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  • L'invité

    Christine St-Pierre

    Invitée : Christine St-Pierre, ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie.

    Au terme de la 30e édition des Francos de Montréal et alors que le Québec célèbre sa fête nationale, entretien avec la ministre québécoise Christine St-Pierre.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francos de Montréal.

    Transcription

    Bonjour Christine St-Pierre.

    Bonjour.

    Ministre des Relations internationales du Québec, merci d'être notre invitée. Vous faites une tournée en Europe, vous vous êtes rendu au Maroc, on va en reparler dans quelques instants. Les 30ème Francos de Montréal se sont achevées. C'est le signe de la vivacité culturelle du Québec ?

    Les FrancoFolies de Montréal, c'est toujours un grand bonheur et un grand plaisir de voir à quel point la chanson francophone est si (...)

    Bonjour Christine St-Pierre.

    Bonjour.

    Ministre des Relations internationales du Québec, merci d'être notre invitée. Vous faites une tournée en Europe, vous vous êtes rendu au Maroc, on va en reparler dans quelques instants. Les 30ème Francos de Montréal se sont achevées. C'est le signe de la vivacité culturelle du Québec ?

    Les FrancoFolies de Montréal, c'est toujours un grand bonheur et un grand plaisir de voir à quel point la chanson francophone est si vivante d'accueillir des artistes de la francophonie, mais également voir nos artistes québécois à la relève. Cette année a été un succès énorme, mais je pense que ça va aussi avec le dynamisme de Montréal et le dynamisme du Québec.

    Un dynamisme lié à la Francophonie, à la culture. Vous êtes inquiets de ce qu'il se passe en ce moment aux États-Unis avec Donald Trump ? Sa volte face, notamment sur la séparation des enfants de leur famille concernant les réfugiés, par exemple.

    Cette politique est tout à fait inacceptable. On a vu, d'ailleurs, comme vous le dites, il a reculé. Sur la question économique, c'est évidemment très inquiétant pour nous parce que nous dépendons beaucoup du marché américain. Nos exportations vont en grande majorité vers les États-Unis. Ces taxes récemment imposées sur l'aluminium, cela a été imposé également à l'Union européenne, mais aussi chez nous, c'est excessivement important. Nous sommes le plus gros producteur d'aluminium au Canada. Notre aluminium va principalement vers le marché américain. Donc, nous, nous avons mis en place une stratégie depuis les 18 derniers mois, une stratégie très intensive sur le territoire américain. Le Québec a neuf bureaux aux États-Unis et nous avons des relations, bien sûr, avec des gouverneurs, les États qui représentent nos principaux marchés. Donc, nous travaillons de façon très intensive. Le Premier ministre part très bientôt pour une mission aux États-Unis pour aller rencontrer nos partenaires. Nous sommes sur le terrain et nous voulons faire en sorte que nous allions chercher le plus d'alliances possible, autant chez les élus que chez les gens du milieu économique, les chambres de commerce. Tous les gens qu'on rencontre ne comprennent pas.

    Vous dites que les États-Unis, ce n'est pas uniquement Donald Trump ? Vous dites qu'on peut travailler et qu'on doit continuer de travailler avec les États-Unis en dépit de Trump.

    Tout à fait, il faut travailler avec nos partenaires américains. 32 États américains ont le Canada comme premier marché. Donc, la renégociation de l'accord de libre échange Canada-Mexique-Etats-Unis pour nous est tout à fait compréhensible. C'est un accord qui crée des emplois aux États-Unis, qui en crée chez nous, qui en crée également au Mexique. C'est une attitude du président Trump que nous n'expliquons pas. Nous voulons bien sûr faire le travail sur le terrain, la pédagogie par rapport aux emplois qui sont reliés au libre échange en territoire américain. On parle de 14 millions d'emplois pour les Américains, c'est énorme. Il faut faire comprendre ces aspects-là du libre échange.

    Et une ouverture justement, une ouverture économique.

    Bien sûr, il faut faire une ouverture économique de nos jours. Ce n'est pas l'heure de se refermer, fermer les portes, cela ne crée pas d'emplois, ça diminue les emplois, ça augmente les tarifs. L'aluminium va coûter plus cher aux États-Unis, la canette de bière. L'aluminium sert beaucoup dans le domaine de la Défense américaine. Alors. on a un sentiment de… Nous sommes très perplexes par rapport à ce que le président Trump fait. Il faut dire, cependant, qu'au Canada nous avons un lien très étroit avec le gouvernement fédéral, le premier ministre Couillard, le premier ministre Trudeau, et les autres provinces également, nous faisons front commun pour faire en sorte que nous puissions défendre le plus possible nos intérêts, mais aussi faire comprendre à nos partenaires américains qu'ils ont tout intérêt à travailler avec leurs amis. Le Canada est un ami des États-Unis, le Canada n'est pas un ennemi des États-Unis.

