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  • L'invité

    Juan Pablo Escobar

    Invité : Juan Pablo Escobar, auteur de "Pablo Escobar, mon père".

    Il est le fils du narcotrafiquant Pablo Escobar et a décidé de témoigner pour dénoncer les méfaits du trafic de drogue en Colombie. Lui-même a échappé à des attentats et sa tête avait été mise a prix par les cartels de la drogue, après l'assassinat de son père.

    Présentation : Patrick Simonin.
     


    Transcription

    Bonjour Juan Pablo Escobar !

    Vous êtes le fils d'une véritable légende du crime, l'un des plus grands criminels du XXème siècle, Pablo Escobar, vous avez échappé plusieurs fois à la mort. Aujourd'hui, votre père est devenu une véritable légende du crime. Il fait l'objet de série télévisée, de films. Aujourd'hui, vous apportez votre témoignage, vous avez besoin de dire votre vérité. Qui était votre père ? Était-il seulement un immense criminel ?

    Bonjour à tous ! Bonjou (...)

    Bonjour Juan Pablo Escobar !

    Vous êtes le fils d'une véritable légende du crime, l'un des plus grands criminels du XXème siècle, Pablo Escobar, vous avez échappé plusieurs fois à la mort. Aujourd'hui, votre père est devenu une véritable légende du crime. Il fait l'objet de série télévisée, de films. Aujourd'hui, vous apportez votre témoignage, vous avez besoin de dire votre vérité. Qui était votre père ? Était-il seulement un immense criminel ?

    Bonjour à tous ! Bonjour à tous les téléspectateurs ! Évidemment, j'ai écrit mon livre pour raconter la vérité, au-delà de tout ce qui a été dit sur mon père, Pablo Escobar, en tant que personne, en tant que trafic de stupéfiants, mais voilà, surtout en tant que père.

    Oui, vous avez échappé à la mort vous-même, vous avez changé d'identité il y a 20 ans après l'assassinat de votre père ?

    Oui, j'ai évité la mort bien souvent, le Cartel de Cali a perpétré un attentat contre nous, chez nous. C'est le premier attentat à la voiture bombe de l'histoire de la Colombie. Le 3 janvier 1988. 700 kilos de dynamite ont explosé à la porte de ma maison. Il y a eu des verres de la maison sur 1 kilomètre à la ronde.

    Oui, vous témoignez aujourd'hui pour dire quoi ? Vous dites, mon père était capable d'écrire des lettres déchirantes, d'aimer profondément sa famille et en même temps, il pouvait faire tuer ou tuer froidement des dizaines de personnes.

    Effectivement, mon père a ses contradictions et ses extrêmes, (inaudible) de l'être humain en termes d'amour et d'une personne de familles, il nous a inculqué les valeurs de la famille au sein du foyer, mais à l'extérieur, ça ne lui poser aucun problème d'ordonner l'assassinat de quelqu’un.

    Vous saviez qui était votre père, enfant ?

    Depuis l'âge de 7 ans, mon père m'a raconté, à moi, qu'il était un délinquant dont le travail était d'être un bandit, et ce après qu'il ait ordonné l'assassinat du ministre de la justice, Monsieur Lara Bonilla, en 1984.

    Qu'est-ce qui poussait votre père à tous ces crimes ? Parce que c'était l'appât du gain ? On dit qu'il a possédé jusqu'à 3 milliards de dollars.

    Sur la fortune de mon père, il y a beaucoup de spéculations, ce fut quelqu'un de très riche, ça ne fait aucun doute. Je lui ai posé la question une fois : "Combien il avait d'argent ?". Et il m'a dit qu'à un moment donné, il avait arrêté de compter. C'est quelqu'un qui avait beaucoup d'ambition, économique, politique. Et puis, c'est son entrée en politique qui a été finalement sa plus grande erreur, ça l'a rendu publique, et ça l'a affronté à l'établissement colombien.

    Oui, on découvre votre père sous un jour nouveau. On le découvre passionné de courses de voitures, il fait des championnats Renault, financées avec l'argent la drogue, c'est ça qu'on découvre aussi, qu'il possédait des dizaines de jet skis, il avait 1 700 employés, un zoo à la maison avec des girafes. C'était une vie démesurée.

    Aucun doute, oui. Dans ce livre, j'ai tout un chapitre que j'ai intitulé "Excentricité", pour raconter aux lecteurs, les luxes, les excès auxquels nous avions accès grâce à l'argent des drogues, que mon père avait amassé.

    Oui, qu'est-ce que c'était que cette vie d'excès ? Vous dites des feux d'artifice permanents.

