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  • L'invité

    Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo

    Invités : Denis Podalydès, Abdoulaye Diallo.

    L'acteur de la Comédie française est aux côtés d'Abdoulaye Diallo, pour son premier rôle au cinéma. Ils sont à l'affiche du film d'Olivier Ayache-Vidal "Les Grands Esprits".

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Transcription

    Je vous présente François, professeur agrégé de lettres à Henri IV.

    L'un des meilleurs lycées de France.

    Pénélope : cinq. On s'ennuie beaucoup à vous lire, vous savez ?

    A Paris, on limite encore les dégâts, mais en banlieue…

    On y parachute de jeunes profs totalement inexpérimentés,

    alors qu'au contraire, il faudrait nommer des professeurs expérimentés.

    Agathe KAUFMANN m'a parlé de votre envie

    de vou (...)

    Je vous présente François, professeur agrégé de lettres à Henri IV.

    L'un des meilleurs lycées de France.

    Pénélope : cinq. On s'ennuie beaucoup à vous lire, vous savez ?

    A Paris, on limite encore les dégâts, mais en banlieue…

    On y parachute de jeunes profs totalement inexpérimentés,

    alors qu'au contraire, il faudrait nommer des professeurs expérimentés.

    Agathe KAUFMANN m'a parlé de votre envie

    de vous faire muter dans un collège de banlieue.

    C'est "Les Grands Esprits".

    Voici l'affiche de ce film événement.

    Denis PODALYDES, entouré d'une partie de l'équipe.

    Un film tout à fait étonnant. Abdoulaye DIALLO est avec nous,

    Mona MAGDY FAHIM et Fanta SAKO.

    Denis, c'est un prof d'Henri IV qui va se retrouver en banlieue.

    Oui.

    C'est incroyable, ça.

    C'est incroyable.

    D'ailleurs, dans la vie, je crois que ça ne pourrait pas se produire.

    Un prof qui était à Henri IV, il est dans une certaine trajectoire académique,

    c'est assez rare qu'il soit muté, comme ça, dans un collège en banlieue.

    Mais, en fait, c'est un concours de circonstances, et lui qui fait valoir…

    enfin bon, je ne vais pas raconter le film.

    Mais il y a un concours de circonstances qui fait que c'est possible,

    et que ce prof-là qui est fils d'un homme, d'un écrivain célèbre,

    appartenant donc à un milieu bourgeois, académique, sempiternel,

    avec une espèce de haute conscience de son métier, de sa valeur,

    et en même temps une mauvaise conscience…

    d'ailleurs, c'est quelqu'un qui est assez fragile, en fait,

    qui est seul aussi.

    Il y a une partie du scénario qui n'a pas été finalement poursuivie,

    mais il est en séparation.

    C'est un homme aussi qui est très seul,

    et qui vit d'abord ce concours de circonstances comme une déchéance,

    une chute, un déclassement.

    Et en fait, la seule bonne idée qu'il a, c'est de s'acharner,

    c'est de s'obstiner,

    il entre dans un rapport frontal avec ses élèves,

    et là, il se prend un mur.

    Et là, il comprend qu'il y a autre chose à faire.

    Le film, c'est l'histoire de cette autre voie

    pour essayer d'entrer en relation avec ces élèves.

    "Les Grands Esprits" d’Olivier AYACHE-VIDAL.

    Regardez.

    Un petit conseil, avec les élèves, fais-toi respecter tout de suite.

    Je m'appelle François FOUCAULT.

    Hé, Jean-Pierre FOUCAULT.

    Ça suffit !

    Pourquoi ils font toujours ce…

    Ce cheap.

    Allez vous asseoir à votre place.

    Où est votre carnet ? Donnez-le-moi, s'il vous plaît.

    Je ne suis pas votre chien.

    Tu vas faire quoi ? Tu vas me frapper ?

    Dès qu'on t'a vu arriver ici, dans le collège,

    on a vu tout de suite que tu allais droit dans le mur,

    et maintenant, tu es là, tu arrives,

    et tu nous fais des leçons de morale.

    Seydou et (inaudible), c'est une heure de colle.

    J'ai fait quoi ?

    Deux heures de colle.

    Mais je n'ai rien fait !

    Quatre heures !

    Toi, ça se passe bien ?

    Ah moi, c'est parfait. C'est de pire en pire.

    Alors moi, je regarde l'affiche du film,

    on voit Denis PODALYDES de la Comédie française,

    et à côté d'Abdoulaye DIALLO de la cité Clos-Saint-Lazare. C'est ça ?

    Représente.

    Ce n'est pas la Comédie française,

    mais c'est le bonheur de jouer un film comme ça, Abdoulaye.

    Heureux ?

    Oui, c'est le bonheur.

    Je suis très heureux,

    parce que au tout début je ne le connaissais pas encore Denis,

    parce que je ne savais pas qu'il faisait partie de la Comédie française.

    Je savais juste qu'il avait joué dans "Neuilly sa mère !"

    Et après, au tout début, quand je suis rentré,

    quand j'ai vu, il a commencé à jouer, après…

    de plus en plus, j'ai commencé à le connaître,

    et maintenant, je suis très heureux.

    Il y a une relation incroyable dans le film,

    d'ailleurs, dans les personnages incarnés du film, Denis,

    avec ce petit bonhomme, là.

    Oui, oui, oui. Au début, ça se passe très mal.

    Au début, il y a un rapport très très tendu.

