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  • L'invité

    Hommage à Jacques Higelin


    Le chanteur français Jacques Higelin est décédé vendredi 6 avril à l'âge de 77 ans. TV5MONDE lui rend hommage en rediffusant l'entretien qu'il avait accordé à Patrick Simonin en 2013 dans « L'Invité ».

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Jacques Higelin. "Des chansons aussi claires qu'un sourire qui s'extrait de l'apesanteur et de la grisaille, pour poser un regard plein de vie et d'envie sur les choses et les gens". C'est ce qu'a écrit Télérama sur votre disque ; "le plus beau de votre carrière", dit la critique. J'ai vraiment aimé l'album, et je l'aime vraiment profondément. C'est magnifique. Alors que je ne m'en suis pas mêlé. Et des fois, il ne faut pas s'en mêler. Par contre, ils m'ont dirigé, digéré j'allais dire. (...)

    Bonjour Jacques Higelin. "Des chansons aussi claires qu'un sourire qui s'extrait de l'apesanteur et de la grisaille, pour poser un regard plein de vie et d'envie sur les choses et les gens". C'est ce qu'a écrit Télérama sur votre disque ; "le plus beau de votre carrière", dit la critique. J'ai vraiment aimé l'album, et je l'aime vraiment profondément. C'est magnifique. Alors que je ne m'en suis pas mêlé. Et des fois, il ne faut pas s'en mêler. Par contre, ils m'ont dirigé, digéré j'allais dire. Et ça a été très mignon, parce que Dominique Mahut a été très bien. Il expliquait à Édith ce que j'étais, qui j'étais. Il dit : "t'inquiète pas, là il fait la gueule"". Qu'est-ce qu'il a ?" Non, il dit, "c'est les crises : ça dure cinq minutes, dix minutes". Et elle était très… C'est une femme extraordinaire. Et c'est aussi la première fois que je fais un album réalisé par une femme.  Oui. Alors, il y a une femme, aussi, avec vous. Sandrine Bonnaire, à un moment. C'est un duo d'anges heureux. D'anges heureux. "Effaçant d'un trait Regrets et remords Avant qu'épuisés …" C'est beau.

    Elle est trop jolie. En fait, elle était très impressionnée, parce que c'est la première fois de sa vie. Elle a dit qu'elle avait écouté tous vos disques. Oui, avant. Toujours. Oui, mais ça je ne savais pas quand je l'ai rencontrée dans le train, je ne savais pas du tout. Mais en fait, c'est la première fois qu'elle enregistre dans un studio. Et en plus, elle me dit : "écoute, en plus, avec toi ; que ma sœur et moi, on t'adorait. On était fan absolu, on avait tes affiches dans notre chambre. Et puis, tous les disques, et on écoutait sans arrêt". Et la première fois de sa vie où elle enregistre, elle ne savait pas, tu sais. C'est pour ça qu'elle a l'air, des fois, j'ai vu là dans le film, un peu folle. Elle n'est pas folle, mais c'est… Tu vois. C'était merveilleux cet album, quand même. C'est merveilleux qu'il y ait cet accouchement-là. Tomorrow morning. Oui, moi j'ai toujours aimé ça. Les Américains qui te parlent comme ça : "je dirai toi, tu es mon super héros". Tu vois. Avec des mots anglais, mélange, tout. Il y avait Mickey Finn, qui était comme ça, qui parlait avec cet accent-là. Et j'ai toujours aimé ça. Puis, un jour, je m'étais dit : "si tu faisais une chanson où tu chantes l'anglais comme vache qui pisse ?" Enfin, non. Comment il dit ? Canard boiteux ou… Je ne sais pas, tu vois, tu te trompes. Tu te plantes, et tu le fais. "La joie de vivre", c'est le titre d'une autre chanson. Parce qu'il y a beaucoup de joie de vivre dans ce disque, Jacques. Oui. Mais il y aussi des choses plus, comment dire… Écoutons. "Parcourir les états de grâce de la planète entière. Découvrir les mille façons de se jeter dans les bras de la joie de vivre, libre, vivre, libre."

