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  • L'invité

    Anna Karina

    Invitée : Anna Karina, actrice et écrivaine française.

    Elle figure sur l'affiche officielle de la 71e édition du Festival de Cannes, avec son baiser mythique à Jean-Paul Belmondo dans "Pierrot le fou", de Jean-Luc Godard. Rencontre avec Anna Karina, dont le film "La Religieuse", réalisé par Jacques Rivette, a été présenté aux festivaliers dans une version restaurée.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 71e Festival de Cannes.

    Transcription

    Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire !

    Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire ! Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire !

    Quelle incroyable réplique, Anna Karina. Dans le mauvais sens, la voilà l'affiche.

    Oui, mais maître Jean-Paul n'est pas là.

    Jean-Paul n'est pas là. Mais c'est l'affiche de Pierrot le Fou.

    Mais oui, c'est génial.

    Qu'est-ce que je peux faire ? (...)

    Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire !

    Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire ! Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire !

    Quelle incroyable réplique, Anna Karina. Dans le mauvais sens, la voilà l'affiche.

    Oui, mais maître Jean-Paul n'est pas là.

    Jean-Paul n'est pas là. Mais c'est l'affiche de Pierrot le Fou.

    Mais oui, c'est génial.

    Qu'est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire. Jean-Luc Godard.

    Je ne sais pas quoi faire !

    Je ne sais pas quoi faire !

    Je ne sais pas quoi faire !

    Il faut le dire fort, c'est comme les mouettes, là.

    Il crie : "Silence, j'écris !", "Mais qu'est-ce que je vais faire ? Je ne sais pas quoi faire. " 15. Anna, vous faites un baiser à Jean-Paul Belmondo, comme ça.

    Oui, on s'est fait un baiser.

    Un vrai baiser ?

    Oui.

    Ce n'est pas un baiser de cinéma là ?

    Non. enfin, si. Quand même, le metteur en scène, Jean-Luc Godard, nous avait demandé de le faire. C'est quand même extraordinaire d'être à Cannes si longtemps après avec un film.

    Qui est merveilleux. Cette scène, deux voitures comme ça, et Jean-Paul.

    Quels souvenirs vous avez, Anna, du tournage de Pierrot le Fou ?

    Je ne sais pas qui a eu l'idée de me faire coller un oeil au beurre noir avec la peau d'une pêche. Ça le fait vraiment. Pour faire une blague à Jean-Luc, bien sûr. Jean-Luc dit : "On va tourner maintenant, enlève tes lunettes", "Non, je préfère les garder mes lunettes", "Enlève tes lunettes !" Il m'a arraché mes lunettes et il voit l'oeil au beurre noir, qu'il croit être un oeil au beurre noir. Il fait : "Ma fille, ma fille, mais c'est foutu, c'est foutu !", "Non, Jean-Luc, regarde !" Évidemment, c'est une blague à ne pas faire parce que quelqu'un qui est en train de faire un film, il voit l'actrice avec un oeil au beurre noir, il flippe complètement.

    Vous qui avez tourné dans tellement de films de Godard, qu'est-ce qui fait que Godard…

    C'est ça le mystère. Je n'arrive pas à l'expliquer, j'ai du mal à me faire comprendre parce qu'il n'y a pas de scénario, mais on sait quand même ce qu'on fait à peu près puisqu'on le joue. On a toujours dit à l'époque "On a improvisé", mais ce n'est pas vrai. Le texte est tellement naturel qu'il sort… Il m'a donné des rôles tellement différents. Parce qu'Une femme est une femme n'a rien à voir avec Vivre sa vie, ni avec Bande à part, ni avec Made in USA ou Alphaville, et Le petit soldat, ça n'a rien à voir. À chaque fois, c'est très différent.

    Réalisatrice, parce que vous allez passer derrière la caméra, Anna ? Le film est ressorti il n'y a pas longtemps.

    En 1972 et il est ressorti, oui. Ça aussi, c'est un petit miracle.

    Et qu'est-ce que vous faites dans la vie ?

    Je suis professeur.

    Vous avez des souvenirs à Cannes ?

    Oulala, oui. La Religieuse, quand ça a été interdit, par exemple. Jacques Rivette, il a quand même…

    Scandale !

