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  • L'invité

    Jean-Pierre Raffarin

    Invité : Jean-Pierre Raffarin.

    L'ancien Premier ministre réagit à l'actualité après les manifestations du 1er mai qui ont dégénéré à Paris. Il annonce également la création de sa nouvelle organisation « Leaders pour la paix » pour prévenir et résoudre les conflits dans le monde.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Jean-Pierre Raffarin.

    Ancien Premier ministre. Vous fondez une organisation non gouvernementale baptisée "Leaders pour la paix" qui va organiser une grande conférence à Paris, on va parler dans quelques instants. D'abord, j'avais envie de vous faire réagir sur l'actualité. Hier, cette manifestation du 1er Mai qui dégénère avec un certain nombre de personnes arrêtées, plus de 100 personnes, mais surtout des affrontements violents en plein Paris. C'est la faute à qui, au gouv (...)

    Bonjour Jean-Pierre Raffarin.

    Ancien Premier ministre. Vous fondez une organisation non gouvernementale baptisée "Leaders pour la paix" qui va organiser une grande conférence à Paris, on va parler dans quelques instants. D'abord, j'avais envie de vous faire réagir sur l'actualité. Hier, cette manifestation du 1er Mai qui dégénère avec un certain nombre de personnes arrêtées, plus de 100 personnes, mais surtout des affrontements violents en plein Paris. C'est la faute à qui, au gouvernement ?

    C'est plus compliqué que ça. C'est clairement quelque chose d'inacceptable parce que, au fond, tout est possible dans ce pays, on peut être manifestant, on peut être protestataire, mais on ne peut pas être acteur de guerre civile. C'est de la guerre les attitudes qui sont engagées, le camouflage, tout ça, c'est une attitude de guerre civile.

    On avait surdimensionné les moyens policiers ?

    Non, je ne crois pas. Je pense qu'il faut tenir compte du fait que, ces mouvements d'extrême gauche qui sont bien identifiés, qui sont bien répertoriés, ont fait un progrès d'organisation. Je pense que des phénomènes comme les zadistes, tout ça, nourrissent cette forme d'action politique, qui n'est plus de la protestation, qu'est des actes de guerre. Clairement, il faut parler des choses avec une forme de…

    Qui est responsable de ça, Jean-Pierre Raffarin ?

    Les groupes en question. Le gouvernement, il est face à un terrorisme à l'extérieur, il est face à une forme de guérilla urbaine d'autre part, il essaie d'y répondre. Je note qu'il n'y a pas eu d'accidents de personnes, on n'a pas de morts, on n'a pas de blessés graves, je pense. Donc, il y a là vraiment une attitude qui a été sans doute une bonne attitude, mais il est clair qu'il faut tenir compte de l'organisation aujourd'hui de ces groupes.

    On va parler de la paix, Jean-Pierre Raffarin. Je le disais, une organisation non gouvernementale, "Leaders pour la paix", qui va se réunir à Paris. La paix est menacée, par exemple par la remise en cause de l'accord nucléaire avec l'Iran, le discours de Benyamin Netanyahou qui s'adresse à Donald Trump, et peut-être que Macron va devoir convaincre à la fois les Chinois et les Russes, ça paraît être bien difficile.

    La guerre est présente aujourd'hui partout. L'esprit de guerre est en train de se développer. On voit partout des situations qui sont liées, soit au retour des États puissances, l'Iran, la Turquie, on a vu avec la Russie et l'Ukraine, on a vu l'imprévisibilité de Monsieur Trump, on voit les ambitions de la Chine, on voit tout ceci dans un monde qui est extrêmement dangereux. Et puis naturellement, il y a le terrorisme, il y a toutes les crises qui sont devant nous : l'immigration, le climat. Tout ceci, rend le monde incertain et le monde très dangereux, donc il faut développer l'esprit de paix. Alors, vous avez raison sur l'Iran, c'est quelque chose de très dangereux qui est en train de se passer. On a accordé à l'Iran une perspective d'avenir : réintégrer la communauté internationale en échange de l'abandon de leur démarche nucléaire. Il peut y avoir des contestations, à nous de vérifier aussi tout ce qu'il se passe…

    Que dit Benyamin Netanyahou, par exemple qui dit que c'est un accord de dupe en fait, que les Iraniens continuent leur programme ?

    Je pense que la guerre ne créera que très rarement la paix, et quand on voit les interventions qui ont été faites en Irak en 2003, je pense à Jacques Chirac à ce moment-là, quand je vois ce qui a été fait en Libye, la guerre ne crée pas la paix, donc ce n'est pas parce qu'on ira chercher l'Iran aujourd'hui qu'on créera, dans la région ou ailleurs, la paix. C'est le dialogue qui crée la paix, et c'est le dialogue avec l'ennemi, c'est le dialogue avec l'adversaire…

    Il faut dialoguer avec l'Iran.

    Il faut dialoguer avec l'Iran. Il n'y a pas d'autre issue que la politique. Quelquefois, le militaire a pu faire croire qu'il était l'issue, mais non, on le voit bien dans les interventions militaires. La guerre, l'action militaire, aujourd'hui, est quelquefois utilisée par des dirigeants qui veulent montrer ainsi leurs capacités souveraines, mais qui au fond n'ont pas de solution politique. Si on intervient sans solution politique, on aggrave la situation…

    Est-ce que Emmanuel Macron peut proposer un accord élargi ? Est-ce que c'est un pari jouable ?

