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  • L'invité

    Berni Goldblat

    Invité : Berni Goldblat, cinéaste helvético-burkinabè.

    Berni Goldblat vient d'être récompensé pour son film « Wallay », soutenu par TV5MONDE. Par ailleurs, le réalisateur lance une campagne de dons pour finir les travaux de reconstruction de l'un des derniers cinémas du Burkina Faso, le Ciné Guimbi.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Berni Goldblat, vous êtes réalisateur. Votre dernier film, Wallay, triomphe dans le monde entier. Vous êtes d'abord l'homme qui redonnait l'espoir pour la réouverture de cinémas en Afrique, on en a tellement besoin. C'est un projet inouï au Burkina Faso qui s'appelle le Ciné Guimbi, on va en parler. Regardez.

    On voit bien effectivement ce projet incroyable que vous portez, Berni Goldblat.

    Depuis 2013, on se bat avec un groupe de personnes pour la renaissance d (...)

    Bonjour Berni Goldblat, vous êtes réalisateur. Votre dernier film, Wallay, triomphe dans le monde entier. Vous êtes d'abord l'homme qui redonnait l'espoir pour la réouverture de cinémas en Afrique, on en a tellement besoin. C'est un projet inouï au Burkina Faso qui s'appelle le Ciné Guimbi, on va en parler. Regardez.

    On voit bien effectivement ce projet incroyable que vous portez, Berni Goldblat.

    Depuis 2013, on se bat avec un groupe de personnes pour la renaissance du Ciné Guimbi, qui était une salle mythique ouverte en 1957 et fermée en 2005. Et aujourd'hui, on a terminé le gros œuvre de la petite salle, du bar, du restaurant et des bureaux. Il reste encore, on est peu comme le marathonien au trente-cinquième kilomètre, on est fatigué, mais on voit presque le bout. On espère ouvrir en 2019 à l'occasion du cinquantième anniversaire du FESPACO, Inch'Allah.

    Une campagne participative du 8 juin au 16 juillet. Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous aider ?

    Exactement. Le 8 juin au matin démarre la grande campagne sur la plateforme Ulule, que tout le monde connaît. Il s'agira pour tout un chacun, pour toutes les bourses, de un euro à 10 000 euros. Tout le monde peut participer au chantier et il y aura évidemment un certain nombre de contreparties qu'on reçoit. Par exemple, un euro, c'est une place de cinéma. 10 000 euros, c'est 1000 places de cinéma pour 1000 jeunes, plus un voyage, plus ci et ça. Bref, j'invite tout le monde à découvrir la plateforme Ulule, ou notre site internet, à partir du vendredi 8 juin pour savoir comment on peut aider le projet. L'objectif, dans un premier temps, c'est d'arriver à 50 000 euros en moins de 40 jours. C'est notre premier objectif. La campagne aussi a un deuxième objectif très important, c'est de faire connaître ce chantier au delà de nos cercles d'amis du cinéma, des producteurs…

    On va voir les images parce que ce chantier pensé en 2013, première pierre en 2015, c'est un chantier incroyable, et qui mobilise beaucoup d'acteurs du cinéma.

    Absolument. On a un grand réseau de soutien. On a des centaines de personnes qui nous soutiennent de par le monde. On a des comédiennes, comme Aïssa Maïga, Sonia Rolland, évidemment. On a TV5 Monde, bien sûr, depuis le début, mais ça ne suffit pas. Donc, on a besoin d'aller plus loin, comme disent les anglais "We need to reach out", donc il faut qu'on fasse connaître ce projet en dehors de nos cercles d'amis. Et c'est vrai qu'on a reçu de nombreux soutiens, comme le Festival de Cannes, qui nous a offert le matériel de projection. On a des sièges de cinéma, on a du luminaire.

    Vous vendez des sièges de cinéma, d'ailleurs ? Les gens achètent symboliquement un siège.

    Absolument. On a reçu aussi le soutien du ministère de la culture du Burkina, bien sûr. On a aussi reçu de l'argent de la Belgique, de la Suisse, de la France, mais là maintenant, il s'agit de terminer et de véritablement réouvrir pour donner aussi un signal fort à tout nos voisins, pour dire "C'est possible". En fait, c'est un projet qui est issu de la société civile et c'est un projet nécessaire. Une salle de cinéma, c'est quelque chose… On en a besoin, c'est un droit de l'Homme, donc c'est possible de ré-ouvrir une salle. D'ailleurs, de grands groupes français ré-ouvrent des salles en Afrique, ça veut bien dire que c'est viable, économiquement c'est viable, les gens ont toujours envie d'aller voir des films. Le malheur, si on peut dire comme ça, c'est que c'est un problème d'offre. En Afrique, aujourd'hui, il y a un problème d'offre. On dit que les gens ne vont plus au cinéma, ce n'est pas vrai. Il n'y a plus de salles. Comment voulez-vous aller au cinéma s'il y a plus de salles ?

    À Bobo-Dioulasso, je le disais, dans cette région du Burkina, la capitale culturelle, un million d'habitants et pas de salles de cinéma ?

