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  • L'invité

    Édouard Baer

    Invité : Édouard Baer, acteur, réalisateur et animateur de radio et de télévision français.

    Édouard Baer s'est installé à Montréal, le temps des Francos, pour une immersion dans le Québec qu'il aime et qu'il raconte dans des improvisations radiophoniques.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francos de Montréal.

    Transcription

    Loin, mais qui est loin, qui est proche ? Qui est au centre ? Qui est dans la périphérie ? La Terre est-elle plate ? Est-ce que quand on se penche, on tombe ? Est-ce que les cartes de notre enfance sur les murs scolaires avaient raison ? Est-ce que tout est rectangulaire ? Sommes-nous le nombril du monde ? La Terre, la Terre est ronde, la Terre est pleine, la Terre est bleue comme une orange. La Terre est sèche comme un coeur en hiver. Bonjour, bienvenus ce matin à Montréal. Bienvenue dans Plus (...)

    Loin, mais qui est loin, qui est proche ? Qui est au centre ? Qui est dans la périphérie ? La Terre est-elle plate ? Est-ce que quand on se penche, on tombe ? Est-ce que les cartes de notre enfance sur les murs scolaires avaient raison ? Est-ce que tout est rectangulaire ? Sommes-nous le nombril du monde ? La Terre, la Terre est ronde, la Terre est pleine, la Terre est bleue comme une orange. La Terre est sèche comme un coeur en hiver. Bonjour, bienvenus ce matin à Montréal. Bienvenue dans Plus près de toi.

    Fantastique, Edouard, d'improviser comme ça. Improviser comme la vie, c'est une improvisation ?

    C'est ce que vous faites là. Vous avez préparé vos questions.

    J'ai tout préparé, c'est là.

    À partir de là… Moi aussi. C'était le truc de Picasso. Combien de temps pour peindre ce tableau ? Un quart d'heure et 50 ans. Je vais bientôt avoir 40 ans… Non, j'ai 51 ans. Il y a du temps où on regarde des trucs, on écoute un petit peu et les choses nous viennent plus facilement à nos âges peut-être.

    C'est un peu du rap ?

    Du slam un petit peu.

    Du slam ?

    Parfois, j'ai des fonds hip-hop.

    Un slameur, bientôt aux Francos sur scène, Edouard ?

    Peut-être. En tout cas, c'est très agréable à faire. J'ai été à beaucoup de concerts et je vois bien le plaisir qu'on a quand on vient juste dire son texte, comme Eddy de Pretto par exemple, sans fioritures, sans musiciens, sans rien, sans chorégraphie, sans mouvement. Il se plante au milieu du public, il envoie et il balance ses lyriques. Je comprends, il y a un plaisir physique. Comme spectateur, on le ressent. C'est très beau ce genre de spectacle.

    C'est comme au théâtre.

    Ici, ils ont le goût des mots dans les chansons. Quand on vient chanter en français, on vient dire un texte. On vient partager une poésie.

    Ça chante, une langue, c'est ça ?

    J'adore ça, j'adore la chanson, j'adore les mots. J'adore les entendre sur scène. Quand Camélia Jordana chante, j'ai toujours le frisson. La chanteuse Québécoise Safia Nolin, je l'ai découverte aussi. Elle s'est fait connaître en France par une reprise de Julien Clerc, je le sais, sa façon d'être à moi, parfois vous déplaît. Ce n'est pas possible de ne pas être bouleversé.

    C'est le même métier, le théâtre, le cinéma, la chanson ?

    Oui…

    On se promène dans tout ça.

    On cherche à transmettre des émotions comme on cherche à en ressentir aussi. C'est un échange.

    C'est ouvert la nuit, tout le temps ?

    C'est jour et nuit.

    Je pense au titre du dernier film d'Edouard, Ouvert la nuit. On est ouvert tout le temps au monde ?

    On essaye. On est sauvé par les autres, sinon on est trop plein de soi. Heureusement que les autres nous sortent de ça.

    Heureusement qu'il y a un peu de folie dans tout ça ?

    Il y a de la folie. La folie est là-dessous, elle ne demande qu'à sortir, comme les poissons qui sortent de la mer pour mordre à l'hameçon. Ça ne demande qu'à sauter. On s'en empêche. Le monde se meurt par manque d'imprudence, c'est la phrase de Brel. Dès qu'on se lance un peu, on s'amuse beaucoup.

    Est-ce qu'on peut faire quelque chose sans être un peu dingue, raide dingue ?

    On n'est pas assez dingue. Je ne le suis pas. On est des faux dingues. On est très raisonnable. Quelqu'un m'avait dit : "Tu es le fils de Jean Lecanuet et Iggy Pop". On a deux parties en nous, une partie qui nous dit de rentrer à la maison et l'autre qui nous dit : "Entrouvre la fenêtre et saute voir ce qu'il se passe dehors".

    Vous avez plutôt envie de sauter par la fenêtre, vous, Edouard ?