    Je pense qu'il est possible d'essayer de discuter pour trouver une voie d'évolution sur le long terme, mais il est clair qu'aujourd'hui, on ne pourra pas avancer dans la région sans une bonne volonté des Iraniens et sans un accord avec les Russes, donc il faut pouvoir discuter. Ce n'est pas la provocation verbale de monsieur Trump, ce ne sont pas les attitudes crispées qui nous feront déboucher sur l'esprit de paix. Aujourd'hui, ce qui manque dans le monde, et c'est ça l'objectif de "Leaders pour la paix". On a réuni 25 leaders qui ont l'expérience, qui ont déjà traité des situations de crises extrêmes, et on va leur demander un peu d'ouverture pour essayer de trouver les voies de négociations pour éviter les crises émergentes, pour rendre les crises émergentes moins dangereuses parce que quand on a de l'expérience, quand on a des capacités d'analyse renforcées tous en commun, on peut trouver des voies, on peut se donner une liberté que les dirigeants n'ont pas toujours, parce que Monsieur Trump, il ne pense pas toujours à la situation de l'Iran, il pense à ses électeurs, que monsieur Poutine, il a besoin aussi de régler des problèmes intérieurs par son action extérieure, donc dans ce contexte-là, nous allons créer un groupe qui va avoir un peu plus de liberté.

    C'est une vingtaine de personnalités, on voit les visages d'ailleurs derrière nous. Ce sont des personnalités qui ont été aux affaires dans différents pays…

    Absolument. Il y a Antony Blinken qui a été le bras droit d'Obama, il y a Alexandre Orlov en Russie, proche de Poutine, j'ai (inaudible) qui est le Chinois, j'ai deux prix Nobel, j'ai cinq anciens Premiers ministres, j'ai beaucoup de ministre des affaires étrangères, donc c'est un groupe de gens qui ont eu des responsabilités, qui savent parler parce qu'il faut faire à la fois de l'influence sur les leaders, mais il faut faire aussi de la pédagogie sur l'opinion publique, car si l'opinion publique n'a pas conscience de la dangerosité du monde, on ne déclenchera pas cet esprit de paix. Je vous prends un exemple. Regardez le nombre de livres qui sortent sur la guerre. Depuis toujours, Clausewitz et les autres, sur la stratégie de la guerre, la théorie de la guerre. Est-ce que vous avez beaucoup de livres sur la paix ? Vous voyez qu'il y a des écoles de guerre partout. Est-ce que vous avez une école dans le monde qui est une école de la paix ? Comment apprendre la paix ? Comment sortir d'une crise ? Comment rebâtir la confiance ?

    Vous vous réunissez les 13, 14 et 15 mai. Vous allez remettre au président la République un rapport, Monsieur Vimont ambassadeur de France qui l'établi. Avec toutes ces personnalités, vous allez dire quoi, on peut servir de médiateur, on peut déterminer les conflits de demain ?

    On peut anticiper un certain nombre de conflits. Nous avons deux missions. D'une part, expliquer un certain nombre de crises à l'opinion publique, c'est la stratégie de la pédagogie. Par exemple, on joue très gros sur la frontière entre la Libye et la Tunisie. Si ce qu'il se passe aujourd'hui en Libye vient contaminer la Tunisie, c'est non seulement la Tunisie qui est fragilisée, mais c'est toute l'Europe qui peut aujourd'hui basculer. La frontière entre le Mexique et les États-Unis, c'est un sujet dont on veut parler aussi parce que le Mexique est en train de devenir une puissance du crime incroyable, 7000 assassinats l'année dernière, un peu plus même. Et puis, on va parler du climat et de l'Asie. On prend des crises opérationnelles, on va les analyser, on va essayer de donner un peu plus de liberté que ne le peuvent les ministres des affaires étrangères, les autorités qui ont des feuilles de route qui sont extrêmement strictes, nous on aura un peu plus de liberté. On espère trouver un certain nombre d'initiatives. D'une part, on fera de la pédagogie sur l'opinion publique, et d'autre part, on recommandera des chemins de réussite aux dirigeants, donc on va voir Emmanuel Macron, on verra…

    … le plus difficile, c'est de convaincre les dirigeants. En l'occurrence, Emmanuel macron, peut-être qu'il va attendre et recevoir votre rapport que vous allez lui remettre, mais il y a des dirigeants, ça va être très difficile de les convaincre.

    Peut-être qu'on pourra le faire de manière un peu plus souple. On va aller voir Monsieur Poutine, on verra Monsieur Xi Jinping, on va aller voir un certain nombre de leaders, on va venir avec nos solutions. C'est une affaire qui est très difficile, mais qui n'existe pas aujourd'hui ; un cercle de responsables qui connaissent la politique étrangère et qui veulent vraiment développer un esprit de paix, et qui au-dessus des intérêts nationaux ont l'esprit supérieur de la paix. On espère que ce groupe-là… Si ça ne marche pas, ça veut dire qu'il n'y a pas beaucoup d'issues.

    Jean-Pierre Raffarin, fondateur de cette organisation "Leaders pour la paix", ancien Premier ministre, merci d'avoir été notre invité.

    Merci.

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    00:08:24
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