    C'est la joie de vivre. Vous avez dit : vous avez eu des inspirations. Vous balader dans un bois, et vous dire : "j'ai retrouvé l'enfant que j'étais, qui m'attendait".

    Oui, mais c'est quand je me promène. Quand je me promène, il y a toujours un moment donné, alors, en marchant, tout ça, ça nettoie tout ; tu sais. Et tu te retrouves avec une fraîcheur et un enchantement d'enfant. Moi, chaque fois que je me balade, comme ça, tout seul, et que je me promène longtemps, c'est un enchantement qui me gagne. Surtout dans la nature. C'est tellement beau, tu regardes le ciel, tu regardes les arbres, tu regardes les animaux, les oiseaux, les renards, les sangliers, je ne sais pas, ce qui passe. Il y a toute une vie, et ça m'enchante toujours, parce que je trouve ça magique. Mais, quand je disais : "l'enfant était au coin du bois". Vous dites : "j'ai retrouvé le gosse. Tiens, je t'attendais". Oui, c'est la joie de l'enfant qui est en soi, et qui dit : tu retournes aux premières chansons, tu retournes aux mélodies. Parce que quand j'étais petit j'ai écrit, je composais, avec un ukulélé, ou une guitare : "printemps, été, automne et hiver, deux petits chiens près d'un réverbère, un petit oiseau qui s'envole dans le ciel, nuage de coton, rayon de Soleil". Tu vois. Ça, c'était la première chanson. Une des premières, oui, la première. Et puis, c'est bien, quoi, tu voies, tu retrouves ton enfance. Qui est toujours là, qui est, déjà, toujours là, mais moi, c'est les adultes qui me gonflent. D'ailleurs, à un moment donné, je ne sais pas. Des fois, ils me parlent, je n'entends même pas ce qu'ils disent. Je ne comprends même pas ce qu'ils me disent quoi, quand ils me parlent d'affaires. C'est con d'ailleurs, parce que, du coup, j'ai raté des carrières. Ah non, pas du tout. Si, j'aurais pu être un grand acteur. Mais en fait, moi ce que je préfère c'est, dans une salle, d'être en connivence, et directement avec les gens. Et en plus, tu vois des visages, tu vois des sourires. C'est un vrai dialogue, même si je parle tout le temps et que je chante. Mais il y a, des fois, une beauté dans les gens, une âme. Et quand tu réveilles ce sourire-là, le bonheur, tu vois ; le bonheur de chanter, le bonheur de jouer, ou bien l'émotion pure. C'est un copain qui m'a dit ça aujourd'hui. Enfin, un voisin. Il m'a dit : "tu sais, avec un ami à moi, de ce qu'on retrouve chez toi, à chaque fois qu'on vient en concert, et Dieu sait si on est venu souvent, c'est quelque chose qui nous émeut, c'est une émotion qu'on ne trouve pas ailleurs". Mais c'est vrai ça. C'est une émotion, parce que moi je suis ému. Et les musiciens qui sont avec moi, mes compagnons, c'est pareil. Et il se passe plein de choses entre nous et avec les gens. Et tous les visages que je regarde. À un moment donné, je me dis : "ils ont fait tout ce trajet pour venir vers nous, vers moi et mes compagnons". Et, pourquoi ? Tu vois, actuellement, ils reviennent, pleins de gens. C'est plein partout, mais déjà la dernière tournée, c'était comme ça. Mais il y en a d'autres qui arrivent. Il y a des ados aussi, des enfants. Et à un moment donné, ils sont… C'est drôle. Ils te découvrent, et moi je sais qui je suis : un baladin, tu vois, un enchanteur.

    Merci Jacques. "C'est un Beau Repaire". C'est le nouvel album, il est tellement beau, ce Repaire-là. Et on est tellement content d'aller vous applaudir. Le Casino de Paris, et puis la tournée. On va vous voir au Palais du Facteur Cheval. On va vous voir partout. Oui. On est tellement content. Merci beaucoup. Merci Jacques Higelin. Ah oui, c'est fini ? Ah, on aurait pu continuer. Non, c'est bon : à un moment donné il faut que ça s'arrête. Au revoir.

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    00:08:20
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