Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Jacques Vendroux

    Invité : Jacques Vendroux, journaliste sportif français.

    Alors que va s'ouvrir la Coupe du monde de football en Russie, l'une des grandes voix du foot à la radio, et notamment à France Inter, se souvient des moments marquants de sa carrière dans « Amoureux foot ».

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Amoureux Foot, ça pourrait être le titre d'une chanson, Jacques Vendroux, l'une des grandes voix de la radio France Inter, l'inventeur du multiplex Football. Jacques Vendroux est notre invité. Vous publiez vos souvenirs et Jacques Vendroux, j'allais presque dire, vous avez traversé la vie comme un footeux, comme un gamin ?

    Comme un enfant, c'est-à-dire que depuis que j'ai la chance de faire ce métier, depuis l'âge de 18 ans, ça va bientôt faire 52 ans, plus de 52 ans, j'ai eu la ch (...)

    Amoureux Foot, ça pourrait être le titre d'une chanson, Jacques Vendroux, l'une des grandes voix de la radio France Inter, l'inventeur du multiplex Football. Jacques Vendroux est notre invité. Vous publiez vos souvenirs et Jacques Vendroux, j'allais presque dire, vous avez traversé la vie comme un footeux, comme un gamin ?

    Comme un enfant, c'est-à-dire que depuis que j'ai la chance de faire ce métier, depuis l'âge de 18 ans, ça va bientôt faire 52 ans, plus de 52 ans, j'ai eu la chance de réaliser mon rêve. Ma vie, pour très clair avec vous, je pense que c'est une énorme connerie, depuis le départ. Et j'ai eu de la chance, énormément de chance. Vous parliez de Furiani, vous parliez du Stade de France, j'ai eu deux ou trois autres galères, mais quand vous faites le résumé de ces 52 ans, bientôt 53, je vais dire que je suis un enfant gâté de la société. J'ai réalisé tout ce que je voulais. Je n'ai jamais eu, excepté des accidents, je n'ai jamais eu de déception par ce métier. J'ai commenté tous les matches les plus importants, toutes les Ligues des champions, les Jeux olympiques, même commenté de remplacer au dernier moment un des journalistes de la direction des sports du groupe Radio France, malade, sur un match de rugby, je n'y connaissais rien. On me désigne au dernier moment, je dis : "Attendez, je peux commenter mais je peux donner l'heure, je peux donner la pénalité, je peux donner la transformation, je peux faire une sortie de mêlée, mais ça ne peut pas aller au delà, je suis incapable de faire du descriptif", mais j'y étais avec un immense plaisir. C'est vrai que ma vie c'est une blague. Et je me suis marré avec Thierry Roland, je me marre avec d'autres personnes maintenant. C'est vrai que… Vous savez, quand Thierry me dit : "Il faut faire ce métier sérieusement sans se prendre au sérieux". Ce n'est pas parce que vous passez à la télé de temps en temps sur CNEWS ou LCI, ce n'est pas parce que vous faites de la radio et qu'on vous entend, que vous vous êtes plus important que les autres. Moi, je fais mon métier le plus normalement du monde, je suis content de partir au bureau et je suis content aussi de faire cette aventure merveilleuse qui, un jour ou l'autre, va forcément prendre fin. Je pourrais dire que je me suis éclaté pendant près de 52, voire 53 ans.

    Mais éclaté, parce que les gens s'éclatent aussi. C'est ça le foot. Cet incroyable bonheur qu donne le foot.

    C'est un métier…

    Vous le comprenez ça, Jacques Vendroux, vous encore gamin qui rêviez… ? Comment le foot peut avoir cette importance ?

    Le foot, d'abord, c'est un sujet de société, c'est-à-dire que, un, vous pouvez jouer au foot partout. Nous, par exemple, avec le Variétés Club de France, on a été faire un match au Groenland, inattendu. Ils ont construit un stade, stabilisé, pour nous recevoir. On a été échangé quelques ballons sur un iceberg au large de Nuuk au Groenland. Le foot se joue partout. Je vous raconte cette anecdote parce que le foot se joue partout, même sur un iceberg. Le football concerne tout le monde.

