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  • L'invité

    Cali

    Invité : Cali, chanteur français

    Le chanteur publie "Seuls les enfants savent aimer", un premier roman largement autobiographique où il raconte ses blessures d'enfance.

    Présentation : Patrick Simonin

    Transcription

    Bonjour Cali

    Bonjour.

    Le chanteur, bien sûr, celui qui fait vibrer les foules et puis celui qui, aujourd'hui, se confie d'une tout autre manière avec un premier roman qui s'appelle : "Seuls les enfants savent aimer". Et ces enfants, finalement, c'est un peu vous. C'est votre propre enfance que vous racontez.

    Oui, c'est le le démarrage de la vie, là où tout s'ouvre, où tout doit s'éclairer et puis c'est le… Je démarre par la mort de maman à 6 ans. J'ai 6 (...)

    Bonjour Cali

    Bonjour.

    Le chanteur, bien sûr, celui qui fait vibrer les foules et puis celui qui, aujourd'hui, se confie d'une tout autre manière avec un premier roman qui s'appelle : "Seuls les enfants savent aimer". Et ces enfants, finalement, c'est un peu vous. C'est votre propre enfance que vous racontez.

    Oui, c'est le le démarrage de la vie, là où tout s'ouvre, où tout doit s'éclairer et puis c'est le… Je démarre par la mort de maman à 6 ans. J'ai 6 ans, ma maman décède et le livre s'ouvre sur l'enterrement de ma mère. J'ai été privé de ce moment-là, on a voulu protéger le petit Bruno, donc on m'a mis dans une chambre et à travers les volets, j'ai vu passer le cortège de tous ces gens, tout le village, la famille, les amis et ça démarre là.

    C'est l'histoire de dire aussi : "Voilà, je viens de ça, je suis chanteur", et au fond de se dévoiler au public.

    Il y a de ça, mais c'était surtout… Il y a plusieurs choses. Ma grande sœur l'a lu, une de mes grandes sœurs bouleversée, les amis bouleversés parce que justement ces mois après, les mois qui ont suivi, c'est de dire combien on a besoin d'amour, évidemment, mais comme on ne sait pas la mort, on a 6 ans, on ne sait pas la mort, on ne sait ni les mensonges, ni la trahison, ni la perversion, quelque part on s'agrippe à des regards en se disant que sa maman est là en face, elle est là.

    Trop petit pour suivre ce cortège, trop petit, finalement, face à cet événement.

    Oui, je n'en veux à personne, c'est-à-dire qu'on a voulu me protéger, mais je pense sincèrement que je n'ai pas pu lui dire au revoir. Ces quelques jours avant, ma mère m'a dit, j'ai ces bribes de souvenirs, ma mère m'a dit : "Au revoir mon petit Bruno, je t'aime", et je partais chez un oncle à quelques pas de la maison pour qu'il me garde pendant cette tragédie, mais c'est tout, je n'ai pas pu la voir partir, je crois que c'est ce qui manque beaucoup, oui.

    Oui, il y a une chanson qui s'appelle "Je ne peux pas pleurer plus que ça". Finalement, on découvre le sens des chansons en lisant ce livre aussi.

    Oui, je crois qu'il y a des clés, évidemment, parce qu'un chanteur, c'est le format 3 minutes une chanson, et depuis cet album je raconte ma vie, je raconte l'enfance, l'amour.

    Regardez.

    ♫ Cali - Je ne peux pas pleurer plus que ça ♪

    C'est une façon aussi de dire qu'enfant, on n'a pas forcément les mots et qu'aujourd'hui, ce petit Bruno, il peut, peut-être, enfin parler, parler à sa maman comme vous le faites dans ce livre.

    Oui, mais l'intérêt, c'est de parler comme le petit Bruno de 6 ans, j'ai 6 ans dans ce livre. Ce n'était pas raconter avec mon âge, aujourd'hui, ce qui s'est passé parce que ce qui permet de tout dire, un enfant de 6 ans a le droit de tout dire et il dit la vérité, donc des moments durs, des secrets de famille ou des choses, on ne peut pas les lui reprocher parce qu'il a 6 ans et qu'il raconte.

    Oui, et il dit à sa maman : "Bon anniversaire, maman". C'est un anniversaire, évidemment, terrible aussi.

