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  • L'invité

    Mehdi Qotbi

    Invité : Mehdi Qotbi.

    Peintre, écrivain et concepteur d'expositions, dont « Lumières africaines », Mehdi Qotbi, président de la Fondation des musées du Maroc, annonce une série d'événements culturels et un programme pour mettre en valeur le patrimoine artistique exceptionnel de son pays.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Medhi Qotbi.

    Bonjour.

    Vous êtes ce qu'on pourrait appeler une institution dans le domaine de la culture au Maroc. Vous êtes le président de la Fondation nationale des musées du Maroc, ces 14 musées extrêmement importants. On peut dire aujourd'hui que le Maroc entend véritablement conquérir le grand public avec ses musées ?

    Je dirais que grâce à la politique de Sa Majesté le roi, parce que je tiens absolument à le souligner, car sans lui rien n'au (...)

    Bonjour Medhi Qotbi.

    Bonjour.

    Vous êtes ce qu'on pourrait appeler une institution dans le domaine de la culture au Maroc. Vous êtes le président de la Fondation nationale des musées du Maroc, ces 14 musées extrêmement importants. On peut dire aujourd'hui que le Maroc entend véritablement conquérir le grand public avec ses musées ?

    Je dirais que grâce à la politique de Sa Majesté le roi, parce que je tiens absolument à le souligner, car sans lui rien n'aurait été possible, le Maroc est en train de démocratiser la culture, démocratiser les expositions et les expositions les plus prestigieuses.

    C'est-à-dire démocratiser, de quelle façon ?

    Écoute, c'est très simple, amener Picasso, amener Jacometti, amener Matisse maintenant qui va venir avec Dali, Braque, Miro… Et j'en cite, les plus grands. C'est ça la démocratisation, c'est-à-dire qu'il n'auront plus besoin de voyager…

    Oui.

    Ils vont voyager en restant au Maroc. Les grandes expositions arrivent chez eux, à des musées qui sont ouverts et mis à leur disposition.

    Ouvert au grand public pour faire découvrir finalement.

    Très grand public, puisque vous savez, l'exposition Picasso, il y a des gens qui sont venus de partout du Maroc, en famille. C'est ça qui est extraordinaire, c'est pour ça que je pense que le Maroc, aujourd'hui, est en train de réussir ce que j'appellerais le choix qui est fait par Sa Majesté, qui est le choix culturel.

    On voit ces expositions. Qu'est-ce qu'on va montrer dans ces expositions-là ?

    On montre les grands noms, on va faire venir les gens… Les gens, quand ils font deux jours de voyage au fin fond du Maroc pour voir Picasso, c'est parce que comme ça ils vont dire "Demain, nous allons voir… Demain", à leurs enfants, "On a vu Picasso". C'est cela, en quelque sorte, qui va amener le Marocain lambda à s'intéresser, à aller vers la culture et aller voir les musées qui sont en train d'être rénovés.

    Rénovation des musées, on peut dire que ça concerne un grand nombre de musées. Qu'est-ce que vous allez faire, c'est à Rabat, à Fès, à Marrakech, à Meknès, Tanger ?

    Et Asfi.

    Qu'est-ce qu'il va se passer dans ces musées ? Qu'est-ce que vous allez transformer ?

    D'abord un, on réhabilite les bâtiments. Deux, nous racontons une belle histoire comme dans tous les musées du monde, car pour attirer les gens, il faut leur raconter une histoire, et il faut que l'histoire soit belle, c'est ça la scénographie, et c'est ça la beauté des choses, et c'est pour cela qu'aujourd'hui les Marocains ne cessent de remercier Sa Majesté d'avoir eu cette idée de créer une fondation et de s'occuper des musées.

    Cette fondation que vous présidez aujourd'hui, elle coordonne finalement cet ensemble ?

    Elle est en train surtout de démontrer aux Marocains qu'ils ont un patrimoine et qu'on est en train de le mettre en avant pour qu'ils prennent conscience qu'ils ont un patrimoine, qu'ils ont une culture riche, mais que cette culture n'a pu être ce qu'elle est que parce qu'elle s'est nourrie d'autres cultures. C'est le but de cette exposition que nous sommes en train, aujourd'hui, de faire avec le MUCEM à Marrakech au musée des confluences à Dar El Bacha.

    Et puis, un projet avec le musée d'Orsay, les impressionnistes pour 2019 ?