    Il a été très surpris, et nous tous d'ailleurs, parce qu'évidemment, ce film est d'une grande pureté même si ça parle d'homosexualité, tout ça. Ce n'est pas du tout un film honteux.

    Ça me fait penser qu'on est 50 ans après Mai 68. C'est quand même aussi des souvenirs, non ?

    C'est extraordinaire, oui. C'est miraculeux. C'est un cadeau du ciel. Je suis très content d'être là.

    Le cadeau du ciel, c'est quoi ? C'est de monter les marches, c'est d'avoir ce paysage ?

    Au fait que c'est tout simplement Cannes, c'est un évènement quand même. Même avec Jean-Luc, quand j'avais encore 18 ans, on venait à Cannes. J'avais fait un petit court métrage à Copenhague qu'il appelle La fille aux chaussures, fait par un metteur en scène qui s'appelait Ib Shmedes et ça a eu un petit prix, comme le court métrage le plus poétique. C'était sympa.

    C'est super.

    J'avais fait ça quand j'avais 14 ans.

    C'est vrai ? Vous aviez toujours rêvé d'être là ?

    J'ai toujours chanté, dansé quand j'étais gosse. Je faisais des spectacles.

    Vous faisiez des spectacles comme ça, tout pour vous ?

    Oui, oui. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Maintenant, j'évite un peu de chanter, danser dans la rue, parce que ça fait un peu ridicule à mon âge.

    On aimerait bien !

    Mais vous n'avez pas d'âge, Anna.

    Mais si. Je suis une femme très âgée maintenant.

    Mais non, mais non.

    C'est la vie.

    Le cinéma, c'est éternel. Quand on voit… Je voyais encore cette affiche là.

    Il y avait un monde fou quand je suis sortie de l'avion. Que des jeunes avec plein de photos. C'est signer, signer, signer.

    Vous allez devoir en signer des affiches.

    Je n'en sais rien, mais… C'est tellement émouvant.

    C'est ça.

    Toutes ces années après.

    De retrouver ça. Oui, Jean-Paul, ce comédien extraordinaire, Jean-Paul Belmondo.

    Extraordinaire.

    Magnifique.

    Vous ne vous embrassez pas vraiment sur la bouche ?

    Si, on s'est fait un bisou, comme ça. C'était difficile. Moi, j'étais dans l'Alfa Roméo et lui, il était dans la petite voiture. Alors, il fallait quand même faire comme ça pour s'embrasser.

    C'était merveilleux, non ?

    C'était super. Ce film était super. On a beaucoup rigolé aussi.

    Vous avez beaucoup rigolé. Vous rigoliez tout le temps, Anna ?

    C'est à dire que quand je suis triste, vraiment triste, je ne me montre nulle part, on ne me voit pas, je disparais.

    Vous disparaissez.

    Je suis comme ça.

    Jamais ? Il ne faut jamais se montrer malheureuse ?

    Non, ce n'est pas ça. C'est que je n'ai pas envie de partager ma tristesse en pleurnichant.

    Qu'est-ce que je peux faire ?

    Je ne sais pas quoi faire.

    Qu'est-ce que je peux faire ?

    Mais, qu'est-ce que je peux faire ?

    Quand on entend les vagues, je ne sais pas, mais j'ai presque envie de finir avec une autre musique. C'est Serge Gainsbourg.

    Sous le soleil exactement.

    Là, on est un peu sous le soleil exactement. Il y a la plage.

    Il y a tout.

    Il y a tout.

    Voilà. On ne sait pas où c'était sur l'archipel.

    Un archipel.

    Cap Horn ou Cap-Vert. Il avait de la poésie, Gainsbourg.

    Sous le soleil…

    Exactement.

    Juste là, pas n'importe où.

    Sous le soleil, sous le soleil, exactement, juste en dessous.

    Merci Anna.

    Merci Patrick.

    On a tellement envie de vous dire qu'on vous aime.

    C'est gentil. On fait un bisou, alors ?

    Comme Jean-Paul.

    Comme Jean-Paul.

    je vous ai fait un baiser presque comme Jean-Paul.

    C'est juste comme ça.

    Merci Anna.

    C'est un bisou, ça.

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    00:08:30
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