    Oui, le 3 janvier est l'anniversaire de maman, elle est morte le 5 janvier et le 3 janvier, voilà, c'est là où je lui dis au revoir. Mon papa me dit : "N'oublie pas de lui dire", et je lui souhaite bon anniversaire et il y a une bouteille de champagne, je me souviens, pas loin, il y a mon oncle qui est là, c'est le frère de ma maman, il a apporté la bouteille et eux sont là et puis mon papa me prend du bout du doigt du champagne, il me le met sur le front, c'était pour porter chance, oui.

    Oui, et entendre ces mots : "Je t'aime mon petit Bruno".

    Ce sont des mots qui m'accompagnent pour une vie. Il y a une poignée de jours, j'ai croisé une dame qui était assez bouleversée, j'ai dit, à un certain âge, elle me dit : "Voilà, Bruno, j'étais la pionne au collège de ta maman. Elle était pleine de vie, elle sautillait comme toi sur scène, quand tu es sur scène. J'ai gardé contact avec ta maman et puis un jour tu es né et elle m'a présenté le petit Bruno, ta maman m'a dit", c'est dans sa bouche, elle m'a dit ça, ma maman a dit à cette dame : "Eh bien, je te présente mon printemps éternel", voilà. Alors, maintenant, j'ai ces mots avec moi.

    Tu me manques à crever maman, jusqu'à quand vas-tu mourir ? Ce sont les mots d'un enfant.

    Oui, ce sont les mots d'un enfant que je peux… Oui, parce qu'aujourd'hui, elle me manque tous les jours. C'est le nid, c'est le démarrage, je m'adresse à elle encore, mais la construction ou la non-construction, je mesure aujourd'hui et puis en même temps, j'essaie de voir le verre moitié pleine. Je me dis que c'est un destin, c'est-à-dire qu'à un moment, on est seul, on vole de ses propres ailes au pire on tombe du nid, mais les choix, après, on les fait tout seul. Peut-être que si maman était là aujourd'hui ou s'il avait été là à l'orée de ma petite carrière, elle aurait peut-être dit au petit Bruno : "Non, il y a des métiers quand même, chanteur ce n'est par peut-être pas un métier". Et là, je me suis retrouvé tout seul et ce besoin d'amour, je me suis dirigé vers la chanson parce qu'il n'y a pas mieux pour aller crier, j'ai besoin d'amour devant un public tous les soirs.

    Oui, et cet enfant, évidemment, il va grandir, il va avoir un ami avec une amitié incroyable et puis une petite fille, dont il va être follement amoureux et là c'est un roman, mais quelque part lorsque vous amenez le manuscrit de ce texte à votre éditeur, vous apprenez que cette fillette, eh bien, est partie.

    C'est ça.

    Le jour même où vous remettez le manuscrit.

    C'est ça. J'ai pu l'accompagner jusqu'au bout quasiment, mais je lui ai dit : "Il faut que tu attendes parce que je parle toi là dans un livre et tout", elle m'a souri et je savais que c'était le bout, mais le hasard des choses fait que j'ai remis un bout de nos vies le jour où elle est partie.

    Oui, et dire que seuls les enfants savent aimer, c'est pour tous les enfants du monde, finalement, c'est un message ?

    C'est un message, mais je pense que ce n'est pas… L'amour fou, l'amour terroriste, celui qui nous attrape au bord de la rue, le coup de foudre, on a tendance à dire, mais je suis étourdi, je ne sais plus ce qui se passe, on ne pense plus à rien, il n'y a plus rien qui se passe, le ventre brûle, le cœur explose. Un enfant, quand il aime, il n'y a pas tous ces dédales qu'on connaît aujourd'hui adultes, il n'y a pas toutes ces perversions, tous ces sacs de soucis, de problèmes, il est pur et je crois qu'on peut avoir 81 ans, 90 ans, 5 ans ou 10 ans, quand on aime, on est un enfant.

    Oui, et quand vous dites et vous le faites dire à Bruno ces phrases : "Maman, je ne peux pas imaginer qu'on puisse être là dans cette chose en bois que l'on mette sous la terre", parce qu'au fond, votre maman, elle est dans votre cœur, elle est dans ce livre.

    Oui, elle est… Et puis c'est… Il y a tellement d'années, tellement de temps et en même temps, c'est hier et je sais qu'au fond de moi c'est éternel évidemment, mais le fait de parler de ma maman, de parler d'elle dans ce livre, cette lettre, elle était vraiment avec moi à ce moment-là, oui.

    Merci beaucoup Cali. Ça s'appelle, "Seuls les enfants savent aimer", c'est un très beau livre qui va parler à tout le monde, publié au Cherche midi, un bon roman, roman vrai.

    Merci beaucoup.

    Merci Cali.

    Merci.

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    00:08:04
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