    Absolument. Ça, ça va être un événement. Pour la première fois, les impressionnistes vont traverser la Méditerranée pour être à la portée de chaque Marocain et peut-être au-delà du Maroc à toute l'Afrique.

    Au-delà de tout cela, est-ce qu'on peut dire véritablement aujourd'hui, le Maroc veut faire une sorte de diplomatie culturelle ?

    Je pense que la diplomatie culturelle est synonyme aussi simplement de développement culturel puisqu'aujourd'hui, comme vous le savez, quand Sa Majesté avait fait son voyage officiel en Russie, nous avons fait une exposition du Maroc au musée Pouchkine. Cette exposition devait rester un mois, elle est restée trois mois à la demande des Russes. Nous sommes en train de préparer pour le 6 mars, une grande exposition de 300 pièces aux Émirats arabes unis à Abou Dabi. Vous pouvez constater qu'aujourd'hui, la diplomatie culturelle est en marche.

    Une diplomatie culturelle qui vise à quoi ?

    À montrer. Cette culture qu'on a, on partage. Aujourd'hui, vous voyez à travers le monde, il y a des conflits. Plus personne ne comprend le langage qu'on parle aujourd'hui, le français, l'anglais, le chinois, tout ce que vous voulez. Ils comprennent un langage qui est la culture. Le Maroc a eu cette idée de mettre le langage de la culture comme une priorité et comme un partage entre les peuples.

    C'est-à-dire que c'est la culture marocaine qui s'exporte et la culture du monde qui vient au Maroc ?

    C'est un vrai échange, vous avez tout à fait raison. Je suis très heureux, si vous me le permettez, c'est pour ça que je suis très heureux de pouvoir faire cette grande exposition avec le musée Centre Georges-Pompidou qui est le second musée au monde d'art moderne et contemporain, et qu'il puisse partager avec nous des artistes aussi importants que Matisse, que Picasso, que Miro, que Dali, que Klee, ça veut dire qu'ils partagent l'essence même et l'essence même de l'art, c'est le partage.

    C'est revenir quelque part aux fondamentaux. Vous qui êtes, je le disais, une personnalité, une institution culturelle au Maroc, vous êtes un artiste vous-même, vous avez vécu longtemps en France, les beaux-arts, l'École des beaux-arts, autant en France qu'au Maroc, ça veut dire que c'est ce pont-là qui se crée aujourd'hui ?

    Je pense que le Maroc a su, est en train de mettre des passerelles et des ponts entre les cultures, à travers la culture et à travers cet instrument qui est la muséologie.

    La muséologie, ce n'est pas quelque chose de passé, un peu poussiéreux, ça doit rester moderne. Ce n'est pas seulement montrer des œuvres anciennes ?

    Elle est moderne car la manière de le présenter avec peut-être des choses qui rappellent l'histoire, mais nous devons toujours… Vous savez, je me demande si ce n'est pas une parabole de la Bible qui dit : "Connais-toi d'abord avant de connaître les autres ; aime-toi d'abord avant d'aimer les autres". Nous allons commencer par faire prendre conscience aux Marocains qu'ils ont une culture riche et variée.

    Ils n'ont pas cette conscience aujourd'hui, les Marocains ?

    Je ne veux pas dire qu'ils n'ont pas cette conscience, mais nous sommes là pour essayer encore de leur donner la possibilité de prendre conscience qu'ils ont cette chance d'avoir une culture qui s'est nourrie du judaïsme, qui s'est nourrie de l'Afrique, qui s'est nourrie de la culture sahraoui, hassani, qui s'est nourrie de toutes ces cultures qui ont fait que le Maroc…

    De la Méditerranée, aussi.

    Bien évidemment. C'est l'essence même, c'est notre mère à tous et c'est pour cela que le Maroc va mettre sur pied pour 2019, une biennale méditerranéenne à Rabat.

    Que va-t-il se passer à Rabat ?

    En 2019.

    Vous pouvez nous révéler, qu'est-ce qu'on va y découvrir ?

    On va y découvrir les artistes, les créateurs, de toute la Méditerranée, qui viendront dialoguer, passer des messages, j'espère d'amour et de paix, de la ville Rabat qui est ville lumière, capitale de la culture.

    Merci Medhi Qotbi. Amour et paix, je retiens ces 2 mots-là. C'est ça le message de la Culture aujourd'hui ?

    C'est l'unique message : paix, amour et partage.

    Merci beaucoup Medhi Qotbi d'avoir été notre invité aujourd'hui.

    Merci de votre invitation.

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    00:08:14
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