    Et puis, ensuite…

    Je crois que le fait de passer par un affrontement direct,

    en fait, ça aide à passer à autre chose.

    Et donc ce professeur, je pense aussi,

    est sensible à la vitalité de ce groupe d'élèves.

    C'est une chose qui m'a frappé, moi en tant qu'acteur,

    c'est l'extrême énergie, mais qui est une énergie tout autre

    que celle à laquelle nous habitue une classe d'Henri IV.

    Là, il y a une énergie très forte avec un mélange d'humour,

    d'insolence et de "vas-y, montre-nous de quoi tu es capable".

    Et c'est ça qui se passe.

    Il y a une relation qui se crée d'ailleurs, d'abord malgré eux.

    C'est beau, hein, Mona ?

    Parce que ça, c'est un peu votre vie aussi.

    Vous n'êtes pas des comédiens professionnels.

    Non, du tout.

    Et alors, il vous faut jouer avec Denis

    comme ce qui t'arrive dans cette classe.

    En fait, on n'a pas trop joué,

    vu que ce n’est pas un rôle pour nous, vu qu'on est tout le temps à l'école.

    C'est nous, en fait.

    Fanta a joué le rôle d'une intello, elle est intello de base,

    elle a 17 de moyenne.

    Moi, j'ai joué le garçon manqué,

    ce n’est pas que je suis garçon manqué,

    mais des fois, je suis insolente.

    Donc en fait, ce n'est pas pour dire, mais on a tous joué…

    ce n'est pas un rôle, en fait. On était nous, en fait.

    La vérité, on était nous.

    On avait juste des textes à apprendre vite fait, mais on était nous.

    C'est beau, hein ? Fanta, c'est ça ?

    En fait, c'est ça.

    On réalise ce qu'on fait dans la vie de tous les jours.

    En même temps, de jouer avec Denis,

    ça nous donne encore plus envie de jouer.

    On se dit : "On va le pousser à bout. "

    En fait, on veut le pousser à bout,

    jusqu'à ce qu'on voie de quoi il est capable.

    C'est vrai ? Vous vouliez voir de quoi il est capable ?

    Ah oui.

    Ça, c'était un challenge, hein, Denis ?

    Oui, le professeur comprend que le savoir,

    c'est quelque chose qui ne s'assène pas,

    c'est quelque chose qui n'est pas délivrée comme on délivre un ordre.

    Voilà. On ne peut pas ordonner à quelqu'un : "Apprends !"

    Il faut qu'il se passe une expérience particulière

    qui fait que la personne va entrer dans une relation

    à travers laquelle elle va apprendre.

    Et il met un temps fou à comprendre ça.

    Il pense que, naturellement,

    le savoir prestigieux dont il est possesseur, va forcément les éblouir.

    Et puis, en fait, non.

    Il comprend c'est par une relation d'homme à homme,

    ou d'homme à femme,

    qu'il faut passer, donc par une espèce de remise en question complète,

    d'ailleurs, de lui-même, de sa pédagogie.

    Il est, de toute façon, dans une remise en question totale,

    donc il faut qu'il aille jusqu'au bout de ce processus.

    Et en même temps, il reçoit beaucoup de ces gamins.

    Il reçoit beaucoup de leur énergie, leur fragilité.

    Il y a aussi une chose, c'est que les élèves dans classe sont très différents.

    Leur humour, leur insolence, leur intelligence.

    Pas du tout ce que l'on dit.

    Parce que là, ils viennent tous du 93, tous les trois là ?

    C'est des caricatures qu'on peut avoir. Abdoulaye ?

    C'est ça, la vraie vie ?

    Quand on prend le collège Barbara et un autre collège qui est à Stains,

    oui, ils sont très différents, déjà, ou les bâtiments.

    Le collège Barbara, sa situation dans la ville est particulière,

    son architecture est particulière.

    Tout ça, ça a créé des choses.

    Quand on y va, on se rend compte que ce n’est pas du tout ce qu'on croyait.

    Oui. Le film, il montre bien la réalité,

    il montre bien ce que c'est vraiment, la banlieue, les écoles ?

    C'est ça, c'est nous.

    Le film, il est comme nous on est dans la vraie vie, en fait.

    C'est pas joué, ce n’est pas surjoué.

    C'est vrai, en fait. C'est nous.

    Vous savez, TAVERNIER avait fait un très beau documentaire

    qui s'appelle "De l'autre côté du périph'".

    Il montrait simplement qu'en traversant le périph',

    on n’entrait pas tant dans un autre monde dangereux, inquiétant,

    que, effectivement, dans un monde autre,

    parce qu'on ne le connaît tout simplement pas.

    Parce qu'il y a quantité d'instances dirigeantes

    qui simplement ne va pas au contact d'eux,

    ou alors quand ils y vont,

    c'est avec quantité de préjugés et la peur au ventre.

    C'est ça qu'il faut…

    Mais eux, ils font une expérience très particulière,

    parce qu'ils étaient dans ce collège qui était leur monde quotidien.

    Ce monde quotidien est devenu, le temps d'un film,

    une matière de fiction, quelque chose qui fait qu'ils sont là, sous des projecteurs.

    Vous imaginez ?

    Leur monde réel, d'un seul coup, devient un monde complètement fictif.

    Et en fait, vous imaginez la déstabilisation.

    Merci, merci à tous les quatre.

    Merci Denis. Mona, Fanta, Abdoulaye.

    Ça s'appelle "Les Grands Esprits". C'est un très beau film, très touchant. Merci.

    Merci à vous.

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