    C'est grave. C'est la capitale culturelle, comme vous le disiez si bien, il y avait plein de salles de cinéma à l'époque. En plus, le Ciné Guimbi, la spécificité c'est que ça sera plus qu'une salle de cinéma. Ça sera un lieu de rencontre, un lieu de divertissement, mais aussi un lieu de formation. Il y aura de l'éducation à l'image, ça sera un lieu de sociabilité. Il y aura des réunions, des rencontres, des festivals, des expositions. Vous voyez, c'est un projet qui sera moderne, accessible, qui se veut un projet rassembleur. Et qui rassemble la population locale, soutenue par la population ?

    Absolument, parce que le Guimbi est logé au milieu d'un quartier populaire, qui s'appelle Kôkô, qui est à 500 mètres de la mairie de Bobo-Dioulasso. On est dans un quartier qui ne dort jamais, un quartier très, très animé, avec des vendeuses par ci, un marché par là, des maquis de l'autre côté, donc c'est clair que les premiers cinéphiles, les premiers clients du Ciné Guimbi, seront les gens du quartier, mais pas seulement. C'est un projet accessible, donc il faudra que les films soient accessibles de par la politique tarifaire, mais aussi par le contenu. C'est aussi, évidemment, un pont vers les autres cultures. Une salle de cinéma, c'est une lumière, tu voyages en regardant des films. Le Ciné Guimbi a aussi comme vocation d'être un lieu de formation et d'éducation.

    Un objectif, grâce aussi à cette campagne du 8 juin au 16 juillet, ouvrir dès 2019. C'est ça qui est vraiment l'enjeu ?

    Ce qui serait magnifique pour les 50 ans du FESPACO, le mini FESPACO à Bobo, c'est notre rêve, c'est de pouvoir ouvrir ce Guimbi en mars 2019. Ça serait tellement génial. Le FESPACO qui est évidemment notre partenaire depuis le départ, et depuis qu'il n'y a plus de salles à Bobo, le FESPACO à Bobo a des problèmes. C'est évident que le Guimbi sera le QG du FESPACO dès que l'on pourra réouvrir.

    On va voir des images de votre dernier film, Wallay, parce que je disais, c'est un triomphe dans le monde entier, des récompenses partout.

    C'est une bénédiction, ce film. On est très contents. On ne s'attend pas à ça forcément quand on tourne un film. On essaie de faire au mieux, mais, visiblement, il plaît bien, du Bangladesh à la Grèce, en passant par la Tanzanie et l'Afrique du Sud et la Suède. Franchement, je suis super heureux du voyage et du parcours que le film a eu à faire, avec ce dernier Grand Prix du meilleur film européen pour la jeunesse 2018. C'est magnifique, mais j'aimerais bien pouvoir le montrer à Bobo aussi.

    C'est incroyable si votre film pouvait être passé au Ciné Guimbi ?

    Ça sera ça. Et pas seulement celui-ci. D'ailleurs, le premier film qu'on va montrer, ce sera le film d'Idrissa Ouédraogo, Tilaï, parce que suite à une votation populaire en 2015, ça a été décidé que ce sera Tilaï, de Idrissa Ouédraogo, qui ouvrira, qui sera le film inaugural du Ciné Guimbi.

    Ce qui est incroyable, c'est qu'on se dit qu'il faut se battre pour cette culture, pour que l'Afrique et les jeunes Africains, cette jeunesse africaine, aient accès à ce que toutes les jeunesses du monde peuvent voir, le cinéma, la culture.

    C'est hyper important. On est on est dans un monde aujourd'hui où l'obscurantisme prend de l'ampleur jour après jour. Une salle de cinéma, c'est comme une lumière, c'est un lieu de liberté, c'est un lieu de démocratie. Donc, il faut se battre pour ces lieux, ce sont des lieux sacrés. Ce sont des lieux saints. Il faut vraiment qu'on se batte pour ça, parce que c'est aussi ça le développement. Je pense que chaque ville et chaque pays a le droit à des lieux comme le Ciné Guimbi. Il faut qu'on se batte pour ça.

    C'est croire à l'espoir, à la jeunesse.

    Oui, c'est la jeunesse, la culture, le développement, la réflexion, et aussi on en appelle à tout un chacun, les autorités du Burkina aussi, les collègues, les amis, les tontons, les tanties, tout le monde doit s'y mettre pour que ce Guimbi puisse ouvrir, et pas seulement le Guimbi, parce que tout seul, on n'y arrivera pas. Il faut que d'autres initiatives, dans d'autres pays aussi, puissent voir le jour. Elles commencent à exister et c'est quand on aura un réseau de salles de cinéma indépendant, en Afrique de l'Ouest et ailleurs, qu'on sera réellement forts.

    Merci Berni Goldblat. On y croit, on va se mobiliser pour le Ciné Guimbi, tous les cinémas en Afrique. Merci d'avoir été notre invité.

    Merci beaucoup Patrick, merci TV5 Monde.

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    00:08:23
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