Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Marc Lavoine

    Invité : Marc Lavoine, auteur-compositeur-interprète et acteur français.

    Après ses succès au cinéma et au théâtre, Marc Lavoine fait son retour avec un nouvel album « Je reviens à toi » qui célèbre la poésie de Paris.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Je reviens à toi, Marc Lavoine est avec nous. C'est un bonheur de le retrouver avec cet album. Depuis six ans, on l'attendait avec impatience. C'est l'album, peut-être, le plus personnel, Marc.

    Il fallait que je fasse des choses un peu, pas personnelles parce que j'essaie de toucher au personnel et aussi à l'universel, à ce qui réunit les gens entre eux, c'est-à-dire leur chemin, leur quotidien, leurs amours, leur fragilité, leurs infortunes aussi, le chagrin et la bohème. C'est ce (...)

    Je reviens à toi, Marc Lavoine est avec nous. C'est un bonheur de le retrouver avec cet album. Depuis six ans, on l'attendait avec impatience. C'est l'album, peut-être, le plus personnel, Marc.

    Il fallait que je fasse des choses un peu, pas personnelles parce que j'essaie de toucher au personnel et aussi à l'universel, à ce qui réunit les gens entre eux, c'est-à-dire leur chemin, leur quotidien, leurs amours, leur fragilité, leurs infortunes aussi, le chagrin et la bohème. C'est ce qui m'a conduit… C'est ce que mes parents m'ont appris. J'essaie de répéter un peu la transmission que m'ont faites mes parents sur des valeurs : l'espoir, le travail, la valeur du travail. Je travaille beaucoup. J'ai beaucoup travaillé sur ce disque. Et puis, ne pas se moquer du monde. Et surtout, on peut discerner le monde. On peut d'abord organiser sa vie avec les mots, construire sa vie avec ça. Les mots, c'est important. Le tableau, les mots, la poésie, c'est ce qui apprend aux gens, aux petites gens que nous sommes, qu'on était avec mes parents au milieu des travailleurs, quand on lit de la poésie, on voit le monde. C'est ce que j'essaie de faire.

    Il y a de la poésie dans cette vie, je crois. C'est ce que dit cette chanson Je reviens à toi. Marc Lavoine.

    Un soleil inattendu ne se refuse pas, je ne t'oublierai jamais,

    je reviens à toi.

    Si c'est Dieu qui l'a voulu, c'est un jour de joie.

    Il y a de la poésie dans cette vie, je crois.

    Je vois la tour Montparnasse plantée devant moi,

    au coin de la rue Madame, je reviens à toi.

    Je me rends à Saint Sulpice,

    je me rends, tu vois,

    il y a de la poésie, mon cœur ici bat.

    On panique tous un petit peu de nos quotidiens. Cette société est difficile. C'est pour ça que j'ai fait Comment allez-vous. On est tous accroché à une bouée en train de chercher quelqu'un. Si vous avez fini votre selfie et de faire du sport pour photoshoper votre corps, s'il y avait un cessez-le-feu deux secondes, comment vous allez, comment est-ce que ça va. J'aime bien demander aux gens comment ils vont. Je me souviens quand je suis allé à l'hôpital de Nice pour la deuxième ou troisième fois après avoir installé les cartables connectés il y a deux ou trois ans, il y avait eu ces événements. Ils ont inventé la câlinothérapie. Ce n'est plus pareil. Depuis les évènements, les gens de l'hôpital qui ont soigné les gens ou tenté de garder en vie des gens qui étaient en train de mourir après un attentat, c'était difficile pour eux, surtout pour celle qui était enceinte, qui attendait un enfant. Elle avait la vie en elle alors qu'elle voyait la mort devant elle. C'était très compliqué pour eux. Eux, à qui on ne demande jamais comment ils vont, ceux qui nous soignent, ceux qui ne disent jamais, ils ne posent pas de questions. Ils disent juste : "Comment allez-vous madame ? Comment allez-vous monsieur ?" Ils ne nous demandent pas d'où on vient. Ils ne nous demandent même pas d'argent quand on sort. Ils disent : "Ne vous inquiétez pas, rentrez chez vous". On ne leur demande jamais comment ils vont. C'est pour ça que j'ai écrit cette chanson, c'est pour dire à tous ces gens à qui on ne demande jamais comment ils vont, comment allez-vous.

    C'est tout simple. Mais pourquoi un chagrin n'arrive jamais seul ?