    Les valeurs de la Francophonie derrière tout ça. Le Québec confirme cet engagement, la CTT, la Francophonie, la création de la chaîne internationale où vous êtes aujourd'hui invitée, TV5 Monde, la chaîne de la Francophonie. Tout cela va dans un sens où le Québec s'engage.

    Nous sommes très engagés, comme toujours, dans la francophonie, mais plus encore. Nous voyons avec ce qu'il se passe aux États-Unis que nous devons développer des marchés ailleurs, donc l'accord de libre échange Canada-Union européenne est fort important, il fait en sorte que nos entreprises peuvent développer de nouveaux marchés. Et sur l'Afrique, nous avons décidé, au gouvernement du Québec depuis deux ans, d'intensifier notre présence. Nous n'étions pas là officiellement et nous avons ouvert, nous ouvrons notre troisième bureau à Rabat, au Maroc. Nous sommes déjà présents en Côte d'Ivoire et au Sénégal pour faire en sorte que ce que nous faisons à l'intérieur de l'organisation internationale de la francophonie, qu'il y ait déjà ce concret de poser pour développer aussi nos échanges parce qu'il y a quand même un intérêt énorme envers l'Afrique. L'Afrique se développe, il y a des choses qui peuvent se faire en partenariat, avec la France d'ailleurs. Et pour ce qui est de notre appartenance à TV5 Monde, elle est essentielle. Au Québec, la langue française est quelque chose que nous devons défendre, devons en faire la promotion quotidiennement, tous les jours. C'est un combat de tous les jours en Amérique du Nord de protéger la langue française. Et faire partie de ces grandes familles, être sur les ondes, par exemple de TV5 Monde, rejoindre le nombre de foyers qui sont rejoins par cette chaîne de télévision, est essentiel pour nous, c'est notre culture que nous partageons avec l'ensemble de la Francophonie.

    Vous avez envie de le dire au gouvernement français, parfois quand il peut y avoir des doutes sur l'engagement de la France à l'égard de TV5 Monde ?

    Notre engagement pour nous est absolument… est un engagement indéfectible et nous comptons sur nos partenaires. Les Français au sein de TV5 Monde, le gouvernement français et les Français sont des joueurs majeurs, importants. On comprend, on reconnait la contribution importante de la France, mais nous disons aussi qu'il faut que tous les partenaires continuent d'être au sein de cette grande famille. C'est de cette manière que nous faisons le plus la promotion et la protection de la langue française : par la télévision. par les ondes, par la chanson, le théâtre, les émissions de télévision comme la vôtre, également les séries télévisées.

    Vous ne comprendriez pas que tout ça puisse disparaître. Parce que un partenaire… Par exemple, la France pourrait éventuellement partiellement se retirer.

    Il ne faut pas, absolument pas. Il faut absolument que nous soyons conscients de l'importance de TV5 Monde. C'est une chaîne de télévision fondamentale pour la francophonie. Nous avons fait cette bataille en 2007, j'étais alors ministre de la culture, et nous avons fait comprendre à nos partenaires français qu'ils ont un leadership à jouer dans cette grande famille de la Francophonie, et cela passe par TV5 Monde.

    Un mot, vous vous engagés en faveur des personnes gays, lesbiennes et trans.

    Oui, tout à fait.

    C'est un acte important de la part du Québec aujourd'hui ?

    Dans notre politique internationale que nous avons rendue publique l'année dernière, nous avions ce volet de défense des droits des LGBT. Et nous avons annoncé la semaine dernière la création d'une organisation internationale à Montréal de défense des droits des LGBT. Nous savons que dans la francophonie, il y a des pays où encore c'est criminel. Il faut aussi, dans la francophonie, établir un partenariat pour faire en sorte que les droits de tous soient respectés. Nous voulons aider ces pays, ces jeunes, ces jeunes et ces moins jeunes, qui font face à des discriminations. Et on pense qu'on peut, ensemble, faire avancer avancer cette cause.

    Un mot encore sur la mobilité et la reconnaissance des acquis des jeunes francophones, là aussi, vous faites un effort.

    Tout à fait, nous avons nommé un émissaire à la mobilité parce que nous voulons que la reconnaissance des diplômes se fasse au Québec. On a encore des gens qui arrivent au Québec, qui arrivent de pays de la francophonie, des immigrants, et leurs diplômes ne sont pas reconnus. Et on leur fait des promesses, on leur dit : "Venez chez nous, venez travailler chez nous, on va reconnaitre votre diplôme". Et il y a des ordres professionnels qui sont encore très fermés, alors nous avons nommé une personne qui va vraiment être en mesure de casser ces vieux réflexes de fermeture pour s'ouvrir davantage et accueillir des immigrants qui vont venir bâtir le Québec, qui vont venir participer à l'avenir du Québec.

    Merci beaucoup Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales du Québec, d'avoir été notre invitée aujourd'hui.

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    00:08:28
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