    Oui oui, mon père aimait ma mère. Par exemple, on fait venir par avion privé de Suisse, des chocolats pour ma première communion, les fleurs aussi arrivaient en avion privé toutes les semaines chez nous. Des excès comme ça, de l'argent, on ne savait plus quoi en faire de cet argent. Mais finalement, tout cet argent après coup, nous a amené la pauvreté, la faim, la violence, a détruit les êtres qui nous étaient chères, il n'y a rien de positif à tout cela. Et aujourd'hui, j'essaie de montrer aux jeunes du monde que la vie de Pablo Escobar n'est pas digne à être imité.

    Oui, vous avez d'ailleurs fait un documentaire récompensé dans le monde entier qui s'intitulait: Les péchés de mon père. Vous lui en voulez aujourd'hui à votre père ?

    Je ne lui en veux pas, j'ai la possibilité de l'aimer parce qu'il m'a donné exclusivement de l'amour. En vie, évidemment, j'étais l'un dans ses grandes critiques. Mon père était entouré de personnes qui l'adulaient, et qui l'applaudissaient, qui disaient qu'il faisait des choses bien. Et moi j'étais un de ceux, rares, à côté de ma mère, qui lui demandions d'arrêter la violence, le terrorisme qui nous touchait tous.

    Il pouvait faire abattre, tuer froidement ? Est-ce qu'il y avait une grande part de cruauté chez lui ?

    Je pense qu'il y avait des extrêmes, voilà, aussi bien en amour qu'en cruauté, il n'avait aucun souci à demander l'assassinat de quelqu'un qui le dérangeait ou les séquestrer. A partir du moment où mon père m’avoue qu'il est délinquant, lorsqu'on voyait les informations, on lisait les journaux, il n'avait aucun problème à reconnaître que c'était lui qui était responsable des faits et des crimes que l'on voyait dans les nouvelles.

    Oui, il y a 20 ans donc, il va mourir de 3 balles. Vous dites, une grande partie de sa famille, de sa propre famille sont responsables finalement de sa mort ?

    Malheureusement oui, c'est difficile à reconnaître et je ne me sens pas fier de raconter ses histoires, qui sont des histoires de trahison familiale. Mais évidemment, son grand frère Roberto était lié, et ça ne fait aucun doute, à la DEA et avec le reste des ennemis de mon père comme le Cartel de Cali et c'est une trahison qui vient même de sa mère, la grand-mère Amilda. C'est quelque chose que je ne comprendrai jamais. Je n'étais jamais d'accord avec la violence de mon père certes, mais je n'aurais jamais, jamais, je n'aurais jamais livré à ses ennemis.

    Oui, il y a, je le disais, une série sur Netflix Narcos, qui a beaucoup de succès, vous la regardez cette série ? Vous y reconnaissez votre père ?

    Franchement, je ne reconnais pas mon père parce que bon nombre des histoires que l'on raconte dans cette série ne sont pas vraies. On peut vérifier avec des faits précis que les choses qui sont racontées dans cette série, ne sont pas vraies. J'ai écrit même un article spécifiquement sur les 28 erreurs de la 2ème saison qui a été beaucoup lue, par plus de 1 million de personnes, parce que ce type de projets suscite beaucoup d'intérêt dans le monde. Ce que je veux dire, c'est que je ne m'oppose pas à ce que l'on raconte des histoires comme celle de mon père, mais je m'oppose en revanche à ce que l'on fasse cela en glorifiant l'activité criminelle, parce que ça fait penser aux jeunes qu'être Pablo Escobar c'est cool, c'est une bonne idée. Et je reçois beaucoup de messages dans les réseaux sociaux, des pauvres du monde entier qui me disent : "J'ai vu la série Narcos et maintenant, je veux être Pablo Escobar, je veux être comme ton père". Et ça, je pense que c'est un effet négatif de ces séries. Quiconque lira mon livre, je peux te garantir, qu'il n'aura plus envie d'être Pablo Escobar.

    Il y a un grand film américain qui va sortir avec Javier Bardem et Penélope Cruz qui va jouer une journaliste amoureuse de votre père et ça vous dites c'est vrai ? Il a été amoureux, cette histoire est vraie ?

    Mon père a eu beaucoup de maîtresses, elle n'était pas la seule, ni la plus importante. Evidemment, mon père n'est plus vivant pour le démentir, donc elle veut faire croire à tout le monde que c'était la seule, le grand amour de sa vie. Mais la vérité c'est que mon père a eu des milliers de maîtresses.

    Merci beaucoup, Juan Pablo Escobar, fils de Pablo Escobar. Vous publiez "Mon père" aux éditions Hugo Doc, un document exceptionnel. Merci d'avoir été avec nous.

    Merci à vous.

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    00:08:22
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