    C'est un peu vrai. C'est un peu vrai. Comme tout le monde, j'ai perdu mes parents. Comme tout le monde, mon fils vient de perdre sa maman, le garçon que j'ai eu qui a 32 ans a perdu sa maman, il y a quelques mois. Comme tout le monde, l'homme qui avait fait rebattre le coeur de mes parents est mort aussi. Comme tout le monde, cet homme, je l'avais rencontré par la maman de mon fils. Quand on enlève les tableaux des gens qu'on a aimés sur un mur, il reste des traces blanches, ce sont nos chagrins. Ils n'arrivent jamais seuls, mais ce sont eux qui vous construisent. On a du chagrin, mais notre chagrin ne doit jamais occulter celui des autres. Notre chagrin est lié. C'est avec nos chagrins qu'on peut construire la joie demain. C'est ce que Simone Veil a fait, beaucoup plus grande que nous, elle va rentrer au Panthéon. Le chagrin a été immense. On a assassiné sa famille. Je l'ai interviewée, pas moi, mais les jeunes autistes avec lesquels je travaillais. J'ai eu la chance de travailler 25 ans avec Le papotin. On a fait des journées ouvertes avec des femmes. Ils ont interrogé Simone Veil. Elle a dit : "J'ai oublié. Je me souviens et j'ai pardonné". Ça, c'est du chagrin. Ce n'est pas une tristesse mortifère dans laquelle on se dit : "Ça ne va, je me plains", non, non. Ce chagrin l'a fait aimer les autres, encore plus, encore un peu plus haut dans le ciel. C'est la France. Simone Veil, c'est la France.

    C'est une chanson magnifique en duo avec Benjamin Biolay.

    Un chagrin n'arrive jamais seul.

    Alléluia

    Alléluia

    Alléluia

    Alléluia

    Nous partirons un jour ou l’autre,

    se retrouver au même endroit,

    un peu les mêmes, un peu un autre,

    où le chagrin n’existe pas,

    un chagrin n’arrive jamais seul,

    tu le sais bien, toi qui me pleures.

    Le ciel est devenu linceul,

    il était temps que vienne l’heure.

    Cette chanson, c'est Alléluia. Elle fait presque penser à Jeff Buckley, Leonard Cohen.

    C'est l'hymne universel.

    C'est au-delà même du spirituel. C'est spirituel, mais c'est au-delà du corps religieux. Ce sont juste des personnes qui se retrouvent autour de quelque chose, autour d'un petit feu de camp dont la communion est d'être là, de s'abandonner un peu, d'abandonner nos fausses identités, nos fausses auréoles de vie pour être là et pour dire, c'est vous que j'attendais finalement. Ne pensons pas vivement demain, vivement l'année prochaine. Non, vivement maintenant.

    Tout de suite.

    C'est là. On est maintenant ensemble. Le chagrin et le bonheur ensemble, maintenant, avec nos chagrins, avec nos bonheurs, avec ce que nous sommes, tout simplement. Ça, c'est ma quête aujourd'hui, parce que quand on a 20 ans, on se dit qu'on a le temps. Mais à 55 ans, je suis à peu près… Je me suis fixé 100 ans, je ne sais pas vous, mais je me suis fixé 100 ans. Ça m'enchante parce que mes enfants auront 120 ans, nos enfants vont vivre plus longtemps que nous. On comprend qu'on est capable de mourir quand on a des enfants. On se dit c'est peut-être à ça que ça d'ailleurs, à leur glisser des clés invisibles dans la poche pour ouvrir des portes demain. 100 ans, je me dis, je suis à la moitié de ma vie, donc je n'ai plus beaucoup de temps. Il faut que je fasse plein de trucs en même temps maintenant. Je ne peux plus faire un, deux, trois, les uns après les autres. Je suis obligé de faire, là, je vais faire ça, je vais faire un livre sur ma mère, je mets tout en même temps, j'envoie tout et on va s'organiser dans le planning.

    Merci Marc Lavoine. Quel beau disque.

    Merci à vous.

    Je reviens à toi. C'est la promesse de l'instant et il faut pouvoir se le dire toujours. On revient toujours.

    Un autre toujours.

    On ne quitte jamais personne.

    Un autre toujours.

    Je suis vraiment très heureux à chaque fois que je viens vous voir.

    Vraiment magnifique album, Je reviens à toi. Il faut écouter Marc Lavoine qui va être en tournée, La Seine Musicale, au mois d'octobre et partout, dans tous les Zenith de France et d'ailleurs, à Bruxelles aussi. Merci Marc Lavoine.

    Merci. C'est gratifiant de venir chez vous. Merci beaucoup.

    Merci.

    Voir plusmoins
    00:08:05
    Tous publics
    Tous publics