    Oui, au rez-de-chaussée. Dès le second, je prends l'ascenseur comme beaucoup de gens.

    Quand je dis ça, c'est parce que vous faites tout avec une espèce de gourmandise. Tous les métiers, tout vous intéresse.

    Ce sont des métiers qui se ressemblent. Vous êtes bien aimable, Patrick. De toutes façons, tout le monde rêve de voyager pour son métier. Vous imaginez, je suis payé pour arriver à Montréal et pour rencontrer des gens. C'est pas mal.

    C'est un rêve. Être à Montréal, comment ça se passe une journée d'Edouard à Montréal ? Racontez-moi un peu.

    On m'a passé un scooter électrique. Ça a le son du vélo, on entend la ville. Ça a l'énergie de l'homme assis, je ne bouge pas du tout et je peux sillonner dans les petites rues. Il y a des quartiers incroyables ici, des rêves de campagne à la ville ou de ville à la campagne. Tout le quartier du Plateau de Mont-Royal, c'est comme Rio de Janeiro. La végétation bouffe les maisons. Il y a des écureuils. Il y a des gens qui sont là. On peut parler avec eux. On peut commencer une conversation. Il y a assez peu de voitures. Si on aime vraiment les Québécois, on vient passer l'hiver avec eux, mais déjà l'été, c'est inouï.

    On a envie de revenir en hiver ?

    On a envie par solidarité en tout cas, pour en chier bien ensembe, pour mériter son été. C'est toujours pareil. Pour se rendre compte que c'est l'été, il faut avoir vécu l'hiver.

    Ça, c'est aussi un texte.

    Oui, c'est ça !

    Est-ce qu'il faut subir l'hiver pour mériter l'été ?

    Est-ce qu'il y a des montées sans descentes ? Si on ne veut pas souffrir, on peut s'installer devant sa télévision et appeler au téléphone qu'on nous livre des pizzas, mais on n'aura pas vécu. C'est la fameuse question, y a-t-il une vie avant la mort ?

    C'est la question qu'on se pose tous les jours. Visiblement, il y a de la vie.

    On essaye.

    J'ai envie de vous dire, quelle est votre chanson préférée ?

    Celle qui me vient, c'est Avec le temps, va, tout s'en va. On oublie le visage, on oublie la voix, le coeur quand ça va plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien.

    Ce n'est pas très joyeux ça ?

    Non, mais non. C'est pour ça qu'on s'amuse beaucoup, c'est parce que ce n'est pas joyeux du tout. Les choses en soi sont dramatiques. C'est la façon de les prendre qui est joyeuse.

    On a besoin de l'humour pour ça.

    Bien sûr.

    On va préciser que c'est de l'anis, un sirop d'anis.

    C'est une tradition locale ici.

    Comme la poutine.

    Il faut arrêter avec la poutine. La poutine, ce sont des frites avec du fromage. Même les Québécois n'en peuvent plus de la poutine. Ils renvoient ça à Poutine. Ça emmerde tout le monde, la poutine. Il paraît que le fromage doit faire crac-crac. Qui a envie de trucs qui fassent crac-crac dans votre bouche ? Non, il y a 1000 restaurants formidables, maintenant. Martin Picard qui est un ogre, qui tient Le pied de cochon, c'est un personnage fou. Il tue quasiment la bête pour vous la servir là.

    Non ?

    Il n'est pas dans le vegan, Martin Picard, je peux te le dire.

    Il faut amener Depardieu.

    Avec amour. C'est comme Jean-Pierre Coffe qui dit : "Il ne faudrait manger que des cochons qu'on a connus de son vivant". Depardieu, il y va quand il vient.

    Il aime bien qu'on tue le cochon devant lui ?

    Oui. Il y a de la monstruosité chez Depardieu. Je préférerais qu'on trouve une solution, qu'on le mange sans le tuer. Je suis beaucoup plus faux cul que Depardieu.

    Qu'on le mange vivant, c'est ça que vous voulez dire ?

    Non, s'il pouvait m'en donner un tout petit peu. Donne-moi un tout petit peu de jambon, mais après, vous me jurez qu'on ne lui fera pas de mal. Ce sont les mecs qui voudraient lier leur goût pour la viande et leur amour normal pour les animaux, pour la nature. C'est encore une phrase de Souchon. Les vaches qu'on aime, on les mange quand même.

    C'est vrai.

    Oh, le petit chat, qu'il est mignon. À table. Au revoir petit chat. Il y a un truc terrible là-dedans.

    Merci Edouard.

    C'est moche un Homme, c'est moche. Ce n'est pas beau, l'être humain.

    Merci Patrick. Dans toutes les villes de la francophonie, il y a un espace Patrick Simonin. Ici, l'espace Patrick Simonin, c'est une tranche de jambon agrémentée de son pain et d'une petite moutarde de proximité. Pour la modique somme de 600 euros, vous pouvez, vous aussi, être interviewé par Patrick Simonin, l'homme qui a le moins de cheveux de la francophonie.

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    00:07:58
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