après, petit à petit, il y a cette enquête. On s'aperçoit qu'il y a des choses étranges, qui ne sont pas normales. C'est une équipe de botanistes en Suède qui observent les arbres. Ils se rendent compte que ce sont les arbres qui sont en train de les observer. Il y a des choses pas très normales. Il y a une usine de pharmacologie pas très loin. Il y a des éléments de pollution très inquiétants, des parallèles qui sont faits avec la guerre bactériologique. Petit à petit, on glisse vers un thriller, mais cette fois, le personnage central du thriller, c'est la forêt.

    Écoutez cette chanson, elle est importante dans l'album.

    J'ai choisi une espèce de B. O. du livre, aussi parce que le titre m'arrangeait bien, mais j'avais envie qu'un des personnages principaux qui est un vieux professeur, un vieux botaniste, qui a émis cette hypothèse du codex qui est au centre du livre, à savoir que la mémoire de notre planète est encodée dans l'ADN des arbres, mais que les hommes n'y ont pas accès. C'est de la fiction. Cet élément est complètement fictionnel, mais on se rend compte qu'il pourrait être assez plausible puisqu'on découvre de plus en plus de choses dans notre lecture des arbres et dans notre compréhension du monde des arbres. Par exemple, on a découvert que dans l'ADN de certains individus, de certains grands arbres, il y a non seulement leur signature, comme on a notre code qui dit ce que vous êtes, votre peau, vos ongles, vos doigts, mais il y a aussi la signature de toute l'espèce depuis son origine. L'idée que l'origine de l'histoire de notre planète soit stockée quelque part, comme on stocke des éléments d'information dans le Cloud, dans ce big data qui conserve nos informations, elle est plausible, parce qu'on sait qu'une chaîne ADN végétale est immense. C'est le plus grand disque dur que vous pouvez avoir sur terre. Ce n'est pas impossible du tout que ces informations soient stockées…

    Tout ça est tout à fait plausible. On parlait à l'instant des Doors, la voix de Jim Morrison. On vient d'entendre The end. Votre scientifique écoute cette musique. Il est dans cet univers-là.

    Il est à la fois dans cet univers-là, on peut imaginer que c'est un ex de la génération Woodstock, c'est-à-dire qu'il a grandi avec cette musique. C'est un ancien rebelle à cheveux longs, mais aujourd'hui, c'est un vieux sage. C'est quelqu'un qui écoute les arbres, qui essaye de comprendre cette nature et de se recaler en tant qu'humain par rapport à cette nature, d'imaginer que l'homme n'est pas le maître de la Terre. On est les derniers arrivés. Il le dit à moment dans le livre. Il dit : "Je ne comprends toujours pas pourquoi les arbres nous tolèrent, pourquoi la nature nous tolère, parce qu'on est les derniers arrivés et on précipite le déséquilibre". On ne participe pas à l'équilibre général. Toutes les espèces sur terre participent à l'équilibre et quand elles n'y participent plus, généralement une espèce disparaît. On le sait depuis la création de la Terre, beaucoup d'espèces ont disparu, les dinosaures notamment. Il dit : "On n'a pas amené quelque chose pour l'équilibre général, on a pris des choses pour nous. On n'a pas amené quelque chose pour l'équilibre général, donc pourquoi on est toléré ?" C'est une question qui se pose. Il a à la fois cette préoccupation scientifique, c'est quelqu'un de très sérieux, mais qui a cette marotte de, tous les jours, il écoute le premier album des Doors. Pour lui, c'est un acte religieux presque. Il écoute cette musique qui est la musique de sa jeunesse.

    Je pensais que nous étions là pour observer la forêt, mais c'est elle qui nous observait. Il y a une vie dans les arbres.

    On le ressent tous ça parce que ça fait partie de notre mémoire humaine. Il ne faut pas oublier que ce sont les arbres qui nous font vivre, qui, chaque jour, produisent l'oxygène qu'on utilise et transforme tout le gaz carbonique qu'on rejette dans nos poumons. Aujourd'hui, on le rejette massivement dans nos villes. On le voit très bien dans une ville comme Paris. Si vous regardez les arbres parisiens, ils sont tout gris parce qu'ils bouffent tout le gaz carbonique que les voitures et que toute la pollution produit. Ils ont une fonction essentielle pour nous. Ce sont eux qui nous permettent d'habiter dans une ville comme ça. Si vous enlevez les arbres dans Paris, on ne peut plus vivre.

    Sans révéler l'album, il pourrait décider que les Hommes doivent disparaître parce qu'ils constituent une menace.

    Le postulat du professeur, c'est de dire que la disparition des dinosaures, ce n'est pas une météorite qui est tombée sur Terre, mais c'est la Terre qui dit "Cette espèce n'évolue pas, elle n'apporte plus rien. Elle prend sans donner, donc on la supprime. " Il y a un dessein planétaire général. Toutes les espèces sont connectées. Ce sont des expériences qu'on fait depuis les années 50-60. On sait qu'un animal qui souffre, par exemple, un arbre réagit à cette souffrance. Il entend la souffrance des espèces autour de lui. Il nous observe. Un arbre réagit à notre présence. Il va produire quelque chose de particulier en fonction de la présence de tel ou tel animal. Il peut manipuler les animaux. Il peut décider d'arrêter de grandir ou de continuer à grandir, d'aller d'un côté ou d'un autre, de modifier même sa propre apparence. On découvre que certains arbres, sans pouvoir expliquer pourquoi aujourd'hui, à leur sommet, si on prend une feuille d'un côté et un autre, elles n'ont pas le même ADN. Ils ont la possibilité de créer deux individus dans un. C'est très étrange. Ils sont tous connectés. C'est quelque chose qui a été beaucoup dévoilé au grand public, notamment par le livre La vie secrète des arbres. On a découvert que les arbres non seulement étaient connectés entre eux, mais même entre des espèces diverses, qu'ils communiquaient par le biais des champignons, qui travaillent pour eux en quelque sorte, sur des kilomètres et des kilomètres. Ils peuvent envoyer des informations à des individus très loin. On est là avec des moyens, on a l'impression qu'on a tout inventé. Il y a une sorte de web qui fonctionne entre les végétaux et tous les vivants sur cette planète depuis des millions d'années. Et nous, on arrive. En gros, on arrive et on casse tout. On est persuadé que tout est à nous. C'est une forme de bon sens de dire, peut-être qu'on doit quelque chose à cette planète.

    C'est magnifique, Zep, The End. Je dis que c'est un thriller parce qu'il y a vraiment un suspense de la première à la dernière case, des changements de couleur, d'ambiance, de personnages. On se dit que ça ferait un film extraordinaire. Ça pourrait faire un film extraordinaire.

    J'espère. Peut-être, on verra. Ce n'est pas de mon ressort. Je suis très heureux de faire des livres. C'est ce que j'aime. Après, les livres sont parfois adaptés au cinéma avec plus ou moins de bonheur, mais pourquoi pas.

    Merci. C'est publié chez Rue de Sèvres, Zep était notre invité pour son album événement, The End, my friend.

    The End, my friend. Merci beaucoup.

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    00:08:09
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