    C'est un langage universel ? C'est un message pour le…

    Le football, et le sport, et notamment le football, est le seul moyen de réconcilier les gens. Tout le monde est derrière soit l'équipe de France, soit l'équipe d'Argentine, soit l'équipe d'Angleterre. Vous discutez foot entre trois personnes. Il y en a deux qui sont fâchées et vous essayez, vous, de réconcilier les deux personnes par le biais du foot, cous réussissez à 90%, parce que le foot est fédérateur, parce que le foot, c'est une famille, parce que moi, j'en ai marre que l'on diabolise le football. "Il y a trop d'argent", "on dépense trop d'argent", "les mecs ne sont pas sérieux"… Etc. Heureusement qu'il y a le football. Heureusement qu'il y a ces retransmissions. Heureusement qu'il y a ces retransmissions à la télé et à la télévision. C'est fédérateur, donc on a une chance inouïe, c'est d'abord de commenter ces matchs, je pars en Russie dans quelques jours, et on a eu une chance inouïe de refaire vivre l'histoire. Vous savez, Paul Verlaine, le poète du dix-neuvième siècle, a écrit une phrase que je sors à chaque occasion, positive : "Nos souvenirs sont nos meilleurs compagnons". Et c'est la vérité. Vous n'allez pas bien, vous repensez à un match de foot, vous repensez à un match que vous avez commencé.

    Vous pensez à quoi, par exemple, Jacques ? Vous pensez à un but de Zidane, vous pensez à quoi ?

    Moi, c'est très égoïste, je pense à un arrêt de gardien de but que j'aurais aimé faire ou que j'aurais rêvé faire, mais que j'ai fait dans ma tête, mais qu'en fait, je n'ai pas fait, mais j'imagine. Un penalty arrêté à la 89e minute de jeu dans un match où je jouais avec Saint-Etienne, où je jouais avec l'équipe de France. Ce sont des rêves que je mets dans ma tête et que je fais passer la réalité, mais je peux penser aux deux buts de Zidane en finale de la Coupe du monde. Je peux penser à cette reprise de volée incroyable de Jean-Michel Larqué avec Saint-Etienne en finale de la Coupe de France. Je peux penser à un but de Giresse, je peux penser aux trois buts de Platini contre la Yougoslavie en 1984, quand ils sont champions d'Europe. Je peux repenser à un but de Thierry Henry. Évidemment, mais avant tout, je pense aussi aux arrêts, en vrai, des gardiens de but, Banks, Barthez… Vous savez, puisqu'on parle de ça, Pele, un jour à Mexico, Mexique, en 1970, il fait une tête dans la surface de réparation. Il fait une tête qui va directement dans la lucarne droite de Banks. Et Banks fait un arrêt incroyable. Il va la chercher… Etc. Et Pele a cette déclaration hallucinante. Il dit : "J'ai marqué un but à Banks qui l'a arrêté". C'est magique d'écrire ça. C'est fabuleux. Donc, je vis que de rêves, en fait. Mais, un jour il faudra que je me réveille, ce n'est pas la réalité.

    Un jour, il faudra se dire, quand vous commentez en multiplex, puisque vous l'avez inventé, le multiplex, Jacques Vendroux, un but, vous vous en perdez la voix. C'est quoi, c'est une extase, une jouissance suprême ? C'est quoi pour vous ?

    C'est le bonheur de transmettre aux auditeurs votre joie, votre détermination. La finale de la Coupe du monde de 98, j'ai réécouté, parce que je ne l'avais jamais fait, les 20 dernières minutes, mais c'était comme si c'était hier. J'ai commenté avec Pierre-Louis Castelli qui était un excellent commentateur de football. On avait comme consultant Alain Delon, vous vous rendez compte, pour les 10 dernières minutes, on avait Alain Delon. On avait Alain Giresse, Marius Trésor, Serge Blanco, Yannick Noah. J'ai écouté ces dix dernières minutes il n'y a pas longtemps, j'ai été scotché par notre émotion.

    Quand le troisième but de Petit…

    Mais c'est fabuleux. Et là je dis : "On est champion du monde, il ne peut plus rien nous arriver". C'est un commentaire que j'ai entendu à plusieurs reprises. Là, j'ai écouté les 10 dernières minutes et il y a Delon qui dit : "On y est, ça y est, on est champion, on est champion, on est champion. Jacques, dépêche-toi, regarde le chronomètre. On est champion, on est champion. ".

    Et Thierry Rolland, il disait : "Maintenant, je peux mourir".

    C'est pour ça que quand Thierry est parti, on était évidemment très tristes, tous. Sauf qu'il avait un peu anticipé son départ, en disant : "Je suis champion du monde, il ne peut rien m'arriver de grave, je peux partir". D'ailleurs, on avait rappelé cette phrase à l'église avec son épouse. C'est vrai.

    Merci Jaques Vendroux. Vous êtes Amoureux Foot, carrément.

    Et je ne changerai jamais.

    Et je ne changerai jamais.

    Merci Jaques Vendroux d'avoir été notre invité.

    Merci infiniment.

    Voir plusmoins
    00:08:07
    Tous publics
    Tous publics