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  • L'invité

    Jean-Baptiste Lemoyne

    Invité : Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères

    Quelle politique de développement à l´heure où le gouvernement présente sa loi asile et immigration ? Le secrétaire d'État répond.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Jean-Baptiste LEMOYNE, vous êtes secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, merci d’être notre invité sur TV5 Monde. On va parler politique de développement, comité interministériel sur la coopération industrielle et le développement, comité national pour le développement et la solidarité internationale et puis il y a quelques jours, vous étiez encore au Bénin et puis il n’y a pas longtemps aussi à Bruxelles, toujours pour parler développement, ça veut d (...)

    Bonjour Jean-Baptiste LEMOYNE, vous êtes secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, merci d’être notre invité sur TV5 Monde. On va parler politique de développement, comité interministériel sur la coopération industrielle et le développement, comité national pour le développement et la solidarité internationale et puis il y a quelques jours, vous étiez encore au Bénin et puis il n’y a pas longtemps aussi à Bruxelles, toujours pour parler développement, ça veut dire qu’il y a un élan nouveau ?

    Très clairement, le chef de l’État Emmanuel MACRON a souhaité qu'on mette un coup d'arrêt à cette baisse infernale des crédits consacrés par la France au développement, à l’aide publique au développement et donc l'idée c'est que, on est aujourd’hui à 0,38% du revenu national brut qui est dédié à la PD, c’est qu'on aille à 0,55% environ 2022… Exactement.

    Et donc, on doit aller à combien ?

    À 0,55% du revenu national brut en 2022, ça veut dire que la France va mettre plusieurs milliards d’euros de plus sur la table pour conduire un certain nombre de projets et surtout pour aider des géographies prioritaires, l’Afrique, et des secteurs prioritaires : l’éducation, la santé, l'égalité entre les jeunes filles et les jeunes hommes. Et donc, si vous voulez, on avait besoin de cette boussole parce que le chef de l’État avait indiqué le cap et donc cette boussole ça y est, elle a été construite. Nous l'avons construite aussi en partenariat avec des parties prenantes comme les ONG, comme les collectivités locales au sein d’un conseil national du développement et de la solidarité internationale et le Premier ministre, le 8 février, a réuni tous les ministres concernés et nous avons donc acté cette feuille de route pour les prochaines années et cette feuille de route, si voulez, elle est ambitieuse parce qu’ on voit bien que l'Europe et l'Afrique, nos destins sont liés, on échouera ensemble ou on réussira ensemble et donc on préfère se donner les moyens pour réussir.

    On est lié parce que dire échouer ou réussir, on pense aussi à la présentation de la loi sur l'asile l’immigration de Gérard COLLOMB, ça a un lien finalement les deux; c'est-à-dire qu’il faut aider l’Afrique à se développer pour ne pas avoir, après, des réfugiés en France ?

    Le calendrier fait que nous avons des discussions de façon concomitante, mais l’aide publique au développement, elle n’est pas conditionnée et elle est inconditionnelle, cela étant ce qu’on veut éviter, c’est effectivement que des jeunes femmes ou des jeunes hommes prennent la route du Sahel ou du cimetière méditerranéen pour certains d'entre eux, de façon subie par ce qu’il y a un certain nombre de filières, de trafiquants, de gens qui exploitent la misère humaine et donc nous, ce que nous souhaitons faire c'est, naturellement, donner à toute cette jeunesse, eh bien, les moyens et de pouvoir bâtir un avenir meilleur et avec les États.

    Là-bas, c'est-à-dire leur avenir est là-bas.

    Eh bien, vous savez, non, la mobilité internationale, les échanges d’étudiants, les échanges comment dire d'artistes, tout ça a vocation à se développer, nous aussi on peut accueillir plus d’étudiants, ce serait parfait. Mais, ce que je veux dire, c’est qu’en revanche, il ne faut pas que la misère humaine soit exploitée et là effectivement sur la lutte contre ces filières, nous serons implacables. Mais en revanche, il est clair que le Président de République d'ailleurs a fait des gestes significatifs. Nous souhaitons par exemple mettre l’accent sur l'éducation, la formation professionnelle. Il y a 15 jours, nous étions à Dakar il coprésidait avec le président Macky SALL, ce qu’on appelle la reconstitution du partenariat modèle pour l'éducation, c’est en fait arriver à fédérer plein de fonds de partout dans le monde pour les dédier à des programmes d'éducation. Et, je peux vous dire que la France, eh bien, elle était au rendez-vous, elle a plus que multiplié par 10 sa contribution. On avait une contribution, les 3 dernières années, de l’ordre de 17 millions d’euros, on passe à 200 millions d’euros et c’est vous dire que, voilà, mettre… Investir sur l'éducation, c’est tout simplement investir sur le capital humain et le capital humain, eh bien, c’est la première richesse.

