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  • L'invité

    Michaël Darmon

    Invité : Michaël Darmon.

    Macron face à Trump ! Qui se cache derrière ce président français inflexible face à la grogne sociale (« No chance ») et qui veut en imposer au président américain pour sa première visite d'État aux États-Unis ? Dans « Macron où la démocratie de fer » le journaliste Michaël Darmon mène l'enquête...

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Michaël Darmon.

    Bonjour.

    Éditorialiste à Sud Radio, spécialiste de la vie politique, vous publiez « MACRON ou la démocratie de fer ». Vous n’y allez pas par quatre chemins dans ce livre à l'archipel, on va en parler dans quelques instants. « MACRON et la démocratie de fer » est en train de s'exprimer face à Trump, est-ce qu’il va gagner ce face à face avec le président américain ?

    Il va en tout cas essayer de montrer qu'il va aller au-delà de la (...)

    Bonjour Michaël Darmon.

    Bonjour.

    Éditorialiste à Sud Radio, spécialiste de la vie politique, vous publiez « MACRON ou la démocratie de fer ». Vous n’y allez pas par quatre chemins dans ce livre à l'archipel, on va en parler dans quelques instants. « MACRON et la démocratie de fer » est en train de s'exprimer face à Trump, est-ce qu’il va gagner ce face à face avec le président américain ?

    Il va en tout cas essayer de montrer qu'il va aller au-delà de la très bonne relation amicale qui, si elle ne débouche pas sur des résultats politiques, à ce moment-là, ça pourra poser un problème. Les deux, vous savez, se sont trouvés parce que ce sont les deux outsiders récents, ils ont tous les deux bousculé et bouleversé les codes et leur champ politique pour arriver là où ils sont et ils se sont immédiatement sentis de ce point de vue-là. Mais, maintenant, il faut arriver à des résultats politiques, il faut arriver à faire bouger Trump sur des sujets importants comme l'Iran, la Syrie ou le climat…

    Pour l'instant, beaucoup disent que c'est une politique d'image, derrière, le président Trump restera inflexible.

    En réalité, les équipes françaises, et Macron en premier, ont bien perçu qu’il y a un décalage entre les déclarations, les tweets un peu va-t-en-guerre, pour le moins de Trump. Et, la manière dont l'administration américaine après a retraduit plus concrètement les premiers élans du président américain et c’est dans cette brèche-là, qu’il y a la possibilité peut être de trouver des chemins, mais c'est vrai que pour l'instant, ça paraît compliqué parce que jusqu'à présent, il n’a pas vraiment bougé sur le climat, sur l'Iran, sur Jérusalem. On s'en souvient, tous les points de divergence avec le président français n’ont pas été bougés au point de vue de la France.

    Michaël Darmon, vous dites aussi dans ce livre : "C'est une capacité de séduction d’Emmanuel Macron".

    Oui, bien sûr, parce que il est, de ce point de vue-là, on sait qu’il est dans un relationnel… D'abord, par sa génération, sa manière de parler, sa fluidité, c'est évident. Et puis après, les deux sont dans une espèce de jeu d'intérêt bien compris. Trump désigne Macron comme étant le leader européen, il n’a pas de bonnes relations avec Merkel, c'est compliqué avec… mais et le Brexit. Dans ce cas-là et depuis le début, c'est Macron qui désigne comme étant le point d'entrée en Europe, et ça Macron y tient beaucoup.

    Quand vous dites : "Macron, c'est une main de fer dans un gant de velours".

    Oui, mais sur la France ça c'est très net. Regardez, il est allé devant Fox News pour parler de la politique française en disant avec toute l'emphase et la théâtralité qu'on lui connaît, il n’y aura aucune raison, aucune chance, dit-on en anglais, de pouvoir bouger vis à vis des cheminots. Il est allé, comme il le fait d'ailleurs souvent, c'était sur scène la dernière fois, envoyer des messages de politique intérieure lorsqu’il est à l'étranger. Et là, une fois de plus, il a envoyé le message à la fois aux Français et aux investisseurs étrangers américains en disant : "Regardez, la France bouge, je la réforme et je la fais dans votre sens".

    Et, quand vous dites, c’est le titre de ce livre : du candidat 2. 0 au président, un point c’est tout. C'est ça que vous dites, Macron cachait son jeu.

    Oui, il a changé son logiciel dès qu'il a compris qu'il arriverait effectivement à l’Élysée, ça on l’a compris avec ses conseillers. On l'a vu à la scénographie bien évidemment du soir de l'élection à la Pyramide du Louvre. On a compris que la verticalité de la Cinquième République allait être restaurée. Ça fait 10 ans, pense Macron, que les Français cherchent et recherchent le président. Avec un président qui a transgressé la fonction par extraversion, l'autre peut être par des constructions, ça fait 10 ans que la figure du grand homme présidentiel n'existe plus et les Français sont en manque de cela. Il y a eu des études qui ont montré que les Français voulaient un gouvernement, un régime, en tout cas un gouvernement autoritaire, donc il leur a proposé de restaurer la verticalité de la fonction présidentiell, On verra si ça suffira parce que Jupiter doit foudroyer le chômage.

    C’est ça, Jupiter c’est son surnom, mais ça s'exprime aussi par la loi sur l'immigration, par un certain nombre de faits et la fermeté vis à vis des manifestants en ce moment, est-ce qu'il peut tenir, il n'a pas le choix que de tenir ?

    Il n’a pas le choix de tenir, si il lâche en ce moment, surtout sur la première année, qui est l'installation de l'autorité à travers les grandes réformes, c’est le dépôt de bilan son quinquennat. Donc, il n’a pas le choix et surtout il n’a pas envie. Il a absolument besoin et dit-il de "transformer la France et de faire des réformes générales et profondes", et non pas tout simplement des changements de modules dans tel ou tel secteur. Pourquoi ? Parce que en fait il est pressé, parce que il y a une course contre la montre. Il y a une nouvelle économie qui est en train de s'installer autour du numérique, un nouveau monde, mais l’ancien monde n'est pas encore totalement terminé. Et la crainte à l’Élysée, on me l'a de l'expliquée plusieurs fois, c'est que tout simplement, le quinquennat de Macron tombe entre cet entre deux et soit politiquement déstabilisé. Donc, c'est pour ça qu'il imprime un tempo d'enfer, qu’il dit à ses équipes "si on ne fait pas tout la première année, on est mort", et que comme il aime beaucoup citer Audiard, il dit : "Vous savez bien, on n’est pas venu pour beurrer les tartines".

    C'est ça, il cite Audiard aussi. Il y a un rapport avec la presse, vous en parlez dans ce livre. C’est que là, c'est une autre "chance" aussi parce que clairement, on dit aux journalistes : "Le président, vous ne le verrez plus".

    Oui, parce-que là aussi… D'abord, il est dans l'épure d'un président qui veut toujours effacer ce que son prédécesseur a fait et lui dans les coulisses de François Hollande, il a été révulsé de voir comment la présence permanente des journalistes amenait le président Hollande à être commentateur de sa propre action. Il n’a pas supporté ça. Dès qu'il est arrivé, une de ses premières décisions, c’est de fermer la porte à la presse, de dire je la mets à distance parce que c’est ma manière aussi de restaurer une forme de verticalité. La porte était fermée, ça permet également de continuer le métier, passer par la fenêtre pour récupérer des informations et récupérer les coulisses de cette gouvernance Macron qui s'installe pour cinq ans.

    Mais un tempérament assez exceptionnel, c'est ce que vous écrivez, c’est un personnage qui se révèle à travers le pouvoir.

    Oui, il se révèle à travers le pouvoir parce qu’il y a pensé depuis longtemps. Même s'il dit qu’il est arrivé par effraction et par la brutalité de la vie démocratique, il faut savoir quand même que sa réflexion sur le pouvoir, la pratique du pouvoir, remonte à une décennie et qu'il fait exactement ce qu'il a écrit. J’ai retrouvé des propos, des discours, des commentaires, de ce qu’il disait il y a 10 ans, c'est-à-dire : "Il est temps de mettre fin à la société française telle qu'elle a été issue et réorganisée au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il est temps de sortir du statut, il est de dire aux baby-boomers qui ont bien profité de tous, d'arrêter maintenant". C’est la raison pour laquelle il est assez intransigeant avec les retraités ; quelque part, il y a une forme de propos qu’il leur dit : "vous allez maintenant payer pour la solidarité intergénérationnelle", parce qu'il considère qu'ls ont laissé les jeunes de côté, ils n’ont pas laissé entrer, qu'un système s’est organisé d'entre soi. Et il veut faire exploser tout ça, on verra s'il réussira.

    Mais il ne veut pas commémorer par exemple mai 68, ça ce n’est pas son idée.

    Non, il ne commémore pas mai 68, mais enfin, il a quand même donné une interview, plus qu’une intervie. Il s'est prêté au jeu de son propre rôle pour la première fois dans un film avec Daniel Cohn-Bendit sur effectivement la France d'après Macron et on le voit jouer son propre rôle, de ce point de vue-là, il ne commémore pas mai 68, mais il veut envoyer un message en disant : "Moi, pour changer la France, je ne m’interdis rien, je ne m’interdis pas d'interdire". Et, n’oublions pas que son livre s'appelait Révolution. Et en mai 2018, alors qu'il y a de l’affrontement avec les syndicats, les statuts et autres professions est au programme, il dit : "C'est moi qui mène la révolution", et 50 ans après, les choses ont changé.

    "Démocratie de fer", ça c'est une expression qui peut rester ?

    Oui, j'ai pensé à cette expression-là quand j'ai regardé la gouvernance de Macron, on est bien évidemment en démocratie, on ne va pas tomber dans des fantasmes ou des postures, mais il dit aussi : "C'est un peu la dernière étape, si je ne réussis pas, si vous ne m’aider pas à réussir, avant une aventure populiste", et il dit : "Il vaut mieux une démocratie de fer aujourd'hui qu'un despote éclairé demain".

    Merci Michaël Darmon, c'est un livre passionnant, il s'appelle « Macron ou la démocratie de fer », publié aux Éditions de l'Archipel, on a été ravi de vous recevoir aujourd'hui sur TV5 Monde.

    Merci.

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