    Vous avez participé à une réunion informelle des ministres chargés de développement, il y a 2 jours à Bruxelles, vous êtes allés leur dire finalement que la France ne peut pas agir seule et qu’au fond, c'est aussi, j’allais dire, la responsabilité de l'Europe ?

    Alors, effectivement, on n’est pas les seuls à agir, vous avez raison. L’Union européenne a également un certain nombre d'outils, d’instruments et le message que nous avons porté, c’était de se dire il faut mettre la priorité sur les pays les moins avancés, ceux qui ont vraiment le plus de besoins et donc c'était un message très clair parce que certains pays de l’Union européenne ont tendance à vouloir orienter cette aide vers des pays à revenus intermédiaires. Mais ces pays-là, ça y est, ils sont déjà sur une pente ascendante et donc on le voit, nous, ce qu’on souhaite, c’est mettre l’effort sur les PMA, sur la bande sahélienne. Il y a demain d’ailleurs une réunion du G5 Sahel à Bruxelles, ce sera l'occasion d'aborder les 2 aspects. L’aspect sécuritaire à travers le G5 et il en a bien besoin parce que vous avez vu encore les escarmouches qui ont eu lieu il y a quelques jours et puis 2 soldats français qui ont été tués hier et à qui nous rendons hommage ; et puis l'aspect, également, de l’Alliance pour le Sahel c’est-à-dire des programmes très concrets pour aider au développement agricole, pour aider, encore une fois, à la formation, pour aider comment dire aux micros crédits, eh bien, parce qu’on a besoin de projets très concrets et surtout qui voient le jour dans des délais rapprochés. Donc, je crois qu’il faut les stratégies de 2030, 2040, 2050.

    Ça, c'est la stratégie européenne, vous dites finalement à l’Europe, il faut aller plus vite ? Et à vos partenaires, peut être parfois, certains réticents, à mettre de l’argent sur la table à l’heure où la France passe à 0,55% du produit national brut pour le développement ?

    Effectivement, plus fort, plus vite, c'est vraiment l'ambition qu’on porte. Encore une fois, les enjeux sont considérables et les enjeux, ils sont aussi climatiques. Vous savez le terme de réfugiés climatiques, ce n’est pas un néologisme; moi, j’ai rencontré un réfugié climatique victime d'intempéries telles qu’ils ont été obligés de quitter leur territoire. Et donc, du coup, eh bien, là-dessus, la France, très clairement, vous l’avez vu, elle est de retour, elle veut assumer au niveau mondial le fait, parfois de mettre les pieds dans le plat, de tirer la sonnette d’alarme et puis derrière de réunir, de fédérer des moyens et puis des moyens qui soient efficaces, qui soient tout de suite mis sur le terrain. Et vous savez, j'étais, il y a quelques jours, au Bénin en vue de préparer la visite du président TALON au président MACRON et ce que j’y ai vu justement de l’aide publique française, c'est que, eh bien, nous sommes le premier bailleur en matière d’éducation et j’ai pu voir par exemple des choses très concrètes, ça peut faire sourire, mais ça ne devrait pas ; le fait de créer des latrines, des sanitaires dans les collèges et les lycées, c’est qui va permettre aussi une meilleure scolarisation des jeunes filles parce que certaines d’entre elles, eh bien, ont tendance à se censurer, dès lors que, voilà, elles atteignent l'adolescence pour un certain nombre de raisons évidentes, ont tendance à ne pas aller au lycée quand il n’y a pas les bons équipements. Et donc nous, nous souhaitons, eh bien, qu'il n’y ait pas ce plafond de verre et que chacune et chacun puisse librement devenir autonome, apprendre, continuer à s'épanouir et se développer.

    Mais, vous avez cette expression, vous dites : "La France est de retour", la France était absente ? C'est-à-dire qu’il y a une nouvelle relation avec l'Afrique, aujourd’hui ?

    En fait, depuis 10 ans, la France avec avait laissé son aide publique au développement diminuer et malheureusement il y avait de moins en moins d'aide bilatérale de pays à pays parce que, eh bien là, les crédits étaient reniés et donc aujourd'hui, nous assumons le fait de mettre 1 milliard d’euros de plus sur la table en 2019 en projet et ce sont des projets qui vont être massivement orientés, encore une fois, vers le continent africain de l'ordre de 80% et puis en dons aussi ; parce que vous savez l’aide publique au développement, il y a une composante don, une composante prête. Faire des prêts, ça veut dire aller plutôt vers des États, eh bien, qui ont un endettement raisonnable et donc des États à revenu intermédiaire et donc on a besoin pour aider les pays les moins avancés, de faire des dons et donc, la France, elle va être de retour sur cette (composante) don qui, malheureusement, avait un peu disparu.

    Merci beaucoup Jean Baptiste LEMOYNE, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires européennes et des Affaires étrangères, d’avoir été notre invité.

